• La richesse de Capestang

     

     

      
         Alors ! Raconte ! N° 7

     

     

     

    La richesse de Capestang.

     

     

     

     

     

          Au Moyen Age, le sel s’appelait ‘’ or blanc’’. La route du sel permettait l’acheminement dans les contrées les plus isolées des récoltes des marais salants de la côte méditerranéenne. C’était un réseau très dense  que nos routes actuelles empruntent encore.

     

           Le sel était utilisé pour les salaisons de viandes, des poissons, pour le tannage des peaux et pour la conservation des fromages. Quelle famille ne possédait pas son saloir à la maison ?

     

          Le sel fut une monnaie d’échange entre l’empire romain et les pays conquis. Les légionnaires romains recevaient en partie leur solde en sel (le salarium : origine du mot salaire). Les fonctionnaires qui surveillaient et entretenaient les routes se nommaient ‘’ salari’’. Cette organisation s’écroula par l’effondrement de l’Empire romain.

     

           Au Vème siècle, les villages  comme Capestang,  Poilhes et Montady, entourés d’étangs s’emploient à gérer eux-mêmes la production et l’acheminement du sel qu’ils  retirent de leurs 5000 hectares de marais salants. C’est l’eldorado car les revenus fiscaux alimentent les caisses du roi et leurs poches. Capestang = tête entourée’’ d’éstangs  (étangs)‘’.

     

            L’impôt sur le sel  ‘’ la gabelle’’ sera maintes fois modifié. Il sera proportionnel au prix des marchandises. La TVA de l’époque ! Modeste au départ, il deviendra un atout majeur dans les provinces du Languedoc Roussillon. Il sera prélevé à la sortie des ‘’greniers à sel’’ sous le règne d’Henri II. Ce sera le plus gros commerce sous l’Ancien Régime. Au Moyen Age, on consommait 7 à 8 kilos, tandis que maintenant avec l’hypertension on en consomme que 3 kg par an et par personne.

     

           Cette denrée, si rare  mais si vitale a attiré les convoitises des contrebandiers. Sur la route du sel, les caravanes sont attaquées et dévalisées...

     

            La route du sel  partant de Capestang se dirige vers Narbonne, vers St Pons  vers  Clermont l’Hérault  et vers  Millau. Il ne faisait pas bon tirer les mules dans le défilé de L’Ioule à  Poussarrou ! Au dessus du pont, un célèbre bandit se cachait dans une grotte et dévalisait les voyageurs.

     

            Le douzième de l’impôt sur le sel revenait à l’archevêque de Narbonne  qui possédait le château du XIII ème siècle de Capestang. Il faut visiter ce château. Un fossé entourait ses murs. Au premier étage, de la tour au S-E la Grande  Salle d'apparat des Archevèques de Narbonne possède des plafonds en bois du 15ème siècle recouverts et richement décorés de plusieurs empreintes de peinture et des fenêtres gothiques. Ces décors peints sur des planchettes entre les poutres représentent des images profanes et caricaturales parmi lesquelles des moines avec de grandes oreilles, un âne qui joue de la musique, quatre couples que l'on devine vieillissant ensemble - symbolique de la vie - enfance, jeunesse, adulte et vieillesse. Mais peu de thèmes religieux sont représentés.

     

                    La collégiale ‘’ St Etienne’’ a été construite du XIII au XVème siècle sur les bases d’une église carolingienne. La tour-clocher avec ses 44 m domine la région. L’Aigle et le lion sont les armoiries de la ville. Sur le fronton, on peut voir St Etienne  et St Paul décapités.  Cette collégiale ne sera jamais  achevée. Elle fait partie  de l’inventaire des monuments historiques.

     

             En 12O9, elle a connu la mise à sac de la région dont Béziers ‘’ Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens’’ et la destruction de Minerve par les troupes de Simon de Montfort. A Capestang, ce vent de folie a provoqué l’élimination des nobles récalcitrants.

     

              En 1222 éclate une rébellion, due à la surpopulation et à la baisse de la production de sel de l’étang, contre l’archevêque de Narbonne qui était l’un des plus riches de France. Les étangs salés sont divisés : la partie  Capestang reste à Narbonne, les autres reviennent à Béziers.

