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     Alors! Raconte! N° 205                        

     

                             La grange cistercienne de Fontcalvy

     

         Nous n'avons pas besoin de traverser la planète pour rencontrer la vraie nature.  Découvrir lors de nos randonnées de vieilles pierres, ces géantes constructions qui impressionnent, ces ouvrages colossaux, nés d'un travail commun entre l'histoire et le temps, il suffit de se pencher dans une vie bien lointaine des moines bâtisseurs de cathédrales. Pour la grange cistercienne de Fontcalvy cette bâtisse perdue au milieu des vignes, la fresque est jetée et la tradition de projeter une nouvelle vie philosophique demeure.

     

    .   Etymologie -Son nom pourrait être issu de "font" pour "fontaine" et possiblement " chauve" pour "calve".

     

            Origine - Construite entre 1297 et 1320 par des frères convers. C'est une forteresse de 20m sur 70m. Sa cour est entourée de murs percés de meurtrières. à l'origine, d'une seule et vaste salle, divisée plus tard en salles plus petites par des murs séparatifs dont l'un d'eux subsiste encore. Fontcalvy est la mieux conservée des 24 granges. C'est un édifice médiéval qui fait penser à une église. Ces pierres entretiennent un dialogue poétique entre ciel et terre. à l'origine, d'une seule et vaste salle, divisée plus tard en salles plus petites par des murs séparatifs dont l'un d'eux subsiste encore.

     

            Elle était rattachée à l' abbaye de Fontfroide qui gérait les terres. Ces  25 granges étaient situées à moins une journée de marche car il fallait que les moines parcourent tous les dimanches les 20 km qui les séparent de Fontfroide l'abbaye mère pour assister à la messe.

     

     

     

                  L'abbaye de Fontfroide est une merveille de l'architecture cistercienne. Murs épais arcs brisés. Certes une grande puissance religieuse du Moyen Age mais savez vous qu'elle a eu une importante influence sur l'agriculture pendant plus de 700 ans par l'organisation du travail.

     

     

     

                A Ouveillan, les moines converts, ces religieux de condition modeste sous l'autorité d'un "magister grangial", cultivent les terres et élèvent plus de 20.000 moutons. Ils drainent même l'étang de Ouveillan pour exploiter le sel. Ils stockent le vin, la laine, le blé,  le seigle, les fruits, le fourrage, les olivettes dans la grange de Fontcalvy. Les produits qui ne craignaient pas l'humidité étaient stockés à l'étage. L'abbaye de Fontfroide gérait un important domaine agricole  dont Fontcalvy.

     

                Pour freiner les convoitises des seigneurs voisins, la grange est fortifiée. Le succès des cisterciens est tel que le nombre de terres et de granges explosent et les moines, afin de gérer tout ce monde agricole doivent organiser le travail. Ils créent le fermage et payent ses salariés.. Ils ne sont pas encore à la CGT ni au Médef. C'est une véritable révolution dans le monde féodal de l'époque.   L'abbaye de Fontfroide au début du 12ème siècle devient une puissance grandissante . Les cisterciens achètent aux Hospitaliers de St Jean l'immense plaine d'Ouveillan ce qui provoque des conflits et de la jalousie . Les quelques murs de la grange de Fontcalvy ne suffisent pas à protéger le domaine et les moines cisterciens  construisent des fortifications

     

                  Mais, lors de la séparations des biens de l' Eglise et de l'Etat lors de la Révolution Française, les biens réquisitionnés de Fontcalvy sont vendus à plusieurs familles en 1792. Petit à petit la grange tombe en ruine et devient une carrière de pierres. 

     

     

     

                    La grange enfin ce qui reste a échappé à la destruction au cours de la Seconde Guerre mondiale, grâce à l'abbé Signal et l'architecte Nodet. En 1943, la zone libre était occupée et les troupes allemandes chargées de mettre en défense le littoral audois contre un éventuel débarquement des Alliés en Méditerranée, avaient décidé de récupérer les pierres de la grange pour construire leurs défenses.

     

     

     

                  A la fin du 20ème siècle, en été, le festival de Fontcalvy redonne vie à ces vieilles pierres.

