• Histoire des gabelous à Peyriac de Mer

    Vric en Vrac ! 

     
       


          

     

                  

                                     

    Vric en Vrac !

                               

     

     

    Vric en Vrac !

     

     

     

    Vric en Vrac !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Vric en Vrac !

    ais les autorités finirent par réagir en interdisant les chiens. Ce qui n'empêchait pas certains

       

     

     

       

     

     

     
     

     


     

    Vric en Vrac !

           

                  

                                     

     

     

     

     

    Vric en Vrac !

                               

     Alors raconte! N° 196

                                     Histoire des gabelous à Peyriac de Mer.

              La marche est quelque chose de vraiment complet pour la santé. Ce n'est pas un investissement énorme, on voit des paysages, on change, ça fait du bien. Et un paysage aussi beau que celui de Peyriac, on n'oublie pas. Lors des randonnées, c'est quelque chose qui tient au corps, qui fait du bien à l'esprit. On peut parler, on déroule ses idées, on tient un rythme. C'est thérapeutique car on peut chanter et en même temps, il y a toute une physiologie qui se dégage dans le corps. Dans le corps il se passe des choses incroyables. Le cœur bat, on respire, le cerveau est inhibé par la sérotonine ( l'hormone du bien être, celle du bonheur), pas besoin d'antidépresseurs. Biologiquement, il se passe quelque chose quand on marche et on en redemande.

              Alors en avant ! Au ski, c'est le planté du bâton, à la marche, c'est le planté du talon.

             La randonnée de ce vendredi fut bénéfique en tout point de vue. Nos bâtons n'ont pas été de bonne utilité. Les salines de  Peyriac de Mer s'étendaient à nos pieds et un écriteau nous invitait à parcourir différentes stations du parcours "Mémoire d'Etang". L'ancienne maison des gabelous nous a rappelé que le sel a toujours été un bien précieux, un or blanc que l'on cueillait sur le site depuis 1519 mais les salins existaient depuis l'Antiquité comme indiqué sur une inscription funéraire romaine trouvée sur le site. Si les premiers relevés topographiques du site datent de 1519, les chiffres de récoltes nous sont connus que depuis le début du XVe s. Initialement implantée à proximité de l’Estarac, sur la commune de Bages, l’activité de production de sel a ensuite été déplacée près du village de Peyriac.  

              Peyriac de la mer se disait en occitan Peiriac de la sol ( Peyriac du sel). Mais, bien auparavant, son nom proviendrait du nom d'un domaine que les Romains auraient fondé, celui de PETREIUS.

             Nous avons suivi le sentier planchéié du Pech du Mour et avons gravi la colline. De là haut, le paysage s'agrandit. On comprend mieux le travail des sauniers. Après le séjour de l'eau de mer sous le fort ensoleillement et le grand vent du Cers  de la région, la saline prenait sa couleur rose. Cette couleur est due à la prolifération de micro-organismes, algues microscopiques appelées " dunaliella salina" dans une eau fortement concentrée. Vision troublante qui nous interpelle, lorsque l'on survole les marais salants à l'arrivée de San Francisco.

                Mais honneur aux hommes qui durant plusieurs siècles ont ratissé le sel au râteau. Les sauniers portaient dans une banaste posée sur leur tête le sel pour être stocké en gerbes une dizaine de jours pour le laisser suer de ses eaux. Après un rapide nettoyage, le sel était ensuite entassé en "camelles" (pyramides de sel) d'une hauteur de 4 à 6m. Les sauniers recouvraient les camelles de tuiles. Après que le sel eut sué, les ouvriers remplissaient une mesure conique appelée le demi hectolitre. Avant le chargement  pour éviter les fraudes, les  gabelous compteront avec un appareil appelé "la fasqueline" le nombre de demi-hectolitres de sel. Il reste encore cet outil de mémoire au musée des Douanes à Bordeaux.

               Utilisée au (19e s) la fasqueline était un instrument de mesure du sel, cet appareil tire son nom de son inventeur M.Fasquet, cadre des Douanes. Il est composé de 50 plaques de fer blanc numérotées par dizaines et passées dans un anneau de fer adapté à un manche en bois. A chaque mesure versées dans le cône, l'écoreur (terme de pêche qui désigne ici un agent dont la fonction est de tenir le compte de cônes de sel)  fait passer une plaque dans la partie supérieure de l'appareil. Le résultat est noté dans un livret spécial le "carnet d'écor". La fasqueline sera adoptée pour le dénombrement des colis et des ballots de sel avant leur expédition.

