• Les cloches d’Hérépian

     

     

     

     

      
     

     

      
     

     

                                                                                                                                                      Alors ! Raconte ! N° 83                                      

     

                                                     Les cloches d’Hérépian.

     

            Ce petit village de 1480 habitants, situé sur l’axe des grandes migrations de Bédarieux vers Lamalou les Bains est notablement renommé non pour les pots d’échappement des motos des Brescados qui ont animé en août les rues mais aussi pour sa fonderie de cloches qui aujourd’hui n’existe plus mais dont le souvenir demeure dans son musée décentralisé à Magalas. Situé dans les Hauts Cantons de l’Hérault, à la croisée des chemins sur l’axe de la vallée de la Mare et celui de l’Orb, ce village a vu passer les transports de minerais argentifères provenant des communes voisines dont celle de Villemagne l’Argentière. L’art campanaire a reçu son droit de noblesse  dans sa fonderie de cloches qui se situe Avenue de la Gare à Hérépian.

     

            Crée au 16ième siècle vers 1580 par Guilhaume Granier dans le petit hameau  Des Nières  elle fabriquait des grelots pour les chiens de chasse puis elle se diversifia en s’imposant en France dans la fonderie des cloches d’église et des sonnailles pour les bergers. C’est aux alentours du village de Saint Gervais sur Mare que G. Granier trouva les matériaux nécessaires pour la fabrication des moules ; notamment le charbon, l’argile et le sable. Dans les années 1970, lorsque les difficultés  apparaissent, fermeture de la voie du chemin de fer ainsi que celle des mines de charbon, la famille Granier est obligée de s’installer à Hérépian. Le fondeur(ou saintier) fabrique des cloches, des clochettes et des grelots appelés clarines et les sonnailles qui sont des clochettes pour les animaux, et particulièrement pour les cocus (Si tous les cocus avaient des clochettes –Des clochettes en dessus –Au dessus de la tête –Ca ferait tant de chahut- Qu’on ne s’entendrait plus). Vous pouvez mettre en dessous des clochettes qui vous voudrez!

     

             Mais comment fabrique-t-on les cloches. Il faut un châssis avec son couvercle percé de 4 trous, du sable de fonderie, le moule en argile, le noyau que l’on positionnera à l’intérieur du moule et bien sûr du bronze en fusion.

     

              Dans un châssis en aluminium on installe en son centre le moule en argile. On place le noyau dans le moule. On bourre de sable de fonderie le tout puis on le vibre. C’est l’espace qui se situe entre le sable du noyau et l’argile du moule qui donnera l'épaisseur de la cloche. On grave dans le moule le nom de la cloche ainsi que l'année de sa création. On coule un mélange en fusion composé  de 78% de cuivre et 22% d’étain par les quatre trous du couvercle du châssis. Moment intense et fabuleux. L’appareil refroidi on démoule l'enrobage de sable puis on passe la cloche sur un tour pour enlever les imperfections,  pour la polir et la lustrer.

     

               Il ne faut pas oublier que le corps de la cloche est un instrument de musique ce qui donne la fondamentale, la pièce, la quinte, l’octave du bas et l’octave du haut. Quand on la frappe, le haut donne un son plus aigu et la base un son plus grave.

     

               Toutes les cloches possèdent leur point de frappe. C’est la partie plus épaisse située sur la lèvre de la cloche (à la base du cône). Le centre de l’instrument s’appelle la robe, le bas de la robe la panse inférieure, le haut le cerveau et les anses permettent de la pendre au joug.

     

                Lorsque l’on accrochera le battant sur la cloche, il faudra qu’il tape le point de frappe sur la lèvre, condition d’une résonnance accrue. Ce jour là, le fondeur doit embrasser la cloche sur la lèvre et sa marraine (où vous le pensez) qui a été désignée bien avant la fonte. La coche doit comporter la date de sa coulée ainsi que le nom de son commanditaire. Le prix d'une cloche est très élevé - environ 75.000 euros pour un poids de 100kg.

     

                  Parlons cloche !   Mais  quelle est l'origine du mot cloche?

                  Les sacristains soucieux des pauvres gens qui erraient dans les rues des grandes villes allaient chercher des .......  " clochards"....... pour tirer les cloches.

     

               Les rapatriés d'Algérie ont ramené en France plus de 1000 cloches.

     

               C’est en 1989 que le dernier de la famille Jean François  GRANIER a cessé son activité laissant l’emplacement à la Direction des Musées de France. Malheureusement, ce musée, faute de moyens a cessé de fonctionner, mais on peut encore visiter un autre musée campanaire à Magalas, coopération des villages environnants pour ne pas laisser disparaitre ce beau patrimoine.

     

                C’est Jean François GRANIER qui a fondu le  bourdon de la Cathédrale Saint Nazaire de Béziers. Le poids de ce bourdon est de 4 tonnes.

     

               Mais les cloches en chocolat que l’on offre aux enfants le jour de Pâques nous rappellent les bons souvenirs de notre jeunesse, pour moi ce sont les cloches de l’église de Cébazan qui ont marqué mon empreinte religieuse. En effet, comme beaucoup de gamins, nos parents nous imposaient l’instruction religieuse et nous mettions toute notre conviction pour apporter au curé toute l’aide qu’il nous demandait. Et je fus désigné pour tirer la grosse  cloche le dimanche. Accroché à la corde pendante au fond de la nef de l’église, je sonnais les trois coups (ainsi appelions-nous les trois séquences hautement musicales de cinq minutes) – le premier avec un coup de battant à la fin, le second avec deux coups à la fin et le dernier avec ses trois coups à la fin – puis la messe débutait dans les cinq minutes suivantes sauf pour les retardataires. Au moment de ‘’l’élévation’’, je tirais  encore une salve sur le village. Ainsi, tous les dimanches, je berçais le village de mes talents musicaux. Puis un beau jour, j’en ai eu assez de supporter la renommée d’être ‘’lou campanier du village’’ (la carillonneur tireur de cordes), j’en avisais aussitôt le curé qui me tira les cloches pour me congédier.

     

    JCd'Oc 11/2011

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :