• Feuillardier un métier disparu.

     

     

      Feuillardier un métier disparu.            Feuillardier un métier disparu.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Alors ! Raconte! N° 169

                              Feuillardier un métier disparu.

                Souvenez vous pour nos anciens, le fameux almanach Vermot qui égayait les longues soirées d'hiver au coin du feu était le seul plaisir de lecture. Figurez vous qu'une amie vient de me faire cadeau d'un vieil almanach des Terroirs de France et en le feuilletant avec avidité j'ai retrouvé un ancien métier que mon arrière grand père exerçait.

                 Raconter, c'est offrir un peu de mémoire, cette essence éphémère qui s'estompe avec le temps. Expliquer ce qu'était la famille il y a 250 ans procure une émotion tangible car on recherche  le substrat dans nos racines. C'est dans les châtaigneraies que mon arrière grand père, le pépère Louis exerçait son métier de feuillardier sur les hauts plateaux de la Montagne Noire dans le village du Vintrou dans le Tarn, village aujourd'hui disparu sous les eaux du barrage de Saints Peyres. Sur une  vieille photo jaunie par le temps il portait une petite hache à sa main droite et une sorte de bouclier sur son ventre ce qui me permit de commencer mes recherches.

                  Ne possédant rien d' autre que la force de ses bras  il travaillait d' octobre à mars dans les châtaigneraies à tailler de longues tiges qui poussent aux pieds des grands arbres. Ces longues pousses de 3 ans sont malléables, imputrescibles et surtout très souples. On peut les fendre facilement en longueur en deux ou trois morceaux . Les feuillards sont donc taillés, séchés, écorcés, fendus puis cintrés et enfin joints aux deux extrémités. Ces feuillards servaient de ceinture pour cercler les barriques en bois et remplaçaient les cerceaux  en fer qui se rouillaient facilement. Ils donnaient l' équilibre et permettaient de faire rouler plus facilement la futaille afin de la monter sur des charrettes ou sur des wagons plats pour être expédiés dans toute la France.

                    Mais ce tablier, ce bouclier de cuir ceinturant sa taille à quoi bon devait-il servir ? Lors de l' écorçage il protégeait de la lame de la plane qui taillait comme un rasoir. Je reste admiratif devant ce travail que mon ancêtre faisait pour gagner sa vie. Il exerçait son art pleinement et  un travail bien fait.

                  Puis l' été il venait faucher les blés et le regain dans les plaines du Biterrois . Il connut ainsi Marie qui devint son épouse. A ce sujet, j'ai retrouvé l'acte de mariage avec généanet, moteur de recherche en généalogie. L'acte stipule que l' accord des fiançailles entre les deux familles a été signé devant notaire. C'était un autre monde différent du notre. Il fallait que les deux familles soient d' accord pour cette union.

                 De la fabrique de feuillards pour faire rouler les tonneaux au remplissage de ceux-ci, il n' y eut qu'un pas.

                  Il devint vigneron et Marie fit beaucoup d' enfants dont je suis l'un des derniers héritiers du nom.

    D'autres jours heureux passèrent et bien d' autres histoires aussi.

    JC doc 05/2016

     


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