              Les contrôles des douaniers étaient sans limites et très sévères. Un grain de sel ne pouvait sortir sans leur accord. Cet "or blanc" était soumis à l'impôt (la gabelle). C'est ainsi qu'une contrebande s'organisa par des faux-sauniers. Mais certains sauniers usaient de stratagèmes. Ils cachaient du sel dans les plis de leur casquettes et les femmes dans leur culotte. Les gabelous avaient tous les droits de fouille au corps. Puis des chiens furent dressés pour mordre les contrôleurs. Ils portaient de petits tonnelets autour de leur cou mais les gabelous se méfiaient des morsures.

               Peyriac de Mer possédait trois quais appelés "passadous" ( les pissadous, c'est autre chose) qui servaient à entreposer les camelles de sel.

               Le transport et le cabotage des sels destinés à la consommation du royaume  ne pouvaient être faits que par des vaisseaux portant pavillon français. Les voiliers qui attendaient leur chargement étaient ravitaillés par des barques à fond plat appelées  allèges.

               Les expéditions à dos d'ânes   s'effectuaient et après plusieurs semaines de marche elles remplissaient les entrepôts à Toulouse. Avant tout départ les meneurs d'ânes  devaient faire enregistrer leur laisser passer  par un contrôleur situé dans une guérite encore présente de nos jours sur le bord de la saline. Le sel au Moyen Age avait une grande valeur. C'était le seul moyen pour conserver les aliments. Il permettait le séchage des poissons, la conservation des aliments.  Ce village est un puits d'histoire.  Quand un aubergiste veut mettre du beurre dans les épinards, il sale d'abord votre addition dit-on!

               Maintenant sauvez le sel !  SOS ! Avec la réhabilitation d’un bâtiment militaire du XVIIe siècle au bord de l’ancienne saline, c’est un pan du patrimoine modeste des salins qui a été sauvé. En effet, cette petite caserne de gabelous (douaniers) qui menaçait de s’effondrer, est l’un des rares exemples  de ce type d’architecture conservé en Languedoc-Roussillon. Il servait de musée jusqu'à présent.

              Le soleil , maître de ce lieu baissait vers la Cerdagne. L'eau de la saline chargeait sa rive d'écume blanche.  Notre randonnée nous a donné le plaisir que nous en attendions. Il était temps de rentrer.

     

    JCdoc 02/2019 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ais les autorités finirent par réagir en interdisant les chiens. Ce qui n'empêchait pas certains

       

     

     

       

     

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    Le château de la Comtesse devenue reine des Austrasiens

       
     

    Le château de la Comtesse devenue reine des Austrasiens

     
     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Alors! Raconte! N° 197

     

    Le château de la Comtesse devenue reine des Austrasiens.

                              Le Castellas de Cabrières

              Notre dernière randonnée nous a amenés sur une crête. Partis du village de Cabrières, le sentier serpente entre les vignes et grimpe vers une falaise escarpée de la Cisterne sur laquelle un ancien château fort quasiment disparu protégeait les gens du village à ses pieds. Au VIè siècle le Castellas de Cabrières dominait la plaine et avait un point de vue plongeant sur les terrasses de l'Estabel. Aujourd'hui, point de fortification, point de village, il ne reste que des amas de pierres dans lesquels les randonneurs ont laissé les traces de leurs passages.

             Et pourtant, plongeons-nous vers le VIe siècle pour découvrir l'histoire de ces pierres. L'histoire de la vie et  des restes de cette forteresse féodale remonte au royaume des Wisigoths (418 à 711). Elle est citée par Grégoire de Tours en vieux français dans  "l'Histoire des Francs".

            Au 6 e siècle le village de Cabrières entourait son château fort édifié sur l'actuel site escarpé de la Cisterne. Grégoire de Tours rapporte qu'en 553, le prince franc Théodebert, descendant de Rodez après avoir pris Lodève entra dans le Biterrois et enleva tout le butin du château de Diou (bases de l'édifice actuel de Dio et Valquières). Il envoya des messagers chargés de dire au châtelain de Cabrières que, s'il ne se soumettait pas, il brûlerait le château et prendrait ses habitants en captivité. La châtelaine Deuthéria, par peur et compassion répondit au prince:

                "Personne , ô très pieux seigneur! ne peut te résister, nous te reconnaissons pour notre maître; viens et qu'il en soit ainsi qu'il te paraîtra agréable ".

