• Saint Guilhem le Désert

     

     

    Alors ! Raconte ! N° 24

     

     

     

                                    

     

                                         Saint Guilhem le Désert    (5 parties)

     

                               1-Guilhem  2-Pont du Diable  3- L’environnement

     

                                                4- La Clamouse   5- Les Crabes

     

     

     

    1-Guilhem

     

     

     

            Guilhem, homme de Dieu, de guerre, de légende, est l’arrière petit neveu de Pépin le Bref et petit neveu de Charles Martel.  Né en 742, fils de Aude de France,  son avenir par sang royal lui était assuré dès sa naissance. D’autant plus, il  est le cousin germain de Charlemagne. Charles Martel le prendra sous sa protection jusqu’à sa mort.

     

            Les invasions des  Sarrasins  venus d’Espagne et des Lombards d’Italie lui permettent de remporter les victoires de Nîmes, Orange et Narbonne. Il est chargé de la défense de la Gothie qui était la Septimanie Romaine qui englobait les Pyrénées Orientales, l'Aude, l'Hérault et le Gard. Nous sommes donc, par naissance des arrières…. arr…  petits Goths.

     

             La Septimanie libérée est relativement calme. Mais notre guerrier est de la braise sous cendres. Charlemagne lui décerne  les titres de Comte de Toulouse, duc de Septimanie et il prend le nom de Guillaume d’Orange.

     

            En revenant de la bataille sur la rivière de l’Orbieux  (rivière qui passe près de l’abbaye de Lagrasse  dans l’Aude), Guillaume d’Orange, après avoir subi de grosses pertes face aux sarrasins qui s'enfuirent précipitamment après le combat, décide de s’arrêter à l’abbaye  bénédictine d’Aniane, fondée en 582 par Witiza  alias St Benoit. Son oncle Charlemagne l’y invite pour se reposer de l’usure de ses combats et pour y faire une  sainte retraite.

     

             Quelques mots sur Charles le Grand (2m) dit Charlemagne. – Empereur d’Occident de 800 à 814. Il hérite en 771 de l’Etat Franc dont la Septimanie – 8 enfants avec sa troisième épouse – 9 femmes et une armée de mouflets . Quel bel homme cet empereur à la barbe fleurie ! Il était le fils de Pépin le Bref qui, contrairement  était remarqué pour sa petite taille.

     

             Guillaume d’Orange était marié à Orable, une très belle sarrasine musulmane. Dès qu'il apprend la mort de sa femme, de douleur, il se réfugie dans la solitude des gorges de la rivière Verdus qui coule dans le vallon de Gellone. Sous les conseils de son ami d'enfance Benoit de l'abbaye d'Aniane, le tumultueux Guillaume d'Orange fonde en 804 un hameau monastique dans un site désert du vallon de Gellone (absence d’homme – paysage dur à vivre). La règle de vie de St Benoit est très austère ''solitude , humilité, charité pour les pauvres, règle absolue ‘’Pax à Pax- Regula Malacorum’’ avec une vie communautaire sous la direction d’un père spirituel l'abbé désigné par les moines. Charlemagne, de retour de croisade au Saint Sépulcre, fait don à Guillaume d’Orange de la relique de la Croix de Jésus qui la dépose dans l’église de l’abbaye.

     

               Pendant un an, Guillaume (en languedocien Guilhem) s’occupe à améliorer le monastère avec ses deniers personnels. Il crée des jardins et une route, il amène l’eau du Verdus dans le couvent. Il abandonne totalement le monde après avoir fait ses adieux à l’empereur son oncle. Ce héros se retire dans sa cellule et terminera sa vie le 28 mai 812 à l’âge de 70 ans, dans le jeûne et la prière persuadé que la mort est une récompense divine bien méritée à ceux qui consacrent leur vie à Dieu.

     

                Les troubadours colporteront par la chanson de gestes puis par la littérature médiévale, les exploits de Guilhem face aux Sarrasins, sa retraite et sa mort en prières. (visibles sur des parchemins enluminés –trésors de la littérature de l’époque moyenâgeuse).

     

                Après la mort de Guilhem, le monastère de Gellone devient un lieu de pèlerinage important. Guillaume d'Orange sera canonisé en 1066. La relique de la Croix et le tombeau de Saint Guilhem attirent de nombreux pèlerins. D’autre part, Gellone est sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Plus de 300 moines y feront retraite.  Le village de Gellone  est alors baptisé St Guilhem le Désert.

     

                 Au 12ème siècle, les cathares repentis y feront des pèlerinages confirmant ainsi les temps forts d'une spiritualité qui traverse tous les siècles.

     

     

     

                  De nos jours, en 1990, le village est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. C’est le bout du Monde. Le village possède 11 fontaines qui apportent fraicheur. Sur la place de la Liberté, où l’on vous fait payer les glaçons et les rondelles de citron, trône un platane de 160 ans ainsi que la fontaine de Marianne 4 bouches -4 faces – 4 sources du Bout du Monde.

     

                  De l’église abbatiale fondée en 804 par Benoit d’Aniane, il ne reste que l’église reconstruite du 11ème siècle. C’est du pur roman méridional. La nef en berceau est disproportionnée par rapport à l’ensemble des pièces rapportées. Dans les cavités creusées dans le mur sont exposés la châsse de St Guilhem contenant ses ossements et à droite le morceau de la Sainte Croix. Sous le sanctuaire, la crypte abritait primitivement le tombeau.

