• Les canards de Roquebrun

     

     

       
                         Alors ! Raconte ! N° 19

     


     

     

     

     

                                            Les canards de Roquebrun.

     

     

     

          Roquebrun, petit village de 4000 hectares et de 576 habitants (les roquebrunais) dont l’origine du nom vient de Rochabruna (1036), de Rocabrun (1059) composé de roca= roche et bruna = brune : le roc brun de la couleur des rochers.

     

          C’est le ‘’petit Nice ‘’ de l’Hérault.

     

         

     

           Une tour carolingienne domine le village. Cette tour carrée est le seul vestige d’un château construit par les rois carolingiens pour se protéger des invasions barbares  qui venaient du Sud vers l’an 900. C’est à cette époque que se crée le hameau autour du château par souci de sécurité.

     

           Ce château a appartenu aux vicomtes de Béziers et de Toulouse, les Trencavel  de l’an 1000 jusqu’aux Cathares  1209. Le dernier proprio  Bernard de Roquebrun a été vaincu par Simon de Montfort (croisade des albigeois  12O9). Le château a été démantelé. Il ne reste que la tour, une chapelle, un four banal et quelques  traces de murs d’enceinte comme vestiges. 

     

     

     

             Sur l’Orb, les  moulins à blé et à huile  ne sont que des souvenirs du passé.

     

    Dans la rivière, on pratique encore la pêche à l’épervier. C’est un filet jeté qui capture avec chance quelques truites ou autres poissons de rivières.

     

             La plage de galets ronds est un lieu à accès réglementé  l’été, face au moulin.

     

     

     

             Chaque maison, accrochée à la colline possède un  petit jardin ainsi qu’un poulailler. Cette pratique de l’élevage a débuté en 1920. Ce n’était pas un élevage intensif comme actuellement.  Les volatiles étaient chouchoutés et l’élevage de poules et de canards suffisait aux besoins  de la famille. Chaque maison élevait une vingtaine de canards dans l’enclos. Cà cancanait à des lieues à la ronde.

     

             Les volailles, oies, jars, dindons et canards descendaient tous les matins à la queue leu leu à la même heure les rues du village pour aller barboter dans la rivière. Elles partirent deux et elles furent deux cents en arrivant au  plan d’eau.  Tous les jours, c’était la parade des palmipèdes. Cette procession de volatiles, rythmée par les’’ couac couac’’ pouvait rivaliser avec le carnaval du ‘’grand Nice’’, sans tambour ni trompette mais avec quelques majorettes emplumées.

     

              Sur le plan d’eau, en amont du pont, c’était le concert du bonheur.- bourdonnement des insectes – chant des oiseaux – caquetage des volailles- stridulation des cigales –croassement des corbeaux – roucoulement des pigeons-coassement des grenouilles-clapotis de l’eau ….. Le soir, sans encadrement, les palmipèdes remontaient les rues à la queue leu leu, le jabot bien plein.

     

               Tous les roquebrunais ainsi que les habitants des villages environnants venaient voir ce spectacle jusqu’à la fin octobre.

     

                Les volailles regagnaient leurs poulaillers sans se tromper d’entrée. Mais attention, le chien du maître veillait bien sur le pas de la porte, à ce que les animaux soient bien de chez  lui, car le mélange des migrateurs qui, eux aussi, emportés par l’élan cherchaient un gîte et remontaient pour dormir chez leurs copains.  Sarcelles, cols verts, mulards, siffleurs, oies sauvages s’adaptaient à l’environnement grâce au climat et à la nourriture abondante de la rivière.

     

                 Les oies, hautaines, dans leur plumage blanc ne se mélangeaient pas avec les canards.

     

     

     

                 La procession dura de 1919 à 1939, c'est-à-dire  jusqu’au début de la guerre.  Les pauvres volailles finirent dans la casserole avec toute la reconnaissance des Roquebrunais.

     

     

     

                  Que dire de plus de cet agréable village ;

     

    :             Grâce  à  son microclimat ‘’ le raisin mûrit même la nuit’’. Il ne gèle jamais. Les orangers, les citronniers et les mimosas y poussent à profusion.

     

                   Dans le jardin méditerranéen poussent de nombreuses plantes exotiques et surtout de nos sols. Cistes cotonneux, ladanifères, de Montpellier – Sénés de Provence - Citronniers et autres agrumes –300 variétés de figues du Mexique – collection de cactées- 30  mimosas différents. Soit un total de 4000 plantes. Dommage, un prix d’entrée trop élevé pour un site de moins en moins bien  entretenu.

     

                   Deux fêtes dans l’année – celle du mimosa en février et le festival du vin  en automne.  Le président de la coopé  Jean Baptiste Dumora anime les flonflons du bal avec son accordéon.

     

                   Les maisons se découvrent pas à pas (porches, ruelles en calade et en escaliers, frontons de porte millésimés). C’est un village de caractère.

     

     

     

                   Encore une anecdote :

     

                                                     Lors de l’inauguration du pont en 1870, les ouvriers et les villageois ont dansé 4 jours et 4 nuits pour fêter sa construction car à cette époque pour traverser la rivière, il fallait faire appel au passeur qui d'une rive à l'autre tirait une corde située près du moulin.

     

    De nos jours, on s’y amuse avec la ‘’ danse des canards’’, tous les 14 juillet.

     

    Nb :Il reste encore quelques volatiles dans les poulaillers, mais certains que mon éducation m’empêche de nommer vont voir leur poule dans ce village ! Hugg !

     


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