               Théodebert vint au château et trouva le pont-levis baissé et le  portail grand ouvert. Dame Deuthéria, comtesse de Cabrières, lui remit la forteresse sans combattre pour éviter le pillage. La légende raconte que le maître des lieux le gouverneur wisigoth Flavius Walitza époux de la très belle Deuthéria était quelque peu pleutre , rustre et grossier. Rassemblant la trentaine d'hommes qui composaient la garnison du château, il avait lâchement fuit vers Béziers à l' approche du jeune et beau Théodebert à la tête de son armée de géants blonds descendant du Rouergue. La belle Deuthéria avait refusé de le suivre et est restée courageusement seule au château avec ses dames de compagnie.

              En fait la comtesse de Cabrières accueillit les envahisseurs pacifiquement et très sensuellement. Voyant que les gens se soumettaient, Théodebert ne fit aucun mal. Elle avait préparé un festin et attendait les assaillants seule assise au centre de la table dressée en fer à cheval dans la grande salle du château. Plus belle qu'une impératrice, ses  tresses brunes encadraient son beau visage illuminé par ses grands yeux de braise et le décolleté  de sa robe de soie bleue découvrait sa poitrine parée de ses plus beaux bijoux. Tout lui donnait une majesté qui frappa de stupeur les guerriers. Le jeune prince Théodebert désarmé par tant de grâce et de courage, fut immédiatement séduit et ce fut le coup de foudre. On devine la suite, l'assiette ou la couette?  Les deux furent au menu et elle lui donna un fils, Thibaut qui deviendra roi des Austrasiens. On dit que lorsqu'elle partit se faire couronner reine d'Austrasie dans la cathédrale de Metz, elle emporta avec elle  des plants de vigne de Cabrières qui furent l'origine des meilleurs vins de Moselle.

              Les amours ne durèrent pas très longtemps. Toute reine qu'elle était, Théodebert lui fit des infidélités. Il se fiança à Wisigarde mais les Francs le blâmaient unanimement parce qu'il avait abandonné son épouse. Irrité, il quitta Deutheria et épousa Wisigarde. Il ne la conserva pas longtemps, elle mourut et il en épousa une autre, mais ne reprit jamais Deutheria.

              Après avoir admiré le beau point de vue sur la plaine et le village de Cabrières en contrebas, nos pas nous dirigèrent vers la citerne qui alimentait le château. La descente fut agréable avec une belle vue sur le pic de Vissous. Arrivés devant l'église Saint Etienne, un panneau nous apprit que le château a été détruit en 1585 et que les gens ont déserté le site de "La Cisterne" pour s'installer en contre bas au bord de la rivière La Boyne. Les religieux de Cassan auraient construit une première église en 1610 dont la tour actuelle serait le dernier des vestiges. Une nouvelle église aurait été construite  en 1869.

    Un vol d'oies cendrées dessinait un grand V au dessus de nos têtes. La suite est au fond du verre de l'excellent vin  "l'Arbousier" que nous avons acheté à la cave de l'Estagel.

    JCdoc 03/2019 

     

     

     

     

     


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    Un village de l' Ouest héraultais

     

    Un village de l' Ouest héraultais

     

                     Croix du XVe siècle                                Mairie et Ecoles
                                              

    Alors! Raconte! N° 195

     

                                     Un village de l'Hérault -  Soy dé Cebazat.

    .      Petit ! Viens sur mes genoux, grand couilloun, écoute l'histoire de ma vie, de mon village C'était un grand livre  qui s'ouvrait sur les bois et dans les vignes. Mon grand père Louis caché derrière un gros nuage semble me dire ces mots qui sortaient de sa moustache " tu as de la chance, tu es né dans ce village de C........ il y a 80 ans et il conserve toujours ton attrait et son identité. Pourquoi es tu parti pour en faire aujourd'hui le centre du monde. Le temps s'est vite accéléré et de ce passé un devoir de mémoire s'impose.

             Voici, une maquette d'album pour une histoire qui me tient à cœur, inspirée par le paysage urbain autour de chez moi.

