• L’ Abbaye de Fontcaude

     

     

    Alors ! Raconte ! N 35

     

                             

     

                                      L’ Abbaye de Fontcaude.

     

     

     

              L’abbaye de Sainte Marie de Fontcaude est réputée dans le monde entier. C’est le dernier ouvrage de style roman du Languedoc. Elle se niche au fond d’un vallon circulaire, près d’une source où il fait bon sentir le genêt, le thym, le romarin et où poussent les asparagus (les asperges sauvages).

     

               Elle est située sur la commune de Cazedarnes, à la limite de Cazouls les Béziers.

     

              Son nom vient de Font Scalidus en latin, Font Caoude en occitan qui signifie fontaine chaude. En effet, près du bâtiment des sources qui l’ont autrefois dédiée au culte de l’eau servaient à l’arrosage du domaine de Montmajour situé à quelques kilomètres de là. Actuellement, l’eau se fait rare en surface, mais à 3 m de profondeur, le sous sol regorge d’eau. Les moines bénédictins avaient leurs sourciers qui, avec des baguettes en bois de coudriers (le noisetier) trouvaient l’eau dans cette campagne aride. Du puits principal creusé à 4 mètres de profondeur, sort une eau à 14° toute l’année.

     

               Fontcaude est situé sur la ligne de partage des eaux. Un ruisseau délimite les deux diocèses de Narbonne et de Béziers.

     

               Donc, située sur un lieu sacré antique, l’Abbaye de Fontcaude a été fondé au milieu du XIIème siècle par un groupe de chanoines provenant du prieuré de Valcrose, près de l’Abbaye d’Aniane. Ces chanoines bénédictins vêtus de bures noires,  n’acceptaient pas l’autorité de l’Abbé et la communauté s’installe sur la partie du diocèse de Béziers le 14 septembre 1154. La paix régna en ces lieux jusqu’en 1165. L’ordre des bénédictins, inspiré par St Benoît de Nursie, a pour règle le travail, la prière et la charité. Cette ‘’sainte règle ‘’ sera troublée par des chanoines appartenant à un ordre nouveau les Prémontrés qui vêtus de bures blanches viennent les rejoindre. Les deux communautés rivalisent entre elles de part et d’autre du ruisseau. Un vrai jeu de dames. Les soutanes blanches contre les soutanes noires. Les prémontrés viennent de la communauté de l’ordre de St Augustin avec un ordre d’hommes (les moines), un ordre de femmes (les sœurs). Les deux associés acceptent les laïques. L’apostolat est contemplatif. Il se crée l’ordre des mendiants. Les moines donnent tout aux pauvres.

     

                  En 1169, le prieuré est érigé en abbaye sous la gouvernance du premier abbé Bernard de Fontcaude. Le patrimoine de l’abbaye se constitue rapidement par donations, legs ou achats.

     

                  En 1180, le pape Alexandre III approuve les statuts des prémontrés et les chanoines vont demeurer de l’autre côté du ruisseau, sur le territoire du diocèse de Narbonne.

     

                  En 1184, les moines prémontrés construisent l’église romane. Sa devise sera ‘’ TECUM LAURENTIS PACATIOR FONSCALIDUS’’ ce qui signifie ‘’ avec toi Laurent Fontcaude est plus en paix’ (en aparté c’est à cette date là que sera construite la ferme de Cazal Viel toute proche de l’abbaye).

     

                   En 1318, suite à la crise cathare et à la croisade des Albigeois,  l’abbaye est rattachée au diocèse de St Pons.

     

                   Pendant la guerre de Cent Ans (1337) les abbés sont désignés par le pape ce qui provoque des protestations. C’est le principe de la commende.

     

                   Durant la guerre de religion (1577), Fontcaude est incendiée et cela conduit au dépeuplement de la communauté.

     

                  Au 17 et 18ème siècle, seulement six chanoines vivoteront dans les bâtiments ruinés. En 1756, le dernier abbé quitte l’abbaye.

     

                  En 1789 lors de la Révolution française, les biens sont confisqués et vendus à la chandelle.

     

                  L’ensemble se démembra au 19ème siècle entre 9 propriétaires.

     

                  Il ne subsiste aujourd’hui que trois absides et le transept.

     

                  En 1969 les bâtiments sont restaurés par l’Association des Amis de Fontcaude aidée par l’abbé Géry. On peut à nouveau découvrir l’église, le cloître (construit sous St Louis) et le moulin à huile.

     

                  Le 13 mars 1995, un groupe de Cessenon ‘’ La fraternité jacquaire  de Septimanie’’ recherche les traces, débroussaille les chemins. Une fonderie de cloches a été retrouvée sur l’emplacement même du cloître. Elle a été datée du 12ème siècle. Lors des fouilles, cette association à retrouvé les chapiteaux du cloître sur le même emplacement.

     

                  Le musée se trouve sur l’ancien scriptorium des chanoines. On peut y voir des fresques funéraires, des habits liturgiques du 12et 13ième siècle ainsi que des livres  de chants grégoriens.

     

                 L’abbaye de Fontcaude est un grand site historique et architectural de l’Hérault. Situé sur la voie secondaire du Chemin de Saint Jacques, bretelle  de la Voie Tolosane venant d’Arles et se dirigeant vers Toulouse, le Somport et se terminant à Santiago de Compostella. Cette voie jalonnée de monastères et d’hôpitaux où l’on soigne les pauvres  a vu passer de nombreux jacquets.

     

                   Chemin bordé d’épines et d’étoiles.

     

                La foi déplace les montagnes dit-on !  600.000  pèlerins en 2004 – 2.OOO.OOO en 2008 sont arrivés à St Jacques de Compostelle. En chemin, les pèlerins se découvrent eux-mêmes. Ils perdent un peu de leur personnalité. Ils portent l’essentiel pour leur vie sur leur dos. En chemin, ils goûtent le silence et la divination du divin par la prière.

     

                Le 25 juillet, c’est le jour de la fête des cheminots et des cantonniers. Vive la St Jacques. Lors des fêtes, l’abbaye de Fontcaude sert de cadre grandiose où sont remarquablement interprétés des chants grégoriens.

     

                 ‘’ ULTRIA !  ULTRIA !  Chemin de terre, chemin de foi’’

     

     

     

                En attendant, allez donc à Fontcaude voir la fontaine St Jacques ornée de la célèbre coquille, touchez là,elle apporte le bonheur garanti. Malheureusement le bâtiment est tombé dans le domaine privé et les visites sont maintenant payantes malgré les fortes subventions touchées du Département. Lors de la  journée du patrimoine où toutes les portes sont ouvertes, l'accés était payant. Quelle honte! Comment un si grand site historique de l'Hérault a-t-il pu tomber dans de telles mains. 

     

    JC d’Oc.

     


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