• La renaissance de Béziers

     

     

    Alors ! Raconte !  N° 45- Béziers 4

     

     

     

                                 La renaissance de Béziers.

     

     

     

    ‘’ Il est venu le temps des cathédrales, le monde est entré dans un nouveau millénaire

     

      On a voulu monter vers les étoiles, écrire son histoire dans le verbe ou dans la pierre’’

     

     

     

                      La ville de Béziers, saccagée, humiliée, anéantie, saignée à blanc par ce carnage de 1209 se reconstruit très vite. Dès les semaines qui suivent, la vie reprend avec une population nouvelle. Des ouvriers venus en majorité d’Auvergne prennent la place des disparus. Ils apportent un savoir faire, une résistance au travail qui sera très bénéfique à la cité. Maçons, charpentiers, terrassiers vont travailler pour la reconstruction des quartiers dévastés.

     

                     Les églises détruites sont reconstruites (même la Madeleine bien abimée). La cathédrale ST Nazaire ne possède que deux murs. Sa voûte a éclaté '' comme une grenade'' disent les récits de la Croisade. Elle sera reconstruite par Maître Gervais. Dimensions: L=50m l=14m H=32m Clocher=46m Rosace=10m  Les destructions par le feu sont importantes, mais comme les Croisés ne sont restés que 3 jours, les tours et les remparts qui entourent la ville sont intacts.

     

                      En 1218, Béziers se soulève contre le fils de Simon de Montfort, Amaury devenu vicomte à son tour à la mort de son père. Les affaires de la ville sont alors réglées par le légat du pape.

     

                      En 1224, les Trencavel, anciens locataires sont de retour le 14 janvier. Amaury de Montfort retiré à Carcassonne abdique et laisse ses biens au roi de France. A Béziers, c’est la fête, le légat du pape à son tour est chassé de la ville. Pour oublier cette triste période, le château vicomtal situé sur l’actuelle Place Jean Jaurès est rasé. Désormais, le nouveau maître de Béziers est le futur roi de France Louis VIII le Lion (le père de Saint Louis). Ce prince a la réputation d’être un barbare sanguinaire car il a laissé ses troupes anéantir Marmande en 1219. Aucun homme n’a réchappé au massacre.

     

                        Pendant un siècle, Béziers sera sage, pas de révolte, pas de bûcher. La leçon de 1209 est bénéfique pour cette population nouvelle. Béziers a reconstitué sa population soit 1619 maisons soit 12.000 à 15.000 habitants. Ils faisaient beaucoup d’enfants en ce temps là. Les remparts et les tours restent intacts. Les portes sont fermées tous les soirs. Saint Nazaire est reconstruite. Maître Gervais donne à l’édifice des tours, des créneaux, des mâchicoulis et des meurtrières nécessaires pour sa défense. Le clergé est alors le plus grand propriétaire foncier et craint pour la conservation de ses avoirs et de ses privilèges.

     

                           L’église de la Madeleine sortie intacte a son clocher remanié. Saint Aphrodise  restaure son clocher et sa nef. Dans les églises, plusieurs chapelles sont nécessaires pour que les abbés puissent dire la messe à la même heure car il n’y a qu’une seule célébration de l’office. L’église Saint Jacques, ancienne abbaye qui hébergea les pèlerins de passage pour St Jacques de Compostelle est toujours en dehors des remparts. Il faudra attendre le 14ième siècle pour qu’elle soit incluse dans la ville fortifiée.

     

                         Au 13ième siècle, l’étang de Montady-Colombiers est, dit-on ! un lac infect dont les eaux stagnantes portent au loin la maladie et la mort. Les quatre propriétaires  avec l’accord de l’évêque de Narbonne, seigneur et maître de toutes les eaux de son diocèse, décident de l’assécher. (Charte du 13 février 1247). De nombreux fossés de drainage allant de la périphérie au Centre, découpent en une forme géométrique parfaite semblable à un soleil, cette vaste étendue de plus de 400ha. Du centre part un fossé en contre-pente appelé ‘’La Grande Maïre’’ qui évacue l’eau sur une longueur de 1364m vers les anciens étangs de Poilhes et de Capestang puis se déverse dans l’Aude.

     

                         Du génie des hommes est né un patrimoine très insolite  au Malpas que l’on ne retrouve nulle part ailleurs en France.  Les Romains ont tracé la Voie Domitienne – 118 av JC- (altitude 0). Au même endroit (alt -10) passe le tunnel du Canal du Midi – 1667-1681. Juste en dessous (-12m) passe le tunnel du Chemin de fer – 1854-1856. Puis la galerie d’assèchement (prof -50m) de l’étang de Montady.

     

                         N’est ce pas là où toutes les directions se croisent ?

     

                         Connaissez-vous l’histoire d’Artus, de cet ouvrier de Pierre Paul de Riquet qui à contribué à la construction du tunnel du Malpas ?

     

                         A l’entrée du tunnel, côté Toulouse, sous la voute, l’histoire révèle la présence d’un ermite qui vivait en ces lieux en 1856. Sa subsistance était assurée par les bateliers qui déposaient des vivres dans un panier descendu au bout d’une corde. Artus a vécu plusieurs années dans cette niche, mais les archives du tunnel sont muettes sur cette présence.

     

                       Artus s’est isolé dans ce tunnel, car en rentrant chez lui en Italie, après 14 ans d’absence, ses amis ne se rappelaient plus de lui et sa femme s’était remariée, donc dépité il est revenu vivre dans le tunnel en ermite. La légende veut qu’un riche batelier refusa de lui donner à manger. Il lui jeta un sort et le bateau du marchand coula dans le port de Béziers. Depuis, lorsque l’on passe sous la niche d’Artus, la tradition veut que l’on jette un peu de pain  pour ne pas oublier cet ermite.

     

                        Ne rêvons plus, l’histoire ne s’arrête pas en si bon chemin.

     


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