            Tiens !     Une cloche sonne,  sonne. A longueur de jour et de nuit, les cloches du village font vibrer leurs battants à des moments précis. La cloche municipale, celle placée sur le toit de la mairie s'ébranle toutes les heures, les demi-heures ou même tous les quarts d'heures. Depuis le Concorda elle donne l'heure aux paysans qui travaillent dans les vignes. Elle rythme leur vie.  Dans nos villages " la campana souna, es l'oura d'ana mantja" (la cloche sonne, c'est l'heure d'aller manger) Une cloche concurrente, celle placée sur le clocher de l'église annonce trois fois par jour l' Angélus mais aussi lors des offices religieux ( le premier, le second et le dernier) . C'était l'appel des bigots et des bigotes qui dans leurs chaussures noires cirées et coiffées de leur câline* descendaient vers l'église. Mais aussi au moment de l'élévation, à toutes volées pour les mariages mais aussi lors des décès avec une sonnerie plus lente et plus grave la cloche était tirée.

              Mais les cloches portent gravée la mémoire et l'âme du village. C'est ainsi que, à Cessenon le 22 janvier 1922, le cardinal de Cabrières vient bénir trois cloches à l'église. L'une d'elle, appelée Marie Rose, porte gravée sur ses flancs les noms des 69 soldats du village morts pour la France. Cette épigraphie campanaire que beaucoup de personnes ignorent est frappée tous les dimanches mais la mémoire des jeunes soldats morts pour la France n' est rappelée que le 11 novembre. Saviez vous que les cloches ont toutes un parrain ou une marraine. Elles portent un nom  ainsi que leur date de fabrication. Beaucoup ont été coulées dans l'ancienne fonderie d' Hérépian. Au musée situé dans l'ancienne gare d' Hérépian, cloches d'églises, clarines et grelots n'ont point de secrets.

               Puisque nous avons vécu un temps sans Smartphone, rappelez vous les bruits qui pour nous étaient ordinaires. Le marteau du maréchal-ferrant, la voix et la trompette du crieur public qui annonçait la présence du poissonnier sur la place du village, celui du "peillarot" qui achetait les peaux de chèvres, de lièvres et de lapins. Il criait " pels de crabos, des lebre et pels de lapin" .  On lui donnait aussi les vieux vêtements, les "peilles" disions nous, mot de l'origine de son surnom. Les chèvres qui bêlaient pour rejoindre le troupeau du chevrier  L'aiguiseur de couteaux et de Ciseaux qui avec ses pieds actionnait cette grande roue de vélo qui faisait tourner sa meule. Dans la rue, les chevaux qui allaient labourer claquaient leur sabots sur le sol empierré et les charrues portées sur un support à deux roues métalliques faisaient un bruit d'enfer. Ce concert qui dans les années 50 charmait nos oreilles était agrémenté par les aboiements des chiens,  le chant des coqs, le miaulement des chats qui se battaient en période de chaleur. Par contre  tout le monde était devant sa porte pour écouter le dimanche matin le chanteur des rues qui pour quelques pièces s'égosillait sur des chansons de Tino Rossi et de Berthe Silva . Le ramoneur passait une fois par an, noir comme un corbeau, le hérisson   sur son épaule. Puis il y avait le charivari que faisaient les conscrits avant leur incorporation dans l'armée et la fête du village avec les musiciens grimpés sur une charrette qui jouaient les morceaux demandés par les gens lorsqu'ils faisaient le tour de ville .

              Enfin, tous ces bruits ont été , après la guerre, remplacés par les moteurs, par les radios puis vers 1960 par la télévision.

             " Aqui radio Andorra", una émission de la Principautat d'Andorra.  Zappy- Max qui présentait "Quitte ou Double", Monsieur Champagne qui devait répondre tous les midis à des questions des auditeurs avec la rengaine "Merci, merci, Monsieur Champagne, vous nous avez bien renseignés ou  Zéro, Zéro,  Monsieur Champagne, vous avez mal renseignés ! sur un jeu de questions toutes simples qui faisaient la joie des gamins que nous étions. Line Renaud chantait "Ma cabane au Canada", si on ne la connait pas par cœur, c'est qu'on est sourd. 

            Tous ce monde était enchanteur. Le monde entier était dans le poste de radio Pathé Marconi installé sur le buffet où il fallait souvent appuyer sur les lampes pour le remettre en marche. La messe du dimanche matin était réservée à ma grand mère, le tour de France à mon père et le soir, le bal pour ma sœur.

            On se souvient de cette ambiance qui régnait dans le village, Puis ma grand- mère, toujours un œil rivé vers le fond de la rue et les oreilles aux aguets. Elle attendait le passage des ouvriers qui allaient travailler l'après midi pour plier son couteau et partir les rejoindre  (car à l'époque il n'y avait pas de retraite pour les vieux travailleurs).

            Il me reste un souvenir ineffable de cette époque et maintenant qu'est-ce qu'on attend pour être heureux. Ce temps là était magnifique, notre jeunesse, notre enfance, c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois.

    * câline: coiffe régionale.

    Câline : coiffe féminine plissée, en tissu et dentelle, amidonnée, plissée. Portée notamment en Languedoc au XIXe siècle. 

    JCdoc 09/2018

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    Vinassan et sa glacière

     

    Vinassan et sa glacière

     


     

    Alors! Raconte! N° 194

                                     Vinassan et sa glacière.

              Beaucoup d'hommes et de femmes sont curieux de leur passé, de celui de la région où ils habitent, qu'ils soient originaires où étrangers de l'extérieur. Ils ont choisi de vivre sur notre terre d'Oc mais on ne leur a jamais enseigné son histoire. Ils découvrent comme moi au fil des randonnées les témoignages du passé. C'est ainsi que....

        ....    lors de notre randonnée La Combe du Loup à Vinassan nous avons appris que dans ce village de l'Aude, au pied de la Clape, qu'un bâtiment datant du 17ème siècle permettait de conserver la glace. La France traversait une période très froide, une mini glaciation de 1550 à 1580. Les hivers étaient longs et très froids. De nombreux villages possédaient une ou plusieurs glacières. Béziers en utilisait une dans le faubourg et l'hôpital de Narbonne, pour assurer des soins thérapeutiques et en guise d'anesthésie, conservait la glace dans une glacière située dans la cour. Pradelles Cabardès construisit 32 puits. Le roi Louis XIV et sa cour raffolaient de sorbets et 13 glacières furent construites autour du château à Versailles.

             La glacière de Vinassan, toujours en restauration par les volontaires internationaux Concordia et actuellement par la Région Occitanie a une date de construction antérieure à 1673. Elle possédait trois portes dont deux sur le couloir d'accès en forme de L et une autre sous la voûte. Elles permettaient de diminuer la perte de froid lors des évacuations des blocs. (Merci Manu 'uo' uo plumedesmers.canalblog)

             Les "glaciers" récupéraient la neige et la tassaient dans une glacière ronde enterrée, puits en pierres de grès et de calcaire joints avec de l'argile. La glacière de ce village a un diamètre de 6m, une hauteur de 8m et contenait 100 tonnes de glace. Le sol est constitué d'un pavage de pierres posées sur une chape d'argile qui permettait à l'eau de moins s'infiltrer et de s'écouler sous des fagots par une rigole vers la porte. Le remplissage se faisait par une ouverture située sur le dôme de l'édifice.

             La création de ces glacières remonte au temps de Louis XIV où les Fermiers Généraux attribuaient aux plus offrant l'exploitation pour une durée de 10 ans. C'est ainsi qu' à partir de 1850 les agriculteurs, les petits industriels, les richissimes meuniers et les fortunés bourgeois se mettent à construire des glacières en maçonnerie sur des terrains en pente. Ce fut des opérations très rentables. Ils les remplissent en hiver dès le mois de décembre de glace récupérée dans les mares, les étangs, les bassins et les ruisseaux. La neige était aussi transportée à dos de mulets et par une noria de tombereaux qui empruntaient "la Route de la glace" qui descendait du Pic de Nore. 

             Les hommes tassaient la neige avec leurs sabots ou avec leurs grosses massues de frêne ( opération appelée le cavage). Pour finir, une couche de feuilles de hêtre ramassées en automne protégeait la glace de l’air jusqu'en mi-mai. La glace ainsi tassée pouvait rester 6 mois mais elle perdait du volume, environ 50 %. Il suffisait d’attendre les premières chaleurs pour confectionner des cylindres de glace de 40cm de diamètre et d’un mètre de longueur et de les descendre vers le pays bas (Minervois – Narbonnais – Carcassonnais). Ce travail se faisait principalement de nuit pour éviter les chaleurs. Chaque cylindre de glace retaillé au moyen d'une scie et d'un pic à glace était enveloppé dans de la toile tapissée de feuilles de hêtre puis chargé sur une charrette couverte d’une bâche. Chaque charrette pouvait transporter entre 60 et 80 balles. Les rouliers partaient de nuit vers la vallée de l’Aude et livraient soit à domicile les cafetiers, les bouchers, les traiteurs, soit ils envoyaient par d'autres rouliers des blocs de glace de plus de cinquante kilos vers Toulouse, Montauban et Bordeaux. On peut de nos jours découvrir au Pas de Montserrat de remarquables ornières de charrettes dans la roche calcaire. Une ancienne Voie romaine fut utilisée pour acheminer les pains de glace des glacières du Haut Audois vers la plaine. Cette Voie fut appelée la route de la glace en direction de Fleury et Cuxac. Mais il ne faut pas oublier le commerce local  où les cafetiers du village, les bouchers, les poissonniers, les limonadiers venaient s'y approvisionner pour conserver les aliments et pour déguster leurs sorbets aux fruits de la région. Cette industrie de la conservation de la glace prit fin vers la fin du XIXème siècle à cause du réchauffement climatique et de l'arrivée dans nos cuisines de réfrigérateurs et de congélateurs.

             Mes souvenirs, en février 1947, une neige très importante tomba sur la région. Les rues de mon  village natal furent bloquées par 80 cm de neige. Les hivers étaient plus rigoureux que ceux de nos jours et les vignerons priaient afin que le gel ne détruise leurs oliviers. La gelée de février 1956 laissa beaucoup de traces.

          C'était pour la Chandeleur, le temps était très beau et même chaud, exceptionnellement agréable pour la saison. Mais dans la nuit qui suivit, des températures négatives survinrent. Elles durèrent plusieurs jours et furent fatales aux oliviers plantés dans les vignes. Il fallut près de trente années pour reconstituer la production initiale.  

            Notre randonnée se dirigea vers les hauteurs de la Combe sans voir de loups où un défunt moulin fit contraste aux sphères futuristes des radars de la Clape.

            Le ciel s'assombrit et les premières gouttes de pluie commencèrent à tomber. Il fallut faire marcher les essuies - ...glace (sic) de nos voitures.  A bientôt.

    JCdoc 06/2018. 

     

     

     

     


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    Instructif et amusant

     

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    Alors! Raconte! N° 193

             Saviez vous que ...

                     ..... ou attendez vous à savoir comme disait en 1965....

                                    sur Radio Luxembourg   Geneviève Tabouis.

     

    Dans le désert de Tabernas en Andalousie, les Romains ont construit des citernes pour se ravitailler en eau.   Ces citernes sont appelées Tabernas - mot origine du nom Tabernacle.

    Origine du mot cloche. Le chantre de la cathédrale de Paris racolait les  " clochards" qui se trouvaient aux alentours du parvis pour sonner les cloches de ND.

    Le signe @ est une abréviation crée par les moines copistes et daterait du 6ieme siècle.

    1660 muriers qui servaient à l'élevage du ver à soie à St Chinian poussaient sur les bords de l'Orb.

    Il n'en reste que 3 de nos jours.

    Regardons les toits des maisons de nos villages. 3 rangées de génoises  = gens très riches. A la fin du 19ième siècle peu de maisons avaient des goulettes génoises, tuiles superposées servant à rejeter l'eau de pluie le plus loin possible dans la rue. Elles permettaient de ne point mouiller les murs. Le village de Joncel en est l'exemple.

    En 1793, Agde reçut le surnom de " Perle noire de la Méditerranée"  cause sol  volcanique.

    Regardons les rues de nos centre-villes :  Au pied des murs au coin des rues on trouvait des chasse-roues appelés " Butarodas" . Ces bornes de protection appelées aussi "parets" protégeaient les angles des maisons et en même temps les moyeux des roues des charrettes.

    Les croix érigées dans les carrefours des voies principales, des sommets, des cols, servaient de repères, de guide et de protection. Près des sources ou des fontaines, elles sont des signes de sanctification des lieux de vie.  Après l'an 1000,elles limitaient les sauvetés religieuses des terres cultivées par la paysannerie.

