• La première cave coopérative de France

     

               
     

             
     
     

    Alors! Raconte! N°117 

                              La première cave coopérative de France

              "D'un lieu sauvage et désert, domaine des forêts et des sangliers, les moines ont par leurs initiatives, crée un petit paradis capable de produire tous les fruits de la Terre." ainsi parlait un lettré au temps de Charlemagne. Rabelais affirmait que le vin est ce qu'il y a de plus civilisé au monde. Pasteur clamait qu'il y a plus de philosophie dans une bouteille de vin que dans tous les livres.

               On ne pourrait passer sous silence le Languedoc Roussillon qui représente 66% de la production française de vins grâce aux hivers doux, aux étés chauds et secs, à la Méditerranée qui apporte les embruns aux arômes de la garrigue. Sa production globale de vin avec ou sans appellation avoisine les 12 millions d'hl sur ses 246 000ha - 30 000 vignerons - 230 caves coopératives - 2500 caves de particuliers.

                Les Coteaux du Languedoc, ce pays plat et vallonné, aux sols argileux, sableux, basaltiques, schisteux et calcaires, aux cailloux roulés produit en vins Languedoc (appellation Origine Contrôlée) sur 36 260 ha - 1 388 317hl de vin d'Appellation Contrôlée. Une telle quantité représente la production des 6140 viticulteurs  qui cultivent leurs vignes. 1269 ont leurs caves particulières et les autres ( environ 79%) se sont fédérés en 180 caves coopératives.

               Les Coteaux du Languedoc Sud de France délimitent les appellations et les hectares déclarés en AOC:  Corbières  13 000ha - Corbières Boutenac 1429ha - Cabardès 1429ha - Clairette du Languedoc 100ha - Faugères 5600ha - AOC Languedoc 10 000ha - Clairette de Limoux 9000ha- Malepère 500ha - Minervois 5000ha - Livinière 200ha - Muscat Frontignan 690ha - St Chinian 3300ha - St Jean Minervois 230ha - Mireval 260ha - Muscat Lunel 321ha .

                Mais pourquoi toutes ces coopératives vinicoles ont-elles vu le jour?

                C'est la présence d'un puceron de couleur jaunâtre qui se fixe sur les racines de la vigne qui sera la cause d'une crise économique sans pareil dans la viticulture. Trois entomologistes héraultais -Félix Sahuc, Emile Planchon et Gaston Bazille détectent le 15 juillet 1868 sur des racines de vignes infectées à St Gély du Fesc des insectes difficilement visibles à l'œil, qui en état de nymphe présentent des ailes fermées dans un fourreau, puis, lors de leur éclosion, les nymphes deviennent des petits moucherons. Ils l'appelleront ''phylloxéra vastarix". Le phylloxéra se répand rapidement et progresse sous ou sur le sol de racine en racine et de souche en souche. Les vignerons ne savent plus comment faire. On tend des toiles d'araignées dans les vignes mais cela n'arrête pas la dissémination.

              Les vignerons épargnés au début profitent de la hausse du cours du vin et gagnent beaucoup d'argent tandis que d'autres propriétaires bradent à petits prix leurs terres contaminées.

         - 1875 peu de dégâts        ---   récolte 13 millions d'hectolitres dans l'Hérault

         - 1876 effondrement        ---                6,5 millions d'hectolitres

         - 1880 désastre total       ---                 2 millions d'hectolitres

              On a découvert que les plans "ripestrix et riparia" américains résistaient à l'attaque de ce minuscule insecte. De plus le phylloxéra accepte mal les zones inondables, si bien que la plaine de Montady par sa forme naturelle en bassin fermé  a résisté à la contamination.

              La seule façon de sauver la vigne était de greffer le plant français sur des plants mères américains. Dès 1883, le quart du vignoble de l'Hérault était greffé. Le phylloxéra eut une victoire totale, mais l'insecte est à jamais installé dans nos terres de France et on ne peut l'en extirper.

              AINSI…….., à Maraussan, quatre propriétaires nobles vendent leurs vignes à une dizaine de gros propriétaires et à des ouvriers agricoles des petites parcelles qu'ils agrandiront par la suite. C'est avec l'apparition de ces propriétaires-ouvriers que le projet coopératif allait se concrétiser au début du XXe siècle.

              La première cave coopérative de vente en France est créée le 23 décembre 1901 par 128 viticulteurs de Maraussan. La construction est décidée par l'Assemblée Générale du 19 février 1905 et elle est confiée aux ingénieurs Paul et Carles originaires de Balaruc les Bains. Cette "gigantesque bâtisse" (qualification de l'époque) a été conçue pour une capacité de 20 000hl. Les murs montent pendant qu'à l'intérieur on coule 29 cuves en ciment disposées en fer à cheval. Sa façade s'orne de la devise fondatrice  " Tous pour chacun, chacun pour tous". Jean Jaurès vint visiter le 2 mai 1905 la cave coopérative communale. Elle fut inaugurée le 22 août à la veille des vendanges et s'appela " Les vignerons Libres".

              La construction a continué d'évoluer. En 1956-1957 on ajoute une fosse de réception. En 1964 et 1968, de nouvelles cuves en béton portent la capacité de la cave à 102 000hl. Actuellement, plusieurs types de vinification sont employés à côté du classique pressoir pneumatique: les cuves auto-vidantes et égoutteuses, l'égouttage dynamique et l'élevage en fût.

    Un bravo à notre vénérable doyenne et aux vignerons libres de Maraussan.       JC d'Oc 03/2013                                                                                                   


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