• Les pététas de Murviel les Béziers

     

     

        
     Alors ! Raconte ! N° 41. 

     

                                 

     

                                          Les pététas de Murviel les Béziers.

     

     

     

                 Tout le monde connaît ce superbe village en circulade autour d’un château-église. Tous les ans du 15 juillet au 15 août, de mystérieuses figurines reviennent hanter les rues du village. Quez Aquo !  Depuis 1997, un groupe de Murvielloises confectionnent des poupées de chiffons et de paille. Cette coutume a été importée lors d’un voyage au Mexique où ces poupées immortalisent l’idée  et l’image  des habitants du village. L’idée a fait son chemin dans la tête de Monique Marc et de Monique Alfaret qui sont des costumières chevronnées.

     

                  Vite, on répare les vieux pantalons déchirés et les vieilles robes de grand-mères. On les bourre de chiffons et de paille et de cet élan spontané naîtront les célèbres  ‘’pététas’’. D’autres personnes sachant dessiner vont copier de très anciens modèles d’habits sur des cartes postales et ces tenues très ciblées vont faire revivre d’anciens personnages. Les visages sont peints à la main et recherchent la physionomie humaine de gens qui ont existé. C’est la mémoire créative des murvielloises qui s’affiche à tous les coins de rues. Ces poupées ne sont pas des marionnettes et ne sont pas à vendre. Des moissonneurs aux vendangeurs, du pharmacien au garçon de café, ce peuple artificiel des pététas fait revivre les métiers et les scènes du passé. Des scénettes composées relatent l’harmonie du travail des vignes, vie calme mais très dure. On découvre le ‘’poudaïre (tailleur de souches), la châtelaine et le pissadou (sans commentaire). La vie sociale de Murviel, très vive mais aussi très insolite sur les trottoirs (sans commentaire péjoratif) accueille les  passants.

     

                                         ‘’Ici, le passé est présent sur les trottoirs’’

     

                  Les voitures s’arrêtent et les passagers admirent, ce peuple inerte, ces 150 mannequins soit isolés, soit en groupes.

     

                  La première pététas mise en place est la dame ‘’pipi’’ devant les toilettes du village. Vandalisée, refaite plusieurs fois, il fallait la rentrer tous les soirs. Elle a subi plusieurs fois la décapitation et même a été immolée par la bêtise sans limite des voyous du quartier. Jusqu’à présent, les bonnes mœurs sont respectées. Il n’y a pas de pététas brésiliennes.

     

                  Maintenant, les gens préfèrent montrer les poupées derrière les vitres ou sur les balcons de leurs maisons de peur de se les faire voler ou brûler. Il faut noter qu’en Equateur, on brûle las pététas le 31 décembre  (ça porte bonheur !).

     

                  Mais, que représentent nos superbes pététes :

     

                  ‘’Un mariage qui sort de la mairie, une communiante toute habillée de blanc devant l’église, un berger, un rempailleur de chaise, des vignerons, Louise la ‘’gabellaïre’’(qui fait des fagots), le dentiste, Louis le pêcheur, le moissonneur, Gaston le grognon sur lequel les chiens pissent dessus, Madeleine, les bigotes, les écoliers avec leurs bonnets d’âne, Raphael le garde chasse, la nourrice aux gros seins, le facteur qui parfume le courrier des plus belles femmes du village, la couturière, le cordonnier, Arlette la pin’up qui fait rêver les maris’’ et bien d’autres…’’.

     

                           A Murviel, on conjugue au présent le passé du village.

     

                   Merci à nos deux Monique qui sans elles nos souvenirs d’enfants n’auraient pas été ravivés.

     

                    Retrouvez cet été  ces poupées de chiffon mais surtout, ne leur demandez pas votre route.

     

    JC d’OC

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :