• Guerre de 100 ans à Révolution Française

     

     

    Alors ! Raconte ! N° 46- Béziers 5

     

                     – Guerre de 100 ans à Révolution Française.

     

                 

     

                   Cette guerre n’en finissait pas puisqu’elle dura 116 ans (de 1337 à 1453). Soulèvements de la population des ‘’menuts’ ’contre les notables les ‘’grosses’’, les pestes à répétition, les guerres intestines, tout se succédait à une vitesse folle et même les Anglais, nos amis de toujours, avec à leur tête le Prince Noir décidèrent d’envahir le Languedoc en 1355. Ce fils d’Edouard III d’Angleterre pille, détruit et brûle tout sur son passage même les abbayes. Ce fut une période fatale pour le commerce qui n’avait pas besoin de cela car Béziers se relevait péniblement de la peste noire qui avait emporté tous les notables et 90% de la population.

     

                   En 1361, ce sont les soldats désœuvrés, les ‘’ Compagnies de Routiers’’ qui mettent à feu et à sang nos villages. A Cébazan, les riches demeures ainsi que l’église du XIème siècle sont brulées. Lors de sa restauration, on y retrouvera des traces noires de l’incendie sur ses murs. Ils n’attaquent pas Béziers qui s’était préparé pour sa défense en rasant le faubourg et en réparant ses murailles.

                    En 1381, après la mort de Charles VI, la régence est confiée à un de ses oncles le Duc de Berry Jean 1er qui devient par alliance Lieutenant royal du Languedoc. De nouveaux impôts sont levés dans le Biterrois déjà ruiné par l'épidémie de peste et par les "Compagnies des Routiers". C'est la misère. Bernard Pourquier à la tête des " Bons Amics" refuse les nouveaux impôts et mène la révolte. Lors des émeutes les consuls de la ville sont exécutés, le feu ravage la tour de l' Hôtel de Ville. Pour rétablir l'ordre, le Duc de Berry envoie ses soldats qui investissent Béziers. Quarante des "Bons Amics" seront pris et pendus. Les  quatre derniers fidèles à Bernard Pourquier seront décapités. Pour commémorer cet évènement,les quatre têtes des quatre fidèles et celle de leur chef ont été incrustées dans le coin d'une façade d'une maison d'angle Place des Bons amis appelée en occitan Plan dès Bons Amics.

     

                   En 1383, les 7 Consuls dirigeants sont élus par les représentants de 15 métiers (propres). En première échelle les banquiers ; puis viennent les marchands ; puis les bouchers et les drapiers ; puis les sabatiés et les notaires. En cinquième groupe viennent les mégissiers, les canabassiers, les merciers et les pélissiers. En sixième les convoyeurs, les chaudronniers, les ferronniers et les meuniers. En dernier les charpentiers qui regroupent les ouvriers du bois, les marchands de grains et les laboureurs. Il ne faut pas se cacher la face car la profession de prostituées n’est pas représentée. Dans Béziers médiéval, protecteurs et putains avaient leurs quartiers. La Rue Cordier ( Ancienne Rue de l’Amor) devient un lieu chaud de la ville. A cette époque, les maisons closes étaient appelées les ‘’couvents’’ ??? Pourquoi pas ! D’autres quartiers, où les saintetés faisaient le trottoir, étaient situés près des églises où l’on confessait sans relâche les ‘’ putanas’’. A faire dresser les seins et tous les saints sur la Place de la Madeleine.

     

                    En 1464-1476-1501 à 1591, nouvelles épidémies de peste. Les prières, les processions, l’encens répandu à pleins encensoirs n’arrêtent pas l’épidémie. La ville est fermée. Les maladreries sont pleines de malades. On enterre les morts au cimetière vieux (Route de Corneilhan).

     

                   En 1562, lors de la Guerre de Religion, le 3 mai, les huguenots rentrent dans la ville  et mettent l’évêque à l’impôt. Le 6, des centaines d’hommes s’emparent des églises. L’autel de la cathédrale St Nazaire sert de mangeoires aux chevaux. Les protestants emportent les tapisseries, ils se partagent les vases sacrés, brisent les statues et détruisent les peintures. Les tombeaux des évêques sont brisés. Les couvents sont pillés et les nones rendues à la vie civile. Pendant un an, les huguenots sont les maîtres à Béziers. C’est par l’édit d’Amboise que la guerre civile protestants-catholiques mettra fin, mais à Béziers, les huguenots resteront jusqu’en décembre 1564. Le massacre de la Saint Barthélemy le 24 août 1572, sur ordre de Charles IX fit reprendre la guerre civile dans la région, mais à Béziers, il n’y eut aucun massacre. Les protestants reçurent la bienveillance de la population. Arnoy, seigneur de Padiguier conjura les catholiques à ne rien tenter contre les protestants.

     

                    Voilà un geste de bonne volonté et pourtant ce gentilhomme n’a pas de nom de rue dans la ville !

