• Faugères, ses moulins, ses carabelles, ses abeilles

     

               
           
         
     
     


    Alors! Raconte! N° 115 

                             Faugères, ses moulins, ses carabelles, ses abeilles.

               Ah! Ce village a une forte personnalité, comme les gens des Hauts cantons. C'est le royaume de la pierre sèche de schiste, du chêne vert et d'un prédateur redoutable surtout lorsqu'on est face à lui: le sanglier. Dès les premiers pas dans ce village, on constate que le bâti est un labyrinthe de rues très étroites, qui montent, qui descendent et qui encerclent un château médiéval. Le passé de Faugères remonte à des temps forts lointains. C'est vers 2000 ans avant notre ère que s'est crée, au dessus du village actuel, un petit hameau fait de masures en pierres sèches semblables à nos capitelles actuelles.

              On peut voir dans les rues de belles demeures aux façades en pierres  apparentes, celle du Consul, celle du Viguier, personnage qui faisait office de juge, et la plus étonnante, celle du Louvetier. Ce personnage était l'officier de la maison du roi ou du seigneur du lieu, ici, le Baron de Faugères. C'est lui qui commandait l'équipage pour la chasse aux loups. Sous Charlemagne, les loups attaquaient les habitants et les élevages et le louvetier était chargé de cette chasse. La louveterie fut supprimée le 9 août 1787 puis rétablie le 7 février 1797. Le lieutenant de la louveterie était choisi parmi les hommes les plus aptes à capturer les loups. Il devait être courageux, bien connaître le territoire, ses habitants et la faune. Il était réputé et considéré par tous les habitants.

                L'histoire du village fut ponctuée par des épisodes violents. Les invasions barbares, les évènements politico-religieux, les croisades, le catharisme, la soumission au roi de France Philippe III. Les guerres de religions n'ont pas fait perdre l'âme belliqueuse des Faugerolais. Catholiques (les papistes) et protestants (les parpaillous) ont toujours cohabités en chiens de faïence et comme il y avait égalité en nombres de croyants, les décisions étaient difficiles à prendre. Les deux communautés ont souvent relevées leurs manches pour en découdre surtout pour élire leur maire. Il y avait au XXème siècle quatre temples pour une seule église. Enfin, soit!

            Quand on parle de Faugères, on parle de son terroir, de sa viticulture, de ses vignes plantées de cépages de carignan et de grenache mais surtout de ses moulins.

            Les moulins à vent de Faugères, restaurés en 1998, ont été bâtis au XVIème siècle tout en haut de la colline au lieu-dit "Les Trois Tours" à une altitude de 417m. On pense qu'ils ont utilisé les anciennes  tours de guet gallo-romaines comme fondations. Seul, un des trois moulins a été reconstruit à l'identique, utilisant même les meules d'origine du XIXème. Ce moulin peut fonctionner comme autrefois avec sa voilure offerte aux 13 vents, à certaines occasions. Le meunier, s'il ne dormait pas, devait orienter les ailes face au vent en se servant du treuil qui lui permettait de faire pivoter le toit et les ailes grâce à la queue. Son mécanisme intérieur est très simple. Les ailes entrainaient le rouet par l'intermédiaire de l'arbre. Le rouet faisait tourner la lanterne qui transmettait le mouvement à la meule tournante grâce au gros fer. Par trop grand vent, le meunier pouvait arrêter le moulin en actionnant le frein qui entoure le rouet. Mais tout l'art du meunier résidait au réglage de la puissance et de la vitesse de rotation en déroulant plus ou moins la voilure sur les ailes. Il pouvait aussi jouer sur la finesse de la farine en écartant plus ou moins les meules grâce au système de levier ou bien en introduisant plus ou moins de blé entre les meules. Le blé descendait de la trémie par un trou appelé "œillard" entre les meules et le meunier pouvait augmenter ou diminuer la sortie du grain par un levier.

             La Communauté des Communes de Faugères  emploie des meuniers régulièrement pour faire tourner le mécanisme durant l'été et loue le logement situé à côté du moulin pour assurer un gardiennage constant.

             La ballade des gens heureux peut continuer vers le chemin des capitelles que l'on appelle uniquement dans le faugerois des carabelles. Une très grosse et belle carabelle appelée "La Lucie" attire l'œil. Elle possède un chemin de ronde qui gravite vers le toit de l'édifice. Par un chemin bordé de murettes en pierres on s'achemine vers le hameau de Soumartre où les apiculteurs Evelyne et Gilles Pradier présentent à " L'oustal des abeilles" leur production issues des 400 ruches qu'ils déplacent en Haute Provence, les Cévennes et la Camargue.

    Ainsi se termine ce voyage en pays faugerois où nous ont amené nos pas de randonneurs.     JC d'Oc 02/2013.


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