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    Alors!  Raconte! N° 151

                                                     

                                                       Roquebruna

              La nature est à la fois auteur et acteur, elle a créé le décor, écrit l'histoire, joué tous les rôles d'un spectacle jamais achevé et moi, petit troubadour, j'écris des chroniques sur cette terre et de tout ce qui en fait sa saveur comme sur tous les marchés paysans de nos villages. J'écoute les gens qui appuyés sur les coins des bistrots racontent des histoires avec l'accent chantant de notre Midi, les gestes qui accentuent les dires des histoires maintes fois racontées. Ce nouveau reporteur armé de son appareil photo parcourt les villages de nos cantons à la recherche de leur âme, de son histoire, de ses légendes et aujourd'hui, je me suis arrêté dans le magnifique village de Roquebrun qui embaume ses ruelles par les parfums de citron, d'orange et surtout de mimosa. Prenons le temps en remontant les rues.  Allons les découvrir !

             Notre petit Nice avec ses ruelles moyenâgeuses cache sur ses façades des richesses d'informations reprises sur différents tableaux de la vie d'autrefois notamment sur:

     

        la tour médiévale, le four banal.

               La tour qui domine le village de Roquebrun date du XIème siècle. A l'époque les rois carolingiens ont décidé pour se prémunir des invasions barbares de fortifier les contreforts de la Montagne Noire. Cette tour de gué permet à la fois de surveiller la vallée de l'Orb mais aussi la vallée qui remonte vers le village de Laurens. Sur la façade Est se situait la porte. On y montait avec une échelle et maintenant c'est  par une passerelle métallique que l'on y accède. Sur la façade de la tour se trouvent des trous dans la pierre qui permettaient d'y placer des hourds, ces échafaudages en bois. A partir de ces hourds on pouvait lancer des projectiles sur les assaillants. Cette tour dans l'histoire de Roquebrun n' a jamais été utilisée pour des combats. Au pied de la tour, une plateforme a supporté des pièces fortifiées. C'est l'entrée du château de Roquebrun qui a appartenu successivement aux vicomtes de Béziers et de Toulouse . Au XIIIème siècle, le dernier seigneur des lieux Bernard de Roquebrun  fut vaincu par Simon de Montfort en 1209. Puis il passa dans le domaine Royal en 1250 géré par les Consuls.

            En remontant vers la place de l'église se trouve le four banal, ancien four collectif aujourd'hui dans une propriété privée.

             Légèrement en contrebas, il y avait un chemin. Cette voie pavée  permettait à une garnison romaine d'assurer sa logistique pour le maintien de la voie romaine qui passait dans la région et qui allait jusqu'en Espagne.

     

     

     

    Voilà un panneau d'informations  sur la margelle du pont:

     

     

     
       

    Le pont de l'Orb, cet ouvrage de sept arches en pierre de taille date de 1870. Auparavant, les villageois n'habitaient que sur la rive gauche de la rivière, cependant la nécessité des cultures de la vigne et des oliviers imposait de traverser la rivière par un bac. De plus l'économie locale était prospère par l'extraction du marbre, par les manufactures de draps dont de cette vie active il ne reste  qu'un des moulins dans la rivière, un pressoir et un four banal dans le village. C'est la raison pour laquelle un seigneur de bon aloi restaura un passage à gué mais payant. Plus tard furent construit deux piliers appelés " piliers de la barque". Ces deux piliers étaient reliés par une corde à laquelle était accrochées deux barques. Actuellement, un pilier est encore visible en aval du moulin. Le pilier de la rive droite a été emporté par une crue. Il n'en reste qu'une sorte de quai d'embarquement. On l'appelle "l'arribatou" (le pilier de la barque).  La digue actuellement en béton était autrefois en pierre sèche. Sur la rive des fagots de roseaux étaient régulièrement emportés lors des crues annuelles. Cette digue permet de diriger l'eau dans le canal d'irrigation des terres basses du village. L'Orb que l'on voit souvent si paisible  commet parfois des crues importantes. L'ayaïgate de la Saint Michel ou ayaïgade de la tucos (qui signifie crue de la courge) reste dans toutes les mémoires. Chaque année, le débordement du fleuve faisait passer sous les yeux des Roquebrunais des cucurbitacées que l'on cultivaient sur les berges de la rivière de la haute vallée de l'Orb. C'est en 1870 que le pont fut construit. Enfin! Ouf! Lors de son inauguration les ouvriers et les villageois si contents dansèrent quatre jours et quatre nuits pour fêter sa construction. 

              Il existait le même système de va et vient sur la rivière  à Ceps. L'exploitation de ces franchissements en barque ont été donné par adjudication. A Ceps, l'adjudicataire n'entretenait pas la barque si bien que dans les années 1870, les barques n'étaient plus exploitables et les gens étaient très mécontents. Ils firent une pétition auprès du sous préfet de Béziers et la barque fut remise en état. Quelques années plus tard, une nouvelle adjudication fut donnée à un autre passeur. Mécontent, l'adjudicataire précédent coula la barque et un matin les habitants de Ceps se retrouvèrent cantonnés sur la rive droite de l'Orb sans pouvoir franchir la rivière. Les hommes du village participaient à sa réfection une fois l' an. C'est en 1880 que le pont de Ceps a été construit - 116m de longueur.

    Nouveau panneau " la pêche dans l'Orb".

           Au printemps en période de fraie et en hiver le simplou -filet que l'on tendait à la nuit fournissait à l'aube de belles fritures de sophyes et de chevesnes. L'été lors des fortes chaleurs, la pêche au trémail nécessitait une grande technique et des plongeurs émérites dont le rôle consistait à maintenir au fond de la rivière le filet plombé. Le jet de l'épervier filet rond  en toute saison.

    Nouveau panneau " les 2 moulins - le pressoir"

     

     

     Les deux moulins

    Une meule

     

     

    Le moulin à blé:

              Au XIXème siècles les Roquebrunnais devaient moudre leurs céréales, le blé, l'orge et l'avoine dans les moulins à eau situés dans le lit de l'Orb. Moulins, élevage et pêche représentaient  les denrées essentielles du village. La commune mettait à la disposition des villageois les moulins à grains. Les mouliniers se chargeaient du travail de meulage. L'eau de l'Orb donnait l'énergie grâce à des écluses qui dirigeaient l'eau vers la roue hydraulique.

     

    Les foulons (aujourd'hui disparus)

                Mais une autre activité permettait de fabriquer des cordages, des sacs pour l'agriculture ainsi que du linge de maison ( serviettes,nappes.....). Dans un foulon les gens battaient des tiges de genêts d'Espagne dont ils extrayaient des fibres qu'ils filaient. Ce tissus épais et solide servait à la confection des vêtements, les Romains et les Carthaginois en faisaient des voiles pour leurs navires. De plus cette toile était antistatique et ne provoquait pas l'inflammation des poussières de charbon sur les bandes roulantes des mines. On en faisait aussi des draps pour la troupe. Cette fabrication artisanale n'occupait qu'une petite partie de la population de Roquebrun.

    Le moulin à huile:

               Dans un moulin, pied dans l'eau, une meule de pierre et un pressoir sont restés intacts. Les olives noires étaient broyées puis pressées afin d'obtenir  l'huile que les villageois utilisaient toute l'année. A la fin de l'automne, les olives noires étaient pressées à froid la première fois, puis une deuxième fois, puis la mélasse était soufflée. Cette dernière opération permettait d'obtenir le plus d'huile possible. L'huile obtenue était ensuite décantée. Six à sept personnes réalisaient ce travail.

     

     

     Nouveau panneau "  Le jardin méditerranéen" au pied de la tour.

           En ce deuxième dimanche de février 2014, malgré un petit air frais malgré les 3° du jour, le mimosa a tout de même résisté par contre on trouve quelques dégâts sur d'autres plantes. Quelques aloès ont été touchés. Ce sont des plantes qui peuvent résister à -5° la nuit.

           Sur la partie haute du jardin méditerranéen, il y a une belle collection de mimosas  dont des variétés comme le " Mireille" petit arbuste qui fait des petites fleurs; le "Mirandol" avec lequel on fait des bouquets que l'on retrouve chez les fleuristes. Cet arbuste fait des fleurs d'un jaune intense avec des grains légèrement espacés. Son port est bien dressé; le "Gaulois" avec ses petites fleurs en forme de pompons jaune d'or; le "Lisette " avec ses très grosses fleurs. Il fleurit presque toute l'année.

          On peut voir sur la partie plus haute des globulaires qui font des fleurs bleues qui annoncent l'arrivée du printemps. Premières fleurs qui s'épanouissent dans notre garrigue.

          Le jardin méditerranéen est géré par une association le CADEE ( Collectif Agricole pour le Développement et l' Environnement) crée en 1985. Le jardin exotique tout en hauteur a été crée un an plus tard sous l'égide de plusieurs passionnés dans ce site qui jouit d'une micro- climat grâce à son exposition plein sud. La roche, du schiste retient l'eau et emmagasine le jour la chaleur et la libère la nuit. Les exploitants viticoles avouent qu'ici, les raisins mûrissent même la nuit. On y trouve des plantes extraordinaires du Languedoc;  des succulentes, des plantes grasses de la famille des cactacées, une belle collection d'aloès, des férus, des cierges etc... Le sentier botanique borde des restanques, ces petites terrasses où poussent du thym, de la valériane,  des  lavandes et romarins, armoises et bourraches.

           Orangers, citronniers et autres agrumes fournissent de beaux fruits en plein de l'hiver. Enfin toute la flore méditerranéenne de  Roquebrun et de sa région avec l'exotisme de ses cactées est mise en valeur sur ses restanques bien entretenues.

            Même les noms des rues très pentues et étroites évoquent à eux seuls la vie des habitants et leurs passions pour leur travail de la vigne et de la flore. Rue des Olivettes - Avenue des Orangers- Rue sous les fenêtres-Cade de Roquebrun-Rue de Roquegrosse  sont des noms évocateurs.

              Ce vieux village ne se visite pas, il se découvre pas à pas. Ici la place de l'église Saint André, là bas un vieux poulailler qui nous rappelle les corvées d'autrefois lorsqu'il fallait amener canes et canards au bord de l'Orb. En bas un lavoir où les femmes venaient battre leur lessive à genoux dans leur caisse à savon.

              Enfin, cela ne nous étonne pas de voir que beaucoup de personnes viennent visiter ce village, ce petit Nice où près d'une vingtaine de festivités se déroulent tout le long de l'année. Un festival à lieu le 2ème dimanche de février sur cette fleur qui sent bon le miel : le mimosa.

     

     
     


         

             Le moulin à grains ouvre tous les ans pour une exposition de peinture à l'étage. Le rez de chaussée est réservé pour la vente des produits du terroir.

     

    Bonne lecture  JC d'Oc 11/2015

     

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