     

                Toujours sur un fond de religion ce festival met en scène 40 acteurs qui canonisent à Fontcalvy l'abbé supérieur mort prématurément. L'enquête est la recherche de la vérité sur fond d'esbroufe de l'esprit manipulateur de l'abbé. 400 places attendent sous l'œil attentif du Caronavirus. Prendre ses distances.

     

                Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la grange est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est impossible en dehors des festivals ou des journées découvertes. 

     

    Jcdoc 08/2020

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Alors! Raconte! N° 204

     

     

     

                                                       La Vie en 1944

     

            J'avais 4 ans et les années qui suivirent 1944 furent très difficiles à vivre. Mon père fut mobilisé en 1942 et envoyé à Stenay(Meuse) dans l'infanterie coloniale. Nous n'avions pas beaucoup de ses nouvelles et notre famille composée de 4 enfants, de deux grands-mères, de deux réfugiés de Agde, on avait des difficultés pour remplir les assiettes pour 9 personnes. Le pain noir était rationné, la viande on ignorait le boucher. Elle est revenue lorsque mon père  atteint de tuberculose a été démobilisé. Il s'est fait opérer d'un pneumothorax. Le rumifon,  le P.A.S, la pénicilline médicaments miracles 1950 n'existaient pas encore. Pour qu'il reprenne des forces, la viande rouge lui était réservée. Heureusement, il fut sauvé.

     

            Il nous a appris à nous débrouiller seuls. On cultivait les vignes au "biguos" , pioche à trois dents, sans le cheval qui nous avait été réquisitionné lors du passage des Allemands. Lors de nos petites vendanges, tous les raisins se ramassaient, mûrs ou pas. Aramon, carignan, mourastel, terret étaient les cépages les plus répandus. Les "broutignes" ( grapillons) faisaient le petit vin. Le litre de vin s'achetait 9,65AF - le kg de pain 1,98AF - le kg de beefsteak 71,90AF. Le salaire horaire n'a pas bougé pendant la guerre , il est resté à 12,42AF. Dans la campagne, on posait des collets pour attraper des lapins, des pièges pour attraper des perdreaux. On pêchait des grenouilles pour les manger. On élevait quatre chèvres qui nous donnaient du lait et lors de leurs périodes de chaleurs, on les amenait au bouc pour les faire saillir. Les petits chevreaux nous apportaient un complément de viande blanche. Par contre nous ne manquions pas de légumes, pommes de terre, artichauts, salades, topinambours, carottes et courgettes. Mais tous les soirs c'était notre corvée pour tout arroser. Trois jardins, on vidait les puits avec la chadouf en remontant,  les pieds sur une planche, les seaux d'eau. Il nous manquait du savon et une fois par mois, on faisait la lessive des draps dans une grosse lessiveuse (que nous appelions "la buguadière") où nous mettions une rangée de sarments de vigne, deux draps sales couverts de cendres de la cheminée, vestes et pantalons puis le petit linge Nous répétions cette opération sur cinq rangées. Sous cette grosse galette, nous allumions le feu et nous faisions bouillir; on rinçait avec l'eau du Lirou les genoux dans une caisse en bois . Comme chaussures, nous portions des sandales confectionnées avec des pneus de moto. C'était la guerre , la débrouille obligée.

     

     

     

              Un souvenir marquant dans les années 1944, pour faire saillir nos chèvres, nous devions les amener à Combejean chez une dame qui avait un bon bouc. On partait de bonne heure le matin et on montait vers Fontjun. Je me souviens des deux camions des résistants et du car des allemands brulés au col de Fontjun sur le bord de la route. Nous descendions ensuite un sentier qui nous amenait à Pierrerue puis la route jusqu'à Combejean. Il fallait faire vite car il fallait revenir avant le soir à Cébazan distant de 10 km.

     

              Un autre fait marquant car nous étions en zone occupée. Les troupes allemandes parcouraient les routes départementales et passèrent à Cébazan. Ils traversaient l'Hérault pour gagner la vallée du Rhône, Lyon, l'Alsace pour contrer la 1ère armée française qui avait commencé à débarquer en Provence. Le 17 août 1944 leur visite restera mémorable. Ils avaient faim et toutes les maisons furent visitées. Ils nous prirent du pain, du lard et montèrent dans les chambres. Mon père reçu des coups de crosse d'un fusil dans l'escalier. Ils n'hésitaient pas à tirer sur tout ce qui était suspect. Ma soeur qui avait 17 ans fut cachée dans le grenier; devinez pourquoi ? Ma pauvre arrière grand mère qui revenait du jardin fut bousculée et laissée inconsciente sur le bord de la route. On la retrouva au fond d'un fossé le lendemain matin. Les maisons furent pillées, les portes éventrées. Du 19 au 24 août 1944 les colonnes d'allemands en déroute passèrent dans le Biterrois. Tous les moyens de locomotion  furent utilisés. Au bas de notre rue, pendant leurs perquisitions, les vélos  entassés les uns sur les autres empêchaient les mules et chevaux de passer. Ce fut l'affaire de deux jours, puis nous avons pansé nos peurs et nos  blessures. Le dernier passage des Allemands dans la commune de Cébazan restera un souvenir gravé à jamais dans nos mémoires. De peur que les jeunes filles soient agressées par les troupes allemandes, la majorité des gens du village sont allés dormir dans la campagne amenant avec eux leurs volailles, chèvres et clés des maisons. Mais ce n'était pas la première fois que notre nuit se passait ainsi. Le 5 juillet 1944, les Alliés - Américains et Anglais- ont bombardé la gare de Béziers qui réparait les  wagons et les usines Fouga qui construisaient des petits chars pour les allemands. Lors du  passage des forteresses au dessus de Cébazan, pris de panique les habitants allèrent se cacher et du haut de la colline nous avons vu le ciel rougeoyant au dessus de Béziers s'enflammer. Il était midi trente cinq lorsque 120 à 150 avions  anglo-américains en quatre vagues lâchèrent 500 bombes sur Béziers, 100 bombes sur la gare SNCF et 75 bombes sur les établissements Fouga. Tous les gens du village se mirent à pleurer car pour la première fois, ils découvraient les horreurs de la guerre.

     

     

     

                             11 novembre 1942, les allemands arrivent à Béziers.

     

                                    20 août 1944, les allemands se replient

     

     

     

         La guerre ne sera pas finie pour autant. Il faudra attendre mai 1945 pour voir les prisonniers revenir. Puis les crimes de la milice furent jugés. Les maquisards se firent justiciers. Beaucoup de miliciens sautèrent par les fenêtres pour leur échapper. L'après guerre...... en toute chose il faut considérer la fin .....mais il faudra beaucoup de temps pour oublier tout cela. 

     

       JCdoc 09/2020

     

     

     


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    Alors ! Raconte ! N°203 - Funtjun

               Alors ! Raconte ! N°203 - Funtjun                                                    

     

                            

    Alors! Raconte! N° 203

     

                                                         Fontjun - lieu de mémoire.

     

     

     

                   Voici déjà 76 ans qu'a eu lieu le combat de Fontjun, hameau situé sur  RN 112 , route entre Cébazan et Saint Chinian. Une embuscade , le mardi 6 juin 1944, jour du débarquement en Normandie, fut néfaste pour la résistance armée du maquis du Biterrois. Dans la semaine sur la radio locale, émission "Les Français parlent aux Français" très écoutée à 19 heures  la BBC lançait des appels codés pour entraver la marche des allemands qui remontaient vers le nord. Renforcer les hommes du maquis et harceler les troupes allemandes, tel était le but. Toute la population attendait cet appel et à 20h 20 le 5 juin 1944, la BBC lançait "Il a rougi le  traître". Cette phrase codée venue de Londres appelait  l'Armée secrète du maquis Latourette a rassembler un maximum d'hommes (environ 70 Patriotes dont une femme) originaires de Puisserguier, Maureilhan , Montady, Poilhes et de Nissan lez Ensérune pour commencer la guérilla en bloquant la remontée des  occupants. Il fallait faire vite,  bien organisés en réunion, les résistants sortirent les armes  de leur cachette.  les hommes de Capestang rejoignirent d'autres arrivés de Colombiers, Nissan lez Ensérune et Poilhes bien déterminés à Puisserguier et grimpèrent dans deux camions . Le convoi était précédé par une Juva 4, petite voiture avec 5  passagers. Il devait monter vers Ferrières-Poussarou dans un haut lieu perdu dans les bois " La Fraise". Ils prirent contact  pour plus de sécurité avec les agents de liaison de Combejean. Il était 19 heures, ils devaient à l'origine emprunter l'itinéraire  Capestang, Cruzy, Villespassans, Assignan, Le Pardailhan et arriver au pont de Poussarou. Ce trajet ne fut pas respecté et au dernier moment avec du retard sur l'horaire prévu les camions prirent  la Nationale 112 Capestang , Puisserguier, Cébazan, Fontjun,  passer à St Chinian et monter vers St Pons. La raison de cette décision fut diversement interprétée. Il fallait faire vite car la nuit arrivait, puis les préparatifs avaient été faits de façon trop bruyante et sans précaution. De plus un officier allemand avait été capturé entre Capestang et Narbonne et contre toute attente, il s'évada et pouvait après avoir rejoint sa garnison  avertir l'imminence de l'opération.

     

     

     

                 Un premier camion partit de Capestang pendant qu'un deuxième camion attendait à Puisserguier. La petite voiture, la JuVa 4 ouvrira le route. Le départ fut fixé à 22h 30. La moitié des 70 hommes ne sont pas armés. Quelques uns portent dans leur sac des grenades et des mitraillettes à l'épaule. Une réserve de munitions était stockée dans des caisses. Vers 23 heures, le convoi traverse Cébazan et commence la descente vers St Chinian. Dans un virage au col de Fontjun, légèrement en retrait vers la colline, un car de soldats allemands était en travers de la route. Il était facile aux résistants de le voir. La Juva ralentit puis accélère et bouscule l'officier allemand qui demandait de s'arrêter. Miraculeusement, la petite voiture pilotée par Jean DURAND avec à son bord Henri BEZIAT, Robert DURAND, Angel MALLET et Daniel PIDOU passa, une roue dans le ravin .  Ils crièrent " Les Boches" ce qui arrêta les deux camions qui suivaient.

     

                

     

                         La bataille s'engagea.  Les allemands se mirent à tirer sur les 48 volontaires  armés. Dès leurs premiers tirs neuf maquisards furent tués (certains parlent de cinq) dont Danton CABROL qui se tenait sur le marche pieds du camion de tête. Les maquisards non armés tentent de se sauver en sautant vers la gauche mais en face, 40 allemands tirent tout azimut et tuent 4 autres  résistants dont Maurice BOUSQUET, Paul CABROL, André SIGURET et Maurice SOL. Le combat est inégal, face à des allemands aguerris tous nos maquisards sautent et tentent de sauver leur vie. Ils ripostent avec leurs fusils mitrailleurs et lancent des grenades, mais vite ils sont en manque de munitions. Jean MONTAGNE , sort de sa musette des grenades et très vite le car allemand brûle semant le désarroi chez les allemands. Ce qui donna l'occasion de s'enfuir dans les vignes  vers le tènement de Combebelle. Antoine COLOMBIE, malgré ses blessures se trainera jusqu'au hameau de Fontjun où Isidore Magnez l'accueillera, enverra son fils chercher le docteur  Vacquier à Maureilhan qui vint au chevet du blessé. Pour que les allemands ne retrouvent pas le blessé, Isidore Magnez le cacha dans un lit de paille sous des gabelles de sarments de vigne. Deux autres blessés Roland BERT et Louis ESPINASSE furent accueillis par la famille Barthez résidant quelques maisons en dessous du hameau. Joaquim Ascencio, le lendemain de l'embuscade, secourut Jean MONTAGNE. Mais il fallait être très prudent car les gendarmes avec leurs chiens renifleurs recherchaient les fuyards. Roland BERT prit un vélo et blessé il survit à la balle qui  s'était logée dans la cage thoracique. Louis ESPINASSE, Jean MONTAGNE et Antoine  COLOMBIE partirent avec le docteur VACQUIE.

     

     

     

                  Bilan de cette fusillade, près de 20 allemands sont tués , 9 morts et 18 résistants sont arrêtés et faits prisonniers  et 5 blessés côté français.42 personnes ont pu se disperser parmi lesquelles Monsieur CARRERE qui trouva refuge dans une cabane de vigne vers Cazedarnes. Pascal Ortala de Cébazan qui allait travailler sa vigne le découvrit et lui apporta de la nourriture. Plus tard la Croix Rouge le ramena et le soigna, mais il perdra sa main gauche.

