• Le fort de Brescou

     

     

    Alors !  Raconte ! N° 9   

     

     

     

                                      Le fort de Brescou

     

     

     

     

     

            Sur l’unique île du littoral languedocien, face à Agde, se trouve la forteresse de Brescou construite par le Vicomte de Joyeuse en 1586.

     

     

     

             Quelques mots sur le fleuve Hérault. Ce fleuve déverse sur des fonds marins volcaniques un tas de sédiments  venant de l’érosion du massif cristallin des Cévennes. Il prend sa source à 1567 m d’altitude dans le Gard à quelques mètres de la station Météo France du Mont Aigoual. Son cours descend un dénivelé de 1000 m sur 160 km de longueur. Au Mont Aigoual  se situe le partage des eaux (côté Ouest vers l’Atlantique  -   côté Est vers Méditerranée).

     

              L’origine du nom Hérault dont il y a 28 appellations différentes --- Pholagle Strabos ---  Araromis puis Araris.  Oron est le nom ancien de l’or. Donc, sur  toute la longueur du fleuve, les orpailleurs venus chercher fortune extrayaient de l’or au 15ème siècle. D’ailleurs, à Agde, une plaque relate ‘’  Heureux ou pas heureux, venez faire fortune ‘’.

     

              

     

              Il y a 750.000 ans, suite aux nombreuses éruptions volcaniques allant de Lodève au Cap Creux, près de Agde,  le Mont St Clair de Sète s’est formé. Autour du cratère, d’autres  pitons  sont à l’origine de la  butte basaltique sur laquelle Agde s’est implantée.   500 ans avant JC, les Grecs, séduits par la situation  stratégique du lieu et de la richesse de son sol volcanique, fondent un comptoir en bordure de l’Hérault. Ils l’appelleront  ‘’ Agathé  Tyché ‘’ Origine du nom de Agde.

     

     

     

             Revenons à notre fort Brescou !

     

             Jusqu’en 1570, c’était la patrie des pirates et servait de point de repli lors des attaques  en mer et sur terre. Pour attirer les bateaux, ils allumaient des feux dans la Grande Conque (ainsi ils appelaient la passe entre l’île et le littoral.).

     

             En 1586, à l’époque des Guerres  de religions (à noter qu’à Béziers, pas un seul protestant n’a été tué grâce à l’entraide des gens des quartiers) le vicomte  de Joyeuse fit construire un fortin sur cet îlot. Un canon d’une portée de 5km protégeait Agde,  mais ses fortifications ne résistèrent pas à la révolte de Montmorency. Le fort est détruit en 1632. Il sera reconstruit par Vauban.  Le cardinal de Richelieu rêvait d’en faire l’entrée d’un grand port. Les travaux d’une digue furent entrepris par Jean Cavalier. 300 hommes, 40 charrettes seront nécessaires pour porter le basalte,  mais par manque de crédit la construction de la digue fut abandonnée en 1651, après la mort de son ordonnateur Richelieu (1642). La garnison de 40 soldats sera maintenue pour surveiller les navires anglais qui croisent au large. En 1647, les Etats Généraux du Languedoc refusent le chantier. Brescou perd sa domination.

     

             Louis XIV en fera une prison d’état, sorte de Bastille aquatique. Sous la Révolution, on y emprisonnera des suspects.  Les archives conservées à Agde relatent que de 1756 à 1773, 13.OOO prisonniers y furent internés. La prison renfermera beaucoup de personnes non jugées, coupables de libertinage, de tapage nocturne, pour des dettes de jeux, d’ivrognerie, des protestants, mais toujours que des hommes et jamais d’assassins. On déporte ceux qui gênent. Les prisonniers doivent payer leur pension et ceux qui ne peuvent n’ont pas de lit.

     

    Dans cette prison sans fenêtre il ne devait pas y faire bon vivre ! C’était un vrai bagne et à la vue des courants marins, il y a eu peu d’évasions (25 au total grâce à la participation des pêcheurs de Agde).

     

                En 1852, les 40 derniers prisonniers sont transférés en Algérie.  Ils n’en reviendront pas.

     

                Au mois de février de la même année, la prison sera fermée.

     

              

     

                Aujourd’hui, les vacanciers peuvent visiter ce phare sur la Grande Bleue. La visite dure 2 h et permet de découvrir l’histoire originale du fort et la beauté naturelle de la seule île volcanique du Languedoc Roussillon.

     

     

     

                 Une histoire authentique :

     

                  En 1930,  la fédération de pêche d’Aniane envisage le repeuplement en écrevisses de la rivière Verdus qui passe à  St Guilhem le Désert. Une commande est passée à un fournisseur en Turquie. Le conteneur arrive et l’employé municipal jette les crustacés  dans la rivière sans vérifier. Ce ne sont pas des écrevisses mais des crabes de mer. Trop tard ! La récupération est impossible. Plusieurs années après, suite à un contrôle piscicole de la rivière, dans les filets on retrouve en petites quantités des crabes parfaitement acclimatés à l’eau douce. Depuis ces crabes sont protégés. On n’a pas le droit de les pêcher. Mais une grosse partie de cette colonie, entrainée par les crues du Verdus  est arrivée au pied du fort Brescou et revivent dans leur eau d’origine. Seule leur couleur  plus claire les différencie des autres congénères. Elles n’ont pas eu le temps de bronzer !

     

     

     

    JC d’Oc.

     


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