    En 1789, lorsque la fureur révolutionnaire s'attaque à l'église, les révolutionnaires vinrent dans les villages pour abattre les croix des carrefours qui étaient en ce temps là en bois. Personne ne voulut prêter une hache. Ils firent appel aux sorciers qui pour jeter leur sort se servaient des formules contenues dans un ouvrage diabolique " Le Petit Albert". Le Grand Albert et le Petit Albert étaient des ouvrages de sorcellerie qui ont fait le bonheur ( ou le malheur) de générations de guérisseurs ou de sorciers dans de nombreuses régions de France. Tous les gens croyaient, disait-on, qu'il était impossible de détruire un livre de sorcellerie. Un Albert, jeté au feu ne brûlait pas, il sautait hors du brasier, explosait ou se transformait. Mais le Diable voulait parfois le reprendre, aussi fallait-il le garder sous clef.

    Les dolmens sont des sépultures collectives. Une chambre souvent rectangulaire ou trapézoïdale, toujours fermée à l'ouest et ouverte à l'est. Dans le Languedoc, on les appelle " pèiras plantadas, pèiras levadas ou sibornières ".

    Les capitelles sont victimes d'un faux sommeil et sont de véritables temples et trophées.

    Le Canigou est appelé  " mont Fugi" par les catalans

    Les mouches auraient sauvé Gérone des envahisseurs ( blague de Dali)

    Lors de la fête à Dali à Perpignan ( le centre du monde) Au lieu de fleurs, les Perpignanais déposent un chou fleur devant la gare le 27 août depuis 1965.

    Tombe de Paul Valery à Sète. Le concierge agacé par le nombre de touristes qui demandaient la tombe de l'écrivain dressa son chien. Au mot" Valery", le chien guidait les touristes vers la tombe.

    Les murs de la cité d'Aigues Morte ( 300m) sont  sur pilotis. Il a fallu 150.000 troncs d'arbres.

    L'histoire des cyprès dans le Gard - Les protestants n'avaient pas le droit d'enterrer leurs morts dans les cimetières catholiques. Les cimetières protestants étaient signalés par un cyprès à l'entrée.

    Chagall  parlant des cathédrales " Ce sont des lanternes du Bon Dieu".

    Le monastère de St Michel de Coucha (Pyrénées Orientales)   aux murs

    imprégnés de prières fut délesté de ses colonnes comme l'abbaye de Gélonne à St Guilhem.

    Léonard de Vinci 1478  homosexuel reconnu par les notables de Vérone fut dénoncé et écopa 2 ans d'exil et vint au Clot Lucé. Il était gaucher. Il écrivait de droite vers la gauche et fit de nombreuses inventions. Dessinateur il fit l'Homme de Vitrude qui représente les proportions humaines. Les Médicis ne lui commanderont jamais de tableaux.

    Peyrac de Mer - l'étang du Doul ( passage planchéié) - l'eau est réputée pour être plus salée que celle de la Mer Morte. On se jette à l'eau , on flotte.

    Les moines copistes reproduisaient les écrits dans le scriptorium qui était non chauffé de peur des incendies.

    Pourquoi trouve-t-on encore dans le centre des vieux villages de nombreux balcons ou bretèches aux maisons ?  Au Moyen Age les maisons étaient imposées sur leur surface  au sol .

    En Aveyron sur beaucoup de portes de grosses fleurs appelées cardabelles ou cardines sont un signe d'accueil. Elles invitaient les pèlerins à franchir la porte de la maison où ils pouvaient se restaurer. Ces fleurs sont protégées. Bien ouvertes, elles assurent le beau temps. Beaucoup de portes sont ainsi décorées dans le village médiéval de Ste Eulalie de Cernon

    Les rues en calade - Les ruelles abruptes sont empierrées. Dans la partie centrale coule l'eau. Les pavés sont disposés dans le sens de la largeur de la rue. Ils améliorent la marche et sont des freins. Ils permettent de caler la roue des brouettes.

    Autrefois, les morts étaient enterrés autour de l'église pour être plus proche de Dieu.

    Et combien d'autres ! Il suffit de les noter lorsqu'on les entend.

