• L’éphèbe d’Agde

     

     

                   Alors !  Raconte !  N° 29 

     

     

     

                                             L’éphèbe  d’Agde.

     

     

     

            En fin d’été, le 13 septembre 1964, un matin, la ville d’Agde dormait encore.

     

    Au quai de pêche, trois passionnés embarquent sur un modeste canot ‘’La Rascasse’’ sur l’Hérault. Ce sont des aventuriers passionnés de fouilles sous-marines. Ils mettent à jour un trésor. Ils sont membres de la GRASPA, une association de recherches sous-marines.

     

            C’est dans les fonds subaquatiques où se trouvent un tas d’objets ensevelis sous la vase. On dit bien ‘’riche comme la mer !’’ Et la mer est le plus grand musée du monde.

     

          

     

            L’Hérault, ce fleuve  prend sa source dans les Cévennes à 1300 m d’altitude au Mont Aigoual et se jette à la Tamarissière.  Agde est une ville fondée par les Grecs, chantée par Pline et cartographiée par Strabon. Là, tout est plat, pas de barrage, loin de l’intérieur des terres. Au 7ème siècle avant JC, l’estuaire du fleuve se prolongeait jusqu’à Pézenas et les embarcations remontaient sur 20km.

     

            Dans le lit du fleuve, le limon recouvre des vestiges magnifiques. Dès que l’on cherche dans la vase, le travail devient harassant, mais les compères sont devenus des spécialistes. Un chef meneur d’hommes à la faconde facile s’appelle : Denis Fontquerne. En 1964, il a 45ans, à la force de l’âge, petit fils de viticulteur et de pêcheur,    au Grau d’Agde, les pieds toujours dans cet endroit où le fleuve  rencontre la mer. Tout jeune, il jouait, face à la Cathédrale, là où les gosses se jetaient dans l’eau pour jouer au ‘’jeu de la pierre’’. On jette une pierre dans l’eau, il faut aller la chercher !

     

            Donc, il plonge et à tâtons, il découvre une amphore de terre cuite dans la gangue de boue. Il la remonte et la nettoie pour lui donner une deuxième vie. La passion de l’archéologie ne le quittera plus jamais. En autodidacte, il étudie les civilisations anciennes.  ‘’ J’avance sans soutien, sans diplôme et sans bagage.’’, dira – t il !  Le O2 avril 1960 il dépose en préfecture les statuts de son association  ‘’GRASPA’’. Il ne reçoit aucune aide des pouvoirs publics qui ne croyaient pas en l’avenir de l’archéologie.

     

            Le 13 septembre 1964, il se dirige vers un site précis déjà fouillé à 100 m de la cathédrale construite en pierres basaltiques. Dans la vase, une équipe de trois plongeurs s’active dans les recherches. Surexcités, ils remontent et racontent : ‘’un objet d’ 1m50, en bronze  est là, sous la vase’’. A 6m, après dissipation du nuage de vase, ils  sentent la forme de l’objet puis, un doux visage d’un ange apparaît. Une belle tête bouclée avec un corps d’Adonis. Une corde est glissée sous les aisselles  et la statue remonte. C’est la nouvelle naissance de l’Ephèbe. Dans l’Antiquité grecque, c’est le nom d’un jeune homme qui n’a pas atteint la puberté.

     

     

     

             La nouvelle se répand vite dans la ville.  ‘’ Ils ont attrapé un Apollon ! ‘’ Rien vu de plus beau ! Tous les  passionnés d’histoire veulent lui donner un nom. On cherche !

     

              La statue à tête d’ange rejoint la salle des trésors à Agde.  (Trésors de l’Hérault et de la mer)    Marseille est avisée de la découverte. Après avoir fait un court séjour à Marseille, elle remonte à Nancy  pour une restauration dans une institution d’art, puis elle atterrit au Palais du Louvre à Paris.

     

               Mais il manque une jambe ?  Les recherches vont de plus belles. Qui va la retrouver ?

     

               Ce n’est que 6 mois après, que Raphaël Mola la retrouvera à 600m de l’endroit où la statue a été mise à jour.

     

               La polémique enfle ! Vue la valeur inestimable, la statue peut être mise à l’écart des trouveurs. Il y a  la convoitise des Parisiens. Jamais les Parisiens n’ont  autant été détestés par les Agathois.

     

               Le 16 mai 1966, Denis Fontquerne écrit à Malraux, ministre de la culture sous Ch.de Gaulle et demande le retour de l’Ephèbe ainsi que la construction d’un musée à Agde. Une pétition est signée par 2O.000  personnes. Mobilisation massive. Un timbre est édité.

     

               Après 20 ans d’absence, l’Ephèbe revient à Agde  et,  François Léotard alors ministre de la culture décide de faire construire un musée.

     

                Le 21 mai 1987, l’Ephèbe est en bonne place dans le musée. Après sa restauration, il apparaît dans sa nudité héroïque, visage juvénile, chevelure mi-longue, une chlamyde, ce vêtement agrafé sur l’épaule droite couvrant son corps d’enfant. C’est ce manteau qui orientera les recherches pour déterminer sa ressemblance avec un personnage. En effet, seuls les rois de Macédoine, les cavaliers et les éphèbes portaient cette parure. De plus sa chevelure étoilée était auréolée d’une couronne.

     

                Mais à qui ressemble-t-il ?  A Alexandre le Grand à l’âge de 20ans, semble-t-il ?

     

                En juin 2001, d’autres statues remonteront du large du Cap d’Agde dont un ‘’ Eros’’ en argent (1er siècle av JC). Tunique courte avec sandales et deux Cupidon en châle romain.

     

                 Dans le département antiquités du musée, on peut admirer des amphores romaines, des vases, des mosaïques gréco-romaines et autres contenants.

     

                 Dans le département des bronzes, c’est là où se trouvent l’Ephèbe, Eros et Cupidon.

     

                  Dans le département moderne des céramiques du 12ème siècle et des armements de bateaux.

     

     

     

                  Si vous passez à Agde  allez visiter le Musée agathois de l’éphèbe.

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :