• L'abbaye Saint Félix de Montceau

     

     

     

     

     

     

    Alors! Raconte! N° 125

     

     

                                 L'abbaye Saint Félix de Montceau

     

     

            L'abbaye Saint Félix de Montceau est située dans le Massif de la Gardiole près de Gigean.

     

           Tel un vaisseau immuable, Saint Félix de Montceau dresse ses ruines dans un décor de verdure. Véritable sentinelle de la foi, témoin de l'histoire, sa merveilleuse architecture émerge du haut de la colline aux pierres blanches  qui domine le village de Gigean.

     

           Connue dès 1104, aux temps des Croisades, elle est consacrée abbaye au 13ème siècle. Ce fut une abbaye bénédictine puis cistercienne, enfin elle redevint bénédictine dont la règle contemplative de St Benoit de Nurcie était appliquée. Son architecture est du gothique languedocien. Elle comprend plusieurs bâtiments autour d'un cloître, une petite église romane de son origine, un réfectoire, une cuisine et une salle capitulaire.

     

           Cette abbaye était encensée uniquement par des religieuses. Des Professes qui avaient fait leurs vœux et des Crofesses qui ne les feront jamais.

     

           Les Professes étaient issues des grandes familles nobles, savaient lire et écrire, elles entraient avec une dot - lit - bijoux - biens - terres - domaines.

     

     

           Les Professes avaient l'interdiction d'apprendre à lire et à écrire aux Crofesses auxquelles étaient affectées des tâches ingrates et moins nobles.

     

           Saint Félix était très vénéré et l'abbaye devint très rapidement riche par leslegs et les dons que les sœurs faisaient en entrant sous les ordres. Domaines, granges, hôpitaux à Montpellier, vignes  etc… Les gens de la noblesse avaient peur de la mort et ils se faisaient enterrer dans l'abbaye pensant aller au ciel directement. Les prières dites par les sœurs et les messes d'anniversaires rapportaient plus que le denier du culte de l'époque.

     

           Au 13ème siècle, 28 sœurs Professes et autant de Crofesses occupaient l'abbaye. Pour permettre une meilleure pratique religieuse à la fin du 13ème siècle, par manque de place, une grande abbatiale fut construite.

     

           Mais qui dit opulence de richesses, dit écarts. En 1332, c'était l'apogée de leurs richesses. Les sœurs recevaient des militaires, dansaient et chantaient en se souciant peu des pratiques religieuses. Entre deux menuets vite un pater et un avé. Cela arriva aux oreilles du Pape qui dépêcha l'évêque de Maguelonne afin de ramener le calme et l'ordre chez les moniales. On disait " 12 nonnes, 13 berceaux" Il devait y avoir certainement des jumeaux !! De là est née l'expression treize à la douzaine.  L'évêque de Maguelonne fait construire une prison (l'enfermerie) pour punir les sœurs débauchées.

     

           Après la Guerre de Cents Ans, les Routiers ( bandes de soldats désœuvrés - Route = troupe de l'époque) pillèrent et incendièrent les bâtiments. L'abbaye est ruinée et devient un tas de pierres. Une nouvelle abbaye fut construite à Gigean.

     

           Cette seconde abbaye est devenue de nos jours la poste de Gigean qui envoie des messages vers Dieu. Les voix de Dieu sont impénétrables.

     

           De nos jours, la 5ème Fête des Fleurs à lieu de 12 mai à 10h 30 dans l'ancienne abbaye. Il fait bon flâner dans les jardins monastiques médiévaux remis aux goûts du jour pour ses plantes médicinales avec leurs senteurs par une association crée pour la sauvegarde de l'abbaye . Un scribe, un tailleur de pierres, des dentellières de Magalas animent la fête. On peut voir une collection de masques vénitiens et de bijoux. Dans une échoppe on peut goûter un peu d'hypocras à base de vin sucré, de plantes et d'épices. C'était l'opéro médiéval très apprécié de Henri IV .

     

            La randonnée qui précéda la visite fut splendide avec de très beaux panoramas sur la côte sétoise. La nature était en éveil et une multitude de fleurs sauvages couvrait le sol bien exposé aux embruns maritimes. Aux asphyllantes bleues (faux lin) se succédaient les Asphodèles aux longues tiges blanches. Le ciste de Montpellier de couleur blanche se mariait avec le ciste cotonneux rose. Les aigrettes de pissenlit volaient au moindre souffle tandis que la chicorée sauvage resplendissait dans ses pétales bleus. C'était déjà la Fête des Fleurs. Enfin, le soleil était de la partie et oublions les quinze kilomètres qui nous ont fait un peu souffrir et gardons en un bon souvenir.  

      JC d'Oc 05/2013


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