• Les "Immortels" du Grand Béziers

     

     
     

     Les "Immortels" du Grand Béziers


     

                                               

    Alors! Raconte! N°184 

                                      Les "Immortels" du Grand Béziers

        Notre Biterrois est une source d'académiciens au nombre de sept membres, ils ont eu le privilège d'occuper un siège de l'Académie Française. Chacun d'entre eux a porté l'habit vert à partir de 1801 qui caractérise tous les membres de l'Institut de France. Cet habit est en tissus noir brodé de rameaux d'oliviers verts et or d'où son nom d'habit vert.

       C'est en 1635 que le cardinal de Richelieu fonde l'Académie française qui a pour mission de donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure et éloquente. Elle  est capable de traiter les arts et les sciences.

       Sept membres de l'Académie Française ont donc occupé un fauteuil :

     

     Les "Immortels" du Grand BéziersJacques ESPRIT  est né à Béziers en octobre 1611. Il fait ses études chez les Jésuites  et sera appelé "L'Abbé Esprit" mais ne sera jamais ordonné prêtre. Il  a  très peu écrit, deux livres dont "Maximes" et  "La fausseté des vertus humaines" mais il fut choisi à l'Académie en 1639 ( peu de temps après sa fondation) parce qu'il fut surtout le collaborateur de La Rochefoucauld et de la Marquise de Sablé. Cet Esprit du Biterrois a-t-il favorisé l'éclosion du talent des autres futurs "immortels" de notre Région ?

     Les "Immortels" du Grand BéziersJean-Jacques DORTOUS de Mairan est né à Maureilhan en 1678. Orphelin de son père à quatre ans puis sans être riche, il étudie à Toulouse et monte à Paris en 1690. C'est un passionné de sciences et de mathématiques. Il fréquente le milieu mondain. Son domaine la Trésorière à Maureilhan, propriété qui se trouve au " puits de Mairan" est géré par son ami Bouillé qui lui fait parvenir les revenus. Très attaché à sa terre, il portera désormais le nom de Dortous de Mairan. En 1703, il revient à Béziers. L'évêque de Béziers l'invite tous les jours à sa table pour son éloquence et son savoir. Encouragé il écrit ses premiers ouvrages de sciences et décide avec Antoine Portalon de créer une société savante -l'Académie de Béziers- dont il sera son porte-parole. La lettre de patente adressée au Cardinal de Fleury pour la reconnaissance de cette académie de Belles Lettres est refusée par le roi Louis XV prétextant qu'il ne pouvait y avoir deux académies royales dans la même province, celles de Béziers et celle de Montpellier. Le projet revient en 1765 et avec l'aide de son protecteur l'évêque de Béziers, la lettre de patente est donnée et l'académie de Béziers devient royale. Dortous de Mairan, par ses recherches en mathématiques, astrologiques et sur la lumière remporte pour la troisième fois le Prix de Physique proposé par l'Académie royale des Belles Lettres, sciences et Arts. Premiers pas vers l'Académie des sciences dont il devient membre en tant qu'associé géomètre en 1718. C'est en 1743 qu'il deviendra secrétaire perpétuel de l'Académie Française, charge qu'il quittera trois ans plus tard. Cet astronome, géomètre, physicien, cet ami de Voltaire mourut d'un rhume à l'âge de 92 ans. Il prit froid en rentrant chez lui pour ne plus en sortir.

     Les "Immortels" du Grand BéziersPierre FLOURENS est né à Maureilhan  dans le Château de le Trésorière en 1794. (Véritable pépinière de gens de Lettres).  L'instruction publique était en cette période post révolutionnaire à ses débuts. Il fut éduqué par un prêtre puis il entra en faculté de médecine à Montpellier. Sa thèse obtenue en 1813 à 19 ans il part à Paris suivre des cours du Muséum d'histoire  naturelle sur le corps humain donné par Cuvier. Il étudia le fonctionnement du cerveau, des nerfs et des organes des sens. Il écrivit un mémoire de ses observations physiologiques   qui fut présenté en 1823 à l'Académie Royale des Sciences. Professeur d'anatomie comparée au Muséum d'histoire naturelle, il succède à Cuvier à la chaire d'Histoire naturelle du Collège de France (1832) et devient secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences à la demande de Cuvier mourant.

        Il se présente à l'Académie française en même temps que Victor Hugo ; il y est élu en 1840 et meurt à Montgeron en 1867.

     Les "Immortels" du Grand BéziersGeorges IZARD est né en 1903 à Abeilhan. Son père fut instituteur à l'école d'Abeilhan puis à Béziers. Georges est marqué de sa foi catholique par sa mère malgré un père protestant. Après son bac qu'il obtient en 1921 il monte à Paris et fait ses études de droit à la Sorbonne. Sa licence en droit obtenue le voici donc avocat au barreau. Il se marie avec la fille de l'ancien ministre de la Marine marchande Charles Daniellou et le voilà propulsé dans la politique. Il devient chef de cabinet de son beau père Il  fonde la revue "Esprit" en 1932 que beaucoup jugent anticonformiste. Il bascule vers le socialisme et est investi par le parti frontiste  en 1936 député de Meurthe et Moselle. Il fut un grand résistant pendant la guerre 39/45. Fait prisonnier, il est libéré pour raison de santé. De retour au barreau, il défendit une affaire retentissante, celle de Kravtchenko contre les Lettres françaises. Il défendit les intérêts liés à la décolonisation de la Tunisie et du Maroc.

       Il entra à l'Académie française en février 1971 et mourut en 1973. Maurice Druon prononça l'éloge funèbre en présence de Jacques Chaban-Delmas, François Mitterrand et Edgar Faure.

     Les "Immortels" du Grand BéziersPaul PELISSON est né à Béziers en 1624. Il prodigua ses conseils au roi Louis XIV puis devint son historiographe. Trop fidèle à son ami le surintendant Fouquet que le roi venait de disgracier et mis en prison à vie pour s'être trop enrichi à ses dépends, Paul Pellisson fut embastillé en 1661 pendant quatre ans. Un peu loufoque, il s'amusait en prison à dresser en musique une araignée. Présenté aux membres de l'Académie Française il écrivit   " Histoire de l'Académie jusqu'en 1652". Voltaire disait de lui qu'il était un poète médiocre mais très savant et très éloquent. Ce fut un opportuniste et un arriviste. Il mourut à Paris en février 1693.

     Les "Immortels" du Grand BéziersJean-Pons-Guillaume VIENNET est né à Béziers en 1777. Il fut au cours de sa vie officier, homme politique, écrivain  et  grand maître dans la franc-maçonnerie. Il grandit dans un milieu favorable, son père fut député de l'Hérault. A 19 ans il entre dans la marine et lors d'un combat livré aux Anglais ( nos amis de toujours) l'Hercule, navire sur lequel il est embarqué est pris . Il est fait prisonnier puis libéré lors d'un échange. Il reprend du service dans l'artillerie de marine. Il n'a pas aimé Bonaparte, 1er consul puis empereur, ce qui nuit à sa carrière militaire. Lors de la campagne de Saxe, il reçoit une balle en pleine poitrine juste sur le calepin qu'il portait sous son uniforme. Ce calepin sur lequel il écrivait sa tragédie "Clovis" lui sauve la vie. La roue du temps tourne, Louis XVIII arrive et un an après Napoléon revient. Le royaliste Viennet, mécontent du retour de Napoléon se met à écrire dans un journal hostile " Le Journal de Paris". C'est Waterloo, les Bourbons reviennent et lui, marié à une riche veuve, vit largement de ses actions dans les mines de l'Hérault. Révoqué de l'armée, il se présente aux élections  en 1828 et il est élu député de l'Hérault 346 voix pour sur 551 votants. Il est vrai que seuls, les plus riches peuvent voter. La monarchie de juillet 1830 amène Louis Philippe. Viennet est aux anges et accompagne Louis Philippe lieutenant général du royaume vers l'Hôtel de Ville de Paris. Le Roi des Français n'oubliera pas Viennet de l'avoir aidé en le faisant réélire député une seconde fois. Battu aux élections de 1837, le roi le fait entrer chez les pairs du Suprême Conseil du rite écossais. Il sera Souverain Grand Commandeur de ce Conseil jusqu'en 1862. Il fut par la suite  appelé par la franc-maçonnerie du Grand Orient. Entré dans la Maison de Molière le 5 mai 1831, il meurt en 1868 à plus de 90 ans. La mairie de Béziers à fait apposer sur la façade de sa maison natale, une plaque de marbre sur laquelle on peut lire" Ici  naquit J.P-Guillaume Viennet 1777-1868. Député de Béziers et protecteur de la Société archéologique. Membre de l'Académie Française. Pair de France et Exécuteur testamentaire du Roi Louis Philippe".

     Les "Immortels" du Grand BéziersEdgar FAURE est né à Béziers en 1908. Son père médecin militaire  jusqu'en 1920, impose à sa famille de nombreux déménagements.  Très doué , il montra des facilités pour les études au collège de Narbonne, au lycée d' Orléans puis Voltaire à Paris où son père voulait qu'il suive une filière scientifique  mais il affectionnait particulièrement les matières littéraires. A 15 ans et demi bac en poche, il s'inscrit en Faculté de droit et en Sorbonne pour des études de lettres. A 19 ans, il passe brillamment une licence de droit tout en suivant des cours de russe. C'est le plus jeune avocat de son temps. Intéressé par la politique il adhère au Parti Radical Socialiste. A Clermont Ferrand, en 1941, il plaide en faveur de Pierre Mendès France alors incarcéré par le régime de Vichy. Ce juriste ne pouvait pas rester longtemps loin du pouvoir et des honneurs. En 1946, il devient député et se révèle rapidement un ardent défenseur de la Franche Comté, région qui m'est très chère. Il collectionne les mandats; député du Jura jusqu'en 1958, maire de Port-Lesney en 1947, président du Conseil général du Jura e 1949, sénateur du Doubs en 1959. Elu "Premier Fumeur de Pipe " de Saint Claude. Les couloirs du Palais Bourbon lui sont familiers. Il sera ministre du Budget en 1950, président du Conseil en 1952, ministre des Finances puis de la Justice, aux Affaires étrangères dans le cabinet de Mendès France,  à l'Agriculture en 1966, à l'Education nationale en mai 1968 pendant les manifs!, président de l'Assemblée nationale " au perchoir" de 1973 à 1978. Il aura siégé plus de six ans dans sept gouvernements et en a présidé deux sous Vincent Auriol et René Coty. Il a été ministre sous le général De Gaulle et René Coty .

         Après plus de quarante ans de vie politique, en 1980 Edgar Faure a fait entrer la gauche à l'Académie Française. Il est plus connu pour sa brillante carrière politique que pour son œuvre d'écrivain. Il n'en est pas moins auteur d'ouvrages d'histoire, de droit, mais aussi de romans policiers et ...  de chansons *.

    * six chansons  dont "La longue attente "interprétée par Serge Reggiani.

    JCdoc 03/2017

     

     


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