    JC doc 05/2018

     

     

     

     

     

     

     


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      Alors! Raconte! N° 192

                                  Cauduro

     

           Encore un village, un hameau, une maison, mais jamais la même. Beaucoup se ressemblent mais ce qui nous interpelle c'est la vie d'autrefois des paysans. Dans les Hauts Cantons de la Montagne Noire, au milieu d'une nature verte et sauvage, dans une mer de châtaigniers, le petit hameau de Cauduro, là haut perché sur un éperon rocheux domine la vallée de Saint Chinian. Un sac à dos, de bonnes chaussures, une paire de jumelles, un appareil photo et... deux heures de marche. Certes, ça monte, mais ça fait du bien d'éliminer les toxines. Une belle vue s'offre à nous, randonneurs, sur le bleu de la mer, le massif de la Clappe, le Mont Saint Loup de Agde et plus loin encore Sète. Notre randonnée de 12km partie de Bouldoux traverse une forêt de pins, de chênes verts, sans oublier l'or des garrigues, les ancestraux châtaigniers qui ont nourrit des générations. Après un arrêt aux "Roches blanches", notre guide dirigea nos pas vers le hameau de Cauduro. Là haut, tout est silence. Alors il faut s'asseoir à l'entrée du hameau, se rafraichir et contempler la nature. Regarder ce monde d'en bas qui parait si petit quand on regarde l'alignement des maisons, le cheminement des routes, les contours de la côte......Et puis, il y a l'immensité de la mer qui, par temps clair, porte notre regard au plus loin. Ce petit hameau d'une dizaine de maisons perché à 502m d'altitude est le terminus de la route mais aussi la porte du ciel.

            Au siècle dernier la ressource principale des "cauduriens" était la culture des châtaigniers. Les Cauduriens étaient des castanéiculteurs.

               Deux catégories de fruits, la combale et la bouche rouge.Comment les reconnaitre ? La tache située au dessous de la châtaigne est plus petite sur la combale , sa couleur est marron clair. La bogue peut contenir plusieurs cerneaux. La châtaigne " bouche-rouge" est de couleur marron tirant sur le rose et ne possède qu'un cerneau plus gros. On en fait des marrons glacés  .

                 Après avoir été déboguées, les châtaignes étaient séchées dans un "sécador" (terme occitan) petit local dans lequel les châtaignes étalées à l'étage étaient chauffées par un feu entretenu au rez-de-chaussée durant plusieurs jours. La chaleur et la fumée déshydrataient le fruit, assurant une meilleur conservation et lui donnait un goût parfumé qui ravivait le farci des dindes de Noël. Décortiqués, les châtaignons, écrasés sous les meules du moulin, faisaient une farine qui, mélangée avec de la farine de seigle permettait de faire une boule de pain très nourrissante. Le bois de châtaignier servait à faire des cercles de barrique, malheureusement l'usure étant trop rapide  le bois de chêne fut vite adopté. Les anciens, l'hiver occupaient leur temps à fabriquer des "païssels"(terme occitan qui désigne des piquets de vigne). Les tuteurs servaient à palisser les ceps de vigne.

            Que dire de plus, le nombre de maisons comme le nombre d'habitants a fortement diminué. Au XIX°, une centaine d'habitants se partageaient 15 maisons, il n'en reste plus qu'une douzaine, une chapelle avec son cimetière et le four à pain.

     

         Maintenant ce bout du monde recherché pour son calme et son air pur attire des touristes et les maisons sont devenues des gîtes. Le plus vieux au nom évocateur de " La Bergerie de la Plume" peut faire coucher 4 personnes. Bien sûr les oies ne veillent plus ce Capitole. Pas de taxis au coin de la rue, les bagages sont acheminés par des "carrioles à bras"

          Notre randonnée s'est poursuivie sur un sentier qui nous amena à la source de Malibert. Marchons vers notre Vernazobre qui prend sa source dans une végétation dense. De la résurgence de type vauclusienne une eau pure jaillit entre un amas de rochers éboulés dans un environnement de chênes et de hêtres. En s'approchant on perçoit le bruit de son écoulement sur les pierres  et son débit est déjà conséquent dès sa source. C'est une source généreuse, régulière qui fournit en partie l'eau à Saint Chinian et aux villages des alentours. Son eau qui coule dans le "béal de l'abbé" permet l'arrosage de beaucoup de jardins qui bordent son cours.

           De retour à Bouldoux, la cloche de l'église sonnait déjà l'angélus, il était temps de rentrer, heureux d'avoir passé un bel après-midi.

    JCdoc 05/2018

     

     

     

     

     


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