     

               En 1316, l’Aude déborde. Un flot de 10 mètres envahit Cuxac, Fleury et Vendres. On construit un barrage de terre entre l’étang de Capestang et la mer pour empêcher l’enlisement des  salines par l’eau des crues.

     

               D’autres débordements de l’Aude suivront mais ne changeront pas le cours du fleuve.

     

               De 1347 à 1350, la première pandémie de peste bubonique (peste noire) provoque en  Europe en 5 ans 25 millions de victimes. Elle refait son apparition de 1353 à 1355.  En 1361, la peste des enfants fait des ravages. Le substrat disparaît comme il est venu.

     

                De 1337 à 1495, durant la guerre de cent ans, le  Prince Noir met à sac la ville de Capestang.

     

     

     

                En 1851, l’opposition des républicains de Capestang est un des faits marquants de cette ville. En effet, le suffrage universel qui imposait l’obligation de résider dans la commune provoque la résiliation de 321 citoyens. Les victimes s’insurgent  en créant une société secrète de 50 personnes. Pendant 6 jours, ils tiennent tête mais le Coup d’Etat triomphe et 31  insurgés partent en exil.

     

                19 iront à Bonne et 12 à Cayenne. Jean Puech, grand résistant, partira  à Cayenne et partagera la cellule de Casimir Péret. Il essayera de s’évader mais sa tentative échouera. Il reviendra à Capestang  en 1859 après 8 ans d’exil. Il mourra en 1913.

     

                Capestang a toujours été une ville d’insurgés. Toujours à gauche, maires socialistes. Le canton de Capestang a fourni l’essentiel des martyrs de  Fontjun où le maquis de la résistance est tombé sur une embuscade allemande. Les  21 maquisards pris ont été fusillés le 7 juin 1944 sur le Place du Champ de Mars à Béziers.

     

                 Le drapeau rouge flotte toujours auprès du drapeau républicain le 14 juillet sur le clocher du village.

     

                 En 1681, on inaugure le canal du Midi appelé « Canal royal  des deux mers » 14 ans de travaux – longueur 241km de Toulouse à l’étang de Thau. Une petite anecdote : lors de son inauguration, il faisait grand vent. Au passage des 7 écluses de Fonseranes à Béziers sur sa barque royale, le roi Louis XIV en perdit sa perruque qui se trouve toujours au fond du canal. Notons que si Binet, le perruquier du roi (c’est un cas) avait été présent, le roi n’en aurait pas changé de binette. Tout s’explique !!

     

                 En 1850, avec l’âge d’or de la ville,  (L’âge des châteaux pinards) le chemin de fer économique est raccordé à Béziers. Il a disparu depuis plus de 60 ans.

     

     

     

                  Cette ville se déguste, se visite, a une activité culturelle intense (musée).

     

                   La richesse par le sel, puis par le vin, par son trois six (alcool de vin), par le tourisme qui afflue par le Canal et malgré les vicissitudes de l’histoire qui l’ont profondément marquée, Capestang a toujours relevé le défi en levant le drapeau rouge de la révolte.

      Qu’on se le dise !

                  Ne manquez pas d’aller voir le magnifique trompe l’œil dans le centre ville,  place de la fontaine. C’est un chef-d’œuvre réalisé par Mad Art. Les personnages figurant sur ce trompe l'oeil sont représentatifs des anciens de ce lieu.

    La richesse de Capestang

     

     

    Armoiries de Capestang prises sur château d'eau

     

    Devise :  audaces fortuna jouvet  ( Jouvet du gouvernement de fortune) traduction approximative.

     

    Les deux lions -    à gauche - lion de gueules (rouge sang)

                                 à droite  - lion d'argent (noir de sable)

    La croix du Languedoc ( voir N° 159)

    En héraldique, un blason se lit toujours de la droite vers la gauche.

     

    La richesse de Capestang

     

     

     JC d’Oc MAJ 11/2015

     

     

     


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