• La vallée de la foi.

     

    Alors! Raconte! N° 122

                                                        La vallée de la foi. 

            Dans toute la vallée du Nord de l'Hérault aux confins du Lodévois et du Larzac templier et hospitalier, résonnent d'un commun accord les dungchens tibétains, les gongs, les cloches et tournent les moulins à prières. Cette région est-elle propice à la spiritualité, au recueillement et à la prière? Il semblerait que la présence de nombreux édifices religieux en soit la conséquence.  

              Le prieuré de Saint Michel de Grandmont de l'ordre de Grandmont, situé entre Lodève et St Privat possède une église encore en bon état, une des plus belles de la région.

              Le prieuré de Comberoumal dans le Larzac avec son magnifique toit de lauzes où les moines grandmontains qui se sont installés fin XIIème se consacraient à la prière et au travail. Fin du 18ieme, les chèvres et les brebis y élisent domicile et ce n'est qu'après une importante restauration que l'édifice sera ouvert aux visites.

             L'abbaye bénédictine de Jonsels située entre Lunas et Roqueredonde dans le Pays des Monts et des sources garde dans ses pierres son histoire mouvementée des guerres de religions. En partie privée, elle possède un cloître du 12ème et une église maintes fois remaniée dont son chevet carré a été fortifié. Les protestants des familles de Narbonne et les catholiques du Duc de Montmorency s'y affrontèrent et ne laissèrent que désolation. Le monastère saccagé tomba en disgrâce.

             La tombe de Lanza del Vasto à la Borie Noble. Ce philosophe, poète et artiste fut un ardent défenseur de la paix dans le monde. Il est connu pour avoir fondé les "Communautés de l'Arche" en 1960. Travail et non violence, préceptes de Gandhi, respect de la vie et végétarien convaincu fut sa volonté durant toute son existence. Il est inhumé dans son monastère situé entre Lodève et Roqueredonde.

            On ne peut oublier le temple de Lérab-Ling situé sur le domaine de 140 hectares  de l'Engayresque achevé en 2006. Il a été inauguré par le Dalaï-lama le 22 août 2008 en présence de Carla Bruni-Sarkozy, Rama Yade et Bernard Kouchner. Lerab-Ling signifie en tibétain "lieu de bon augure". C'est le plus grand temple tibétain d'Europe. Sur le plateau Guilhaumard sur lequel il peut faire très froid en hiver, mais aussi très chaud en été  se dresse ce centre d'études et de contemplation tibétain. C'est un lieu de retraite, de prières et de méditation. C'est l'un des 130 centres bouddhistes du réseau international de Rigpa disséminés dans le monde, fondé par Sogyal Rinpoché, maître bouddhiste reconnu comme étant l'incarnation de Tertön Sogyal, maître du 13ième Dalaï-lama.

            Sur ce domaine, au XXème siècle, les brebis broutaient dans le calme et le silence, mais voici que de nos jours un lama est venu parmi les brebis. Depuis que les végétariens sont arrivés, les clochettes des brebis ne tintinnabulent plus. On entend souvent les "kangling", ces petites trompes faites de fémur humain(de femme vierge) et les tambours (damaru)" en peau humaine et de bois de théier  taillé dans un crâne, résonner de leurs sons graves sur le "Pays des Neiges" du Lodévois.

            Les dons ont afflué et les bénévoles, adeptes du bouddhisme, ont construit de leurs mains ce temple de trois étages au toit cuivré dont les plans ont fait l'objet de recherches minutieuses s'inspirant des temples tibétains existants encore aujourd'hui en Himalaya. Le temple a été décoré de manières traditionnelles par des sculpteurs tibétains venus de l'Inde, du Népal et du Bouthan.

           La tradition oblige les visiteurs pour entrer de faire le tour du monastère dans le sens des aiguilles d'une montre et de se déchausser avant d'y pénétrer. L'entrée se situant toujours au Nord. Il est d'usage de ne point photographier le Bouddha de face car le troisième œil regarde avec insistance.  

            Dans le temple trône une statue du Bouddha Sakyamuni aux longues oreilles pour entendre ce que le commun des mortels n'entend pas. C'est la pièce maîtresse d'une hauteur de sept mètres pesant dix tonnes. Cette monumentale statue a été fabriquée en Birmanie et elle représente la célèbre statue de Bodhgaya en Inde où le Grand Bouddha a atteint l'Eveil (le bonheur intérieur). A ses côtés se trouvent mille statuettes de Bouddha en bronze symbolisant les Bouddha du passé et ceux du futur. En plus, une pièce abrite également une collection de statues de petits Bouddhadoux, de reliques et de peintures sacrées.

            Au milieu d'une pièce d'eau trône la statue de Padmasambhava qui signifie en tibétain " Né du lotus". Cette statue de style traditionnel est en bronze. Elle contient des reliques, des objets et des écritures sacrées à l'intérieur. Plusieurs parties de la statue sont peintes et d'autres recouvertes d'or. Ce "Précieux Maître" appelé aussi Guru Rimpoché implanta au VIIIème siècle la doctrine du Bouddha au Tibet. Cette statue possède le pouvoir de répandre autour d'elle la compassion et la sagesse à celui qui la vénère.

            Les pratiquants monastiques que l'on ne peut voir lors des visites et qui vivent dans les étages du monastère de Lerab Ling se consacrent à la méditation et suivent la ligne des traditions tibétaines, c'est-à-dire  la découverte de la vraie nature, de faire et croire ce que l'on trouve juste, de tracer une vie stable pour mourir bien. Ils croient à la réincarnation dans une autre vie intérieure que nous avons, nous, non adeptes, perdue de vue. Cette manière de croire à la fois authentique est adaptée aux besoins du monde d'aujourd'hui, mais au Tibet, lorsqu'un moine tibétain meurt, son cadavre est découpé puis jeté aux vautours tandis que si un Dalaï-lama meurt, on embaume son corps avec du sel pour le déshydrater puis on le parfume et on l'installe définitivement dans une pagode couverte de perles et d'or. Ce n'est pas le même régime funéraire pour tous.

             Pour écouter le lama Sogyal Rinpoché, il faut prendre la position du lotus identique à celle du yogi qui pour les non initiés au yoga est une position inconfortable, les jambes repliées sur leur derrière. Ce maître qui attire 2000 à 3000 disciples par an n'a pas toujours eu des discours très zen à contrario de cette science de l'esprit qu'il a décrite dans son livre intitulé "Le livre tibétain de la vie et de la mort".

            Nous venons de faire une randonnée autour de Lerab Ling. Le vent agitait les drapeaux tibétains sur lesquels des prières de paix ont été inscrites par les adeptes de la non violence. Les cinq couleurs symboliques des drapeaux représentent le ciel, la terre, l'eau, le soleil et l'univers. Les prières se diffusent par grand vent sur le Pays Lodévois.

            Restons zen à notre tour, profitons des enseignements et de la visite de ce centre bouddhiste malgré les mots un peu trop calibrés et dirigés vers la spiritualité de notre présentatrice.

            Nous avons oublié en entrant dans le monastère de tirer la langue car c'est la façon la plus élégante de dire bonjour en tibétain.

    JC d'Oc  04/2013

     

     


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