     

                    Garra ! Garra ! (Attention ! Attention !) à Béziers l’occitan se parle de moins en moins. Le français est la langue du roi mais dans ‘’ las carrièira’’(les rues)le patois (pardon ! l’occitan) est toujours la langue de tous les jours. Les troubadours chantent pour glorifier l’amour et le roi en occitan du XIIème siècle. Le plus célèbre moine troubadour biterrois est Matfre Ermengaud (peut être un ancêtre) qui a écrit en 1288 une œuvre  ‘’ Breviari d’amor’’ : une remarquable poésie occitane. Dans le vieux Béziers, les rues portent encore leurs anciens noms en occitan sur fond bleu (notre ciel). La Rue Alphonse Mas, c’est la ‘’Plaça ou lou Mercat’’ La Rue Viennet c’est la ‘’notaria’, rue des notaires. La Rue des Balances était le siège des Contributions indirectes. La Rue Malpagua (mauvaise paye), c’est la rue de la prison. La Rue Cordier est la ‘’carrièira de l’amor’’

     

                    Le temps passe !! En 1769, vingt ans avant la Révolution française, on comble les fossés, mais les murailles restent. Les fortifications bordent les Allées actuelles.

     

                    A Béziers, on a toujours aimé s’amuser ! Les vieux rites sont toujours là pour la rigolade (Le chameau de St Aphrodise, les corridas, la féria), mais pour les anciens, c’est notre Pépézuc biterrois qui reste le plus aimé. Pépézuc est resté le garant viril des hommes et de la fécondité des femmes. Lors des fêtes des Caritachs, on revêtait sa statue d’une armure affublée d’un  solide phallus. Peut être que nos grands-mères venaient y pendre leurs chapeaux ou montraient leur adresse en y lançant des couronnes de fleurs. Toujours est-il  que ces attributs virils étaient salués tambours battants par les autorités du Siècle des Lumières. Maintenant, ce n’est qu’un vestige des temps anciens, mis aux oubliettes. 

     

     

     

     – Pendant la guerre de Cent ans. Un petit additif.

     

     

     

            Bien sûr la guerre, c’est le malheur du peuple ! A Béziers, en 1355, en pleine Guerre de 100 ans, l’invasion du Prince Noir suscite une vive émotion et une grande peur. La ville est désarmée, elle a des murailles mal entretenues depuis les nombreuses années et les Consuls et clercs de la ville refusent de contribuer à la dépense pour leur reconstruction. Et pourtant, par nécessité  il faudra le faire et même raser le faubourg de Béziers.

     

           En 1358, nos amis de toujours les Anglais sont tout près de Béziers. Ils stationnent à Lignan d’un côté et à Capestang de l’autre. Le traité de Brétigny met la limite anglaise à dix lieux de Béziers. Malgré les accords, les Compagnies anglaises commencent leurs incursions dévastatrices. Elles demandent à la ville de payer leur départ pour 20.000 florins.

     

            En 1365, les biterrois commencent à payer la gabelle du sel comme demain nous allons payer la taxe carbone pour remplir les caisses vides. En 1367, il passe tant de Compagnies anglaises dans les vignes qu’on ne peut vendanger. En 1380, les Routiers, ces soldats désœuvrés, prennent le château de Cabrières. Les vigueries de Béziers, de Gignac et de Narbonne doivent payer au duc d’Anjou 13.000 florins d’or en plus des 2.000fr or demandés précédemment pour se débarrasser des intrus.

     

          Arrivent  sur Béziers une série de calamités qui n’arrangent rien.

     

    -      1348 la peste dont meurent tous les Consuls.

     

    -      1364 le froid est si intense que les oliviers meurent.

     

    -      1365 une pluie de langoustes (non de sauterelles).

     

    -      1368 La sècheresse est si grande qu’il faut implorer les cieux pour qu’il pleuve. Une procession, nu-pieds, la grande croix de l’église Saint Félix est portée jusqu’à l’église Notre Dame de Sérignan.

     

    -      1373 la terre tremble.

     

    -      1375 c’est la famine. La touzette, le froment et l’orge coutent très chers. On envoie une galère chercher du blé en Sardaigne.

     

             Les Etats du Languedoc votent tous les ans des impôts très lourds. Il faut payer la rançon que demandent nos amis de toujours les Anglais pour libérer le roi Jean-le-Bon prisonnier chez eux. Un délai de paiement est demandé aux commissaires royaux et la contribution est fortement diminuée pour les Etats du Languedoc. Cela montre que nos ancêtres savaient protester vigoureusement contre l’injustice.

     

              Mais comment était organisée l’administration de la commune de Béziers au Moyen Age ?

     

             En 1381, 13 bourgs constituaient l’enceinte de la ville. Ces quartiers dépendaient de 4 seigneurs différents :

     

    -      Le Roi, héritier de Amaury de Montfort, possédait 3 bourgs et demi (du  Roi, de Nissan, de Lespignan et la moitié du bourg Saint Louis)

     

    -      L’abbé  de Saint Jacques son propre bourg.

     

    -      L’abbé de Saint Aphrodise de son bourg plus les bourgs Durand et Corneilhan

     

    -      L’évêque de Béziers était le plus gros seigneur de la ville. Il possédait la moitié de St Louis et les sept bourgs de la Salvetat, de la Fustarié, de la Madeleine, du Capnau, de Maureilhan et de Saint André.

     

           Chaque seigneur  avait sa cour de Justice. Le Roi avait à sa tête le Viguier royal dirigé par le sénéchal de Carcassonne. La cour de justice de l’Evêque était présidée par le Viguier épiscopal.

     

                     Au prochain épisode.  Adios ! Bravé Mondo !   JC d’Oc.

     


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