     

                    Du cloître, fin du 12ème, il ne reste que la partie nord et ouest du rez de chaussée. La plus belle partie a été achetée par le vandale Georges Gray Barnard (collectionneur américain) en 1906 qui, malgré l’opposition de l’Etat est arrivé à ses fins de dilapideur. Démonté et reconstitué pièce par pièce, le cloître est exposé dans le musée des Clusters (Cloitres)  à New York après avoir été racheté en 1925 par Rockefeller  600.000 dollars. Les yankies qui n’ont pas d’histoire la prennent chez les autres à renfort de dollars.

     

     

     

     

     

    2-Le pont du Diable.

     

     

     

                      Les moines et les thomeyrons (habitants de St Guilhem) en avaient assez de faire le détour par les hauteurs car la gorge de l’Hérault les empêchait de passer pour aller faire leur marché. De plus les nombreuses crues emportaient fréquemment les ponts de bois comme des fétus de paille Les gens du village étaient pauvres et ne pouvaient financer l’ouvrage. En 1036, les deux abbaye ont financé la construction en pierre du pont du Diable.  Le travail était dur.  C’est alors qu’un ouvrier dit tout haut ‘’ Je donnerai mon âme si ce pont était construit en 24 h ‘’ Le Diable passant par là entendit ses paroles et lui dit ‘’ Je vais t’aider mais je prendrai l’âme de la première personne qui passera sur le pont ‘’. Bonne affaire dit l’ouvrier, je pousserai ma belle mère sur le pont le jour de son inauguration.

     

                       Le jour venu………………….c’est un chat noir qui passa le premier.

     

                       Le Diable, trompé, dans une colère folle se jeta dans les tourbillons du fleuve Hérault. Il tourne encore  et les nuits sans lune, il hante les piliers du pont. C'est pour cette raison aussi que les passants  jettent des pierres du haut du pont pour que le diable reste dans les tourbillons du fleuve.

     

     

     

    3- L’environnement

     

                        Dans le site de l’Infranet où nous montons vers les ‘’fenestrelles’’ lors de nos randos pousse une forêt de 2000 ha de pins Laricio de Salzmann et des taillis de chênes verts. Les pins Laricio, on ne les trouve nullement ailleurs en Languedoc mais seulement en Corse. Cette forêt a près de 15 km de long et a brûlé en 1984. On y trouve des chênes truffiers, de la vigne et des oliviers.

     

                        La fabrique des pipes en buis et des boules de pétanque  font aussi, après le tourisme, la richesse de St Guilhem.

     

                        Le pays regorge d’eau  en souterrain. On pompe en surabondance dans la gorge de l’Hérault – 56 km d’un système d’adduction d’eau potable – 6 tunnels de 470 m alimentent 46 km de tuyaux pour irriguer 3000 ha de vergers  de la basse vallée.

     

                        Au dessus de St Guilhem, une tour rectangulaire dite ‘’Le Cabinet du Géant’’. Cette tour a été construite sur des vestiges d’un village gaulois.

     

                        Une autre tour carrée est appelée ‘’ Tour des Prisons’’.

     

     

     

    4- La grotte de la Clamouse

     

                         Sur un parcours de 900 m ouvert au public, vous pourrez admirer des aragonites, des concrétions magnifiques dans des salles de plus de 50m de hauteur, pouvant abriter l’Arc de Triomphe. C’est la 3ème grotte de France. Grotte humide dont l’eau vient des Causses du Larzac 660 m plus haut. Son débit (10 m/s)se jette dans l’Hérault quelques mètres plus bas.

     

                          En février 2000, Michel Siffre s’est isolé pour connaître la réaction hors du temps de l’organisme au vieillissement, puis, la même année, il passe Noël sans rien voir. Dans  le noir pendant 3 mois, il teste la perte de la notion du temps.

     

                          Le mot Clamouse vient de clameur, pleurs exactement ‘’pleureuse’’.

     

                          La légende veut qu’un jeune berger, pour tuer le temps en gardant ses moutons, taillait des petits bouts de bois qu’il jetait ensuite dans un aven. Un jour, sa mère qui rinçait son linge en contrebas dans l’eau de la rivière les  vit et les récupéra. Puis, ce fut un agneau qui tomba dans le trou. L’animal ressortit par la résurgence. Ce qui devait  arriver, le  gamin tomba et ressortit  noyé sous les yeux de sa mère qui pleura à chaudes larmes sa disparition. Depuis, l’écho de ses pleurs est repris par la source  qui sort du rocher.

     

     

     

    5- Histoire des crabes de Saint Guilhem.

     

                                     En 1930, la fédération de pêche d’Aniane s’aperçut du dépeuplement des écrevisses dans le Verdus. Ces crustacés étant décimés par la peste. Vite, il fallait repeupler. Ils s’adressèrent à un éleveur en Turquie. La livraison fut faite et un employé de la mairie vida le contenu en amont du pont du Diable.  Quelques mois plus tard, après un contrôle, point d’écrevisse ! mais des crustacés  d’un autre genre  proliféraient dans le Verdus. Dans les filets on retrouva  de gros crabes qui se sont parfaitement acclimatés à l’eau douce.

     

    Ces crabes sont maintenant protégés et il est interdit d’en prélever.

     

                              Une autre conséquence due à cette méprise, lors des crues du Vertus, les crabes voyageurs sont passés dans l’Hérault et, à la Tamarissière ont rejoint la mer. On retrouve de beaux spécimens d’une variété de crabes blancs entre la plage et le fort Brescou. Ils n’ont pas eu le temps de bronzer !

     

     Recherches difficiles mais combien captivantes.

     

     

     

    JC d’Oc.

     

     

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :