• Pépézuc – pont vieux- anciennes arènes

     

     

        
     Alors ! Raconte ! N° 43- Béziers 2   

     

    Pépézuc – pont vieux- anciennes arènes.

     

          Béziers au temps des Romains.

     

     

     

                  C’est bien avant la conquête de la Gaule par Jules César que Béziers a eu à faire avec les Romains. En effet, en -120, Rome avait lancé ses légions en Provence et avait pris le Biterrois celtibère avec à sa tête Barbe d’Airain. L’intérêt principal était le marché que représentait la production volque (vins, vaisselle, esclaves et métaux) des villes de Béziers et Narbonne situées le long du chemin d’Héraclès. Puis stratégiquement, c’était le chemin vers l’Espagne, leur vue vers Toulouse et les mines de fer des Pyrénées.

     

                  Barbe d’Airain taille en pièces les troupes volques à Causses et Veyran. Narbonne se rend et en -118, les Latins s’installent dans la Narbonnaise avec comme chef-lieu Narbonne. Ils rasent gratis et reconstruisent la ville à la méthode romaine. La ville de Narbonne devient un important centre d’affaires, un port sur la Méditerranée, une ville de garnison et une étape vers l’Espagne. Béziers est perdante dans cette affaire, mais placée sur la voie Domitienne, elle peut exporter son vin, ses métaux des Hauts Cantons vers Rome. La paix romaine n’est pas encore à son apogée. Les révoltes des Volques grondent toujours car les Romains confisquent de plus en plus de terres.

     

                   Lorsque Jules César  bat Vercingétorix à Alésia en -52, le Biterrois est déjà romanisé. En 46 av.J-C, la colonisation faite par Fontéius conduisant la VIIème Légion donne comme nom de Colonie Septimanorum (Origine de Septimanie). En -35, Béziers devient romaine avec ses habitants de plein droit. La ville se nomme Baeterre. Jusqu’en l’an 300, la cité s’organise en ville romaine tandis que la campagne se peuple d’exploitations agricoles appelées ‘’ villae’’ (environ 500 dans l’arrondissement de Boeterre). Les Romains partagent les terres en carrés de 705 m de coté. On y cultive déjà la vigne, l’olivier, le figuier et le blé. Le commerce est florissant. Sur les marchés on y trouve du vin, des grains, de l’huile, des peaux, des céramiques et autres. A Corneilhan, Servian et Laurens on y fabrique des amphores en argile pour le commerce du vin qui s’exporte dans toute la Méditerranée. On y fait aussi des tuiles, des briques et des carrelages. (Voir la villa gallo-romaine de Loupian).

     

                    Pour passer l’Orb, il fallait un pont. Le pont vieux contrairement à ce que l’on pense n’est pas romain. Il daterait du XIème siècle. Mais la découverte de structures de base de piliers montre qu’au 1er siècle il y avait bien un pont en aval du pont vieux d’une largeur de 3.4Om. La ville comporte deux axes de passage. L’un Est-Ouest le decumanus, l’autre Sud-Nord le cardo le tout situé dans le vieux Béziers actuel entre st Nazaire et les Allées.

     

                    Au centre  les Romains ont construit le Temple impérial, le Forum et les Thermes. Une statue, Place Pépézuc, personnage emblématique de la ville romaine représente le divin empereur des Gaules Tétricus. Ce personnage au torse très musclé, à la toge rabattue sur la jambe gauche a la particularité de n’avoir qu’un pied, pas de bras et pas de tête. Durant deux siècles, on vissa la tête du nouvel empereur arrivant sur ce buste. Enfin, soit, toujours est-il que ce céphalophore était bien au centre du domaine des Dieux, l’endroit où se trouvait le Temple près du Forum. Et ce Dieu est aussi connu que Bacchus le Dieu du Vin. Bien sûr, l’empereur romain ne s’appelait pas Pépézuc. Ce nom vient du biterrois Montpezuc qui défendit la ville en 1355 contre les Anglais nos amis de toujours. Bien d’autres vestiges sont passés dans des collections privées (l’Apollon, la tête colossale de Jupiter et les neuf têtes de la rue Paul Riquet).

     

                      Le forum, espace de 130m de long et 8Om de large se situait à l’emplacement de la Place G. Péri actuelle. On y a trouvé des fûts de colonnes et des chapiteaux à l’image du forum de Pompéi ainsi qu’une inscription au 28 Rue du Quatre Septembre signalant l’emplacement d’une boucherie.

     

                      Les Thermes étaient situés  avenue Alphonse Mas où les fouilles ont permis de découvrir des demi-colonnes, un demi –siège balnéaire, tout ce qui fait penser aux fonctions d’hygiène, à tout ce que les Romains raffolaient  pour leurs plaisirs (lupanars, saunas).

     

                      On ne peut pas occulter l’amphithéâtre romain de Béziers, le seul monument conservé et malheureusement en piteux état. Cet édifice que l’on nomme aussi ‘’arènes’’* ou ‘’cirque’’ se situe au bout de la rue Canterelles, sur la droite. Dimensions : 165m ellipse extérieure et 75m ellipse intérieure. Construites par Titus vers 80 ap J.C, elles pouvaient recevoir 13710 spectateurs. Alimentées par l’aqueduc de Gabian (dont il reste des traces en sous-sol – rue Française et rue du Touat), l’empereur y organisait des joutes nautiques. Transformées en carrière de pierre, elles servirent à la construction de l’église de la Madeleine.

     

    * le mot arène vient du latin arena, qui signifie sable: la piste centrale de l'amphithéatre étant recouverte de sable destiné à absorber le sang des victimes.

     

                        En 276, les Germains envahissent la Gaule. Pour se parer des barbares, Béziers construit 1750m de remparts de 6 à 7m d’épaisseur qui clôturent 19 hectares. Trois portes permettent l’accès à la ville. Mais les remparts n’englobent pas la cathédrale St Nazaire ni les arènes de St Jacques. Les invasions se calment. La ‘’Pax romana’’ rend la ville heureuse en attendant l’invasion des wisigoths (enfin des barbares civilisés !)      Et là débute un autre chapitre.

     


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