• Saint Roch de Montpellier

     

     

      
                     

     

    Alors ! Raconte ! N° 67.

     

     

     

                                              Saint Roch de Montpellier.

     

     

     

                 Ce brave saint est le protecteur des chirurgiens, des maîtres-chiens, des tailleurs de pierre, des boulangers. On l’honore le 16 aout à Sérignan où le Père Jean Marie Paradan bénit tous les animaux sur la place de l’église et où les belles andalouses montent la croupe de leurs beaux chevaux alezans. C’est le rassemblement des animaux du village en commençant par les chevaux puis viennent chiens, chats, tortues, hamsters, NAC etc… A la fin de l’office religieux, le Révèrent Père donne la bénédiction sur le parvis de l’église en présence d’une foule de curieux.

     

                 C’est une histoire en partie vraie, mais souvenez vous, la légende à nos yeux est parfois plus vraie que l’histoire. Cette histoire est entrée dans nos mœurs lorsque notre population invoquait tous les saints de la terre lors des grandes épidémies de peste, de choléra et de toutes les maladies qui accablent les bêtes en général. Quelles soient aviaires ou porcines, venant de tous les pays du monde, les fièvres ont permis d’adresser à St Roch en toutes circonstances moultes prières.

     

                  Tout a débuté à Montpellier en 1350, par la naissance de Roch dans une famille pieuse et très riche. La maman met au monde un superbe garçon qui porte un signe très curieux sur la poitrine, une tâche rouge en forme de croix, marque d’un destin exceptionnel. Dès sa naissance, Dieu vient de choisir son messager pour répandre sa parole et ses bienfaits sur Terre. Les parents sont ravis de savoir que leur fils est l’élu de Dieu et que les pires souffrances qu’il va endurer vont faire partie de son exceptionnelle  destinée. Tout bébé, Roch se montre un vrai petit prodige. Très doué, ses parents lui donnent une excellente éducation. Il fait des études brillantes, de la médecine et du droit et sa charge est de succéder à son père qui est consul de Montpellier. Son parcours est tout tracé mais Dieu lui donnera une autre direction.

     

                  Après le décès de ses parents, subitement, il décide de vendre tous ses biens et les donne aux pauvres, aux hôpitaux, aux cloîtres et a tous les déshérités de Montpellier. Visionnaire, il comprend le signe divin de là haut. Mais cette générosité si subite n’est pas très bien vue par son oncle qui avait repris la charge de Consul dans la ville. Son oncle le chasse et c’est l’appel irrésistible qui va le mener en pèlerinage à Rome la bourse vide et le bagage mince. Ce pèlerin ordinaire parmi les autres fous de Dieu sillonne les chemins qui mènent vers l’Italie. Dans la première ville italienne traversée, une épouvantable épidémie de peste sévissait et faisait de gros ravages. Toute la foule adressait les prières à Saint Sébastien mais rien ne se passait. C’est en tant que médecin que Roch se mit à l’ouvrage. Emu par la détresse des habitants, il opère les pestiférés avec sa lancette, cet ancêtre du scalpel. Toute la journée, il crève les abcès, il nettoie les plaies sans oublier le signe de croix qu’il fait sur la tête de chaque malade. Grace à sa lancette, il obtient de nombreuses guérisons. Partout, on crie au miracle. L’espoir revient et trois mois après, l’épidémie est enraillée.

     

    Roch est vénéré en Italie. On lui propose un poste important en guise de remerciements, mais il refuse par fidélité à son vœu d’humilité.

     

                   Avec son bâton et sa calebasse, le voici parti vers d’autres villes infestées par le bacille ‘’inguinaria pestis’’. Par la lumière de sa foi et son savoir, notre Roch gagne une réputation de saint guérisseur. Arrivé dans la ville sainte où la peste commençait à sévir, un cardinal qui deviendra le Pape Benoît X paniqué par le risque de contagion veut rencontrer cet homme dont on vente tant les louanges, tant d’éloges. Il veut présenter au Pape actuel Urbain V ce laïque. Le courant passe car la Pape originaire de Lozère, a fait lui aussi ses études à Montpellier puis les Renseignements Généraux du Vatican ont vite fait de connaître l’identité que Roch ne dévoilait pas. Le Saint Père reçoit à bras ouverts le médecin dans son palais pontifical. Le voyant arriver, il lui dit ‘’ Mé semblé qué ben dal paradis’’. (Il me semble qu’il vient du paradis !). Tous les deux, parlant ensemble l’occitan tisseront un lien d’amitié pendant trois ans car ils ont les mêmes racines – la Lozère- Montpellier et l’occitan.

     

                     Mais St Roch n’avait pas oublié sa ville natale Montpellier et décide d’y revenir et c’est sur son chemin que Dieu l’attend au tournant et avec ‘’son infinie bonté’’. Arrivé à Plaisance, des rayons lumineux éclairent son passage, émanent de sa personne et tous le reconnaissent par cette irradiation. Jusqu’alors, il a touché des centaines de pestiférés sans jamais être contaminé jusqu’au jour où la chance va tourner. Un matin, dès son réveil, il se trouve en proie à une fièvre violente. Sur sa cuisse apparaît un premier bubon noirâtre. Symptôme révélateur de la maladie. Curieusement, il ne rayonne plus comme si la maladie l’avait éteint en entrant dans son corps. Hospitalisé, ses douleurs sont si fortes qu’il décide de partir pour ne pas importuner les autres malades. Si Dieu l’a voulu, les saints doivent se débrouiller tous seuls. Il marche difficilement. Près d’une source, il s’enveloppe dans son manteau et s’endort. Au réveil, il implore Dieu de lui venir en aide et, subitement, venant d’un fourré tout proche, un bruit se fait entendre. Il voit s’approcher un chien venu se désaltérer. Le chien, s’approchant de St Roch le renifle et se met à lécher ses plaies. Chez nous, dans le Languedoc, la salive du chien est considéré comme cicatrisante.  Donc elle ne peut que hâter la guérison des plaies. Le chien disparut mais revint un quart d’heure après tenant dans sa gueule une miche de pain que St Roch avala avec grand appétit. On dit ‘’ qui aime St Roch ! Aime son chien !’’

     

                      Il est vrai que les animaux ont souvent accompagné les saints. Par exemple – le bœuf et l’âne dans l’étable de Nazareth- les lions et Sainte Blandine – St Eloi a eu son corbeau – St Hubert a eu son cerf- St Gérôme a eu son lion et St Roch a eu son toutou. Tous ces animaux ont accompagné de nombreux saints pour leurs difficiles parcours pour le droit à l’auréole.

     

                      Tous les jours, le chien amena une miche de pain à St Roch, qui prit petit à petit des forces et grâce aux léchages du chien les bubons finirent par se sécher. Roch guérit et revint jusqu’aux portes de Montpellier voulant passer inquognito ; ce qui va lui être fatal car son oncle – le consul- ne voulait plus le revoir. Le corps marqué par la maladie, le visage émacié, tenant difficilement sur ses jambes, il se présente à la porte du Pila St Gélis où personne ne le reconnaît.

     

    A cette époque, la Guerre de Cent Ans sévissait et les soldats se méfiaient de tous les entrants dans la ville car des bandes de pillards se déguisaient en pèlerin pour déjouer les soupçons. Ils demandèrent le nom à St Roch qui dit simplement qu’il était le serviteur de Dieu. Les soldats présentèrent le capucin au Consul qui reconnut son neveu. Accusé d’être un espion à la solde des Anglais, les ennemis de toujours du Languedoc, Roch restera cinq années dans son cachot. Tenaillé par la faim, souffrant de la chaleur et du froid, persécuté par son geôlier et aussi par ses compagnons d’infortune qui avec l’aval des autorités ne se privaient pas de lui faire subir les pires cruautés.

     

                      A chacun ses plaisirs, pour lui c’était mourir comme un martyre et il pardonnait tout à ses tortionnaires. Mais, trop, c’est trop et se sentant au bout du rouleau, il appela la mort du fond de sa cellule.  Intrigué, son geôlier ouvre sa porte et découvre le prisonnier étendu, baigné dans une lumière blanche de grande intensité. Le signe qu’il portait sur sa poitrine, la fameuse croix rouge éclairait sous sa chemise. Cet extra-terrestre venu d’un autre temps vient de mourir et son geôlier voit des anges retirer l’âme du saint et se met à trembler.

     

                      A ce moment là, son fidèle chien revenu entre temps en Italie, s’est mis à hurler à la mort toute la nuit.

     

                       Ce stupéfiant évènement, à Montpellier, court de tavernes en tavernes. L’oncle de Roch questionné reconnaît les vertus de son neveu et est obligé d’organiser des funérailles grandioses sous la pression populaire.

     

                       Ainsi se termine l’histoire de St Roch qui est le saint vénéré dans de nombreux villages du Midi, notamment à Cessenon et à Ceret. La ville de Montpellier a donné son nom à la Gare SNCF ‘’ Montpellier Saint Roch’’. En tant que médecin, il est aussi le saint patron de la faculté de médecine de Montpellier.

     

     

     

    JC d’Oc

     


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