     

                   Les français faits prisonniers sont emmenés à St Chinian, torturés toute la nuit et promenés dans les rues du village. Le lendemain, au petit matin, les 18 prisonniers dont une femme Juliette  Cauquil seront amenés à la caserne Du Guesclin à Béziers où ils seront interrogés et surement torturés par la Gestapo. Aucun ne parla, aucun ne cita un lieu, un camarade.

     

                    Le 7 juin, le chef de la Gestapo annonce que 18 prisonniers arrêtés à Font un dont une femme seront fusillés publiquement par groupes de six sur la place du 14 juillet à Béziers.

     

                                    A 14heures tombèrent sous les balles : Amouroux Elie, Albert Marc, Dez René, Cros Pierre, Cauquil Roger,

     

                                      puis Taixe Juliette épouse Cauquil qui voyant son mari mort devant ses yeux voulut mourir. Elle crachat sur l'officier allemand et s'écria "Vive la France", Huc Louis, Bousquet Marcel, Villeneuve Henri,

     

     

     

                                      puis Montagne Salvador, Loscos Emile, Baïsse Louis, Massat Henri, Combet André, Caux Louis,

     

     

     

                                      puis Quixalos Joseph, Bourdel Guy et Malet Ignace.

     

                  Ce triste évènement produisit une très forte émotion dans la population de Béziers et dans les villages environnants. 10 des victimes étaient de Capestang et les allemands décidèrent de s'en prendre à ce village. Les chars nazis encerclèrent Capestang pendant trois jours accusant la population de complicité , ils fouillèrent  les maisons qui durent laisser leurs portes et fenêtres ouvertes. Toutes les maisons  furent fouillées . 143 hommes de 18 à 45 ans furent rassemblés Place de la mairie, amenés à pied à Béziers et envoyés en Allemagne comme travailleurs forcés. À l'exception d'un seul, ils purent regagner leur village à la fin de la guerre. 

     

     

     

     

     

     

     

                  Comment certains de nos héros rescapés ont raconté les conditions de leur survie. Georges Guibbaud qui avait 20 ans s'éjecta du deuxième camion et se cacha dans une grange où le propriétaire du lieu l'avertit qu'il était recherché par des chiens pisteurs. Il se cacha pendant trois jours en effaçant ses traces marchant dans l'eau des ruisseaux et dormant dans les arbres. Il arriva au château des Albières situé près de Berlou. Il gardera un souvenir douloureux de ce cauchemardesque épisode. Il mourut à Capestang en juillet 2002 à l'âge de 78 ans.

     

                  Antoine Colombié, Résistant, futur président du comité de Libération puis maire SFIO de Maureilhan. Il écrit plus de trente ans après l’événement ; c'est l’un des rares récits d'un des résistants.

     

                   Le 22 août 1944, Béziers est libéré du joug allemand par la 1ère Division française libre.

     

                  Un an plus tard, le 10 juin 1945 était inauguré au col de Fontjun, devant 15 000 personnes, un monument à la mémoires des victimes.

     

                   J'avais 5 ans et cela restera toujours ancré au fond de ma mémoire.

     

    JCdoc 06/2020

     


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             Le Céressou, volcan de Fontès.           Le Céressou, volcan de Fontès. 

     

     

     

     

     

     

                          Le Céressou, volcan de Fontès.                Le Céressou, volcan de Fontès.

     

     

     

     

     

     

     

          Alors! Raconte! N° 202

                              

                                     Le Céressou, volcan de Fontès.

       Notre randonnée a débuté au  parking de la cave coopérative de Fontès. Fontès est un magnifique village dominé par son église Saint Hyppolyte classée aux Monuments Historiques. Son porche est très original ainsi que la tour de l'horloge. En passant sous les vieilles portes du village, on arrive au pied de l'ancien château cette place forte qui défendait d'une part le village mais qui empêchait le passage des envahisseurs vers Cabrières.

        Les premiers châtelains, originaires de la seigneurie de Cabrières dépendaient du vicomte de Béziers. La vicomté de Béziers a perdu son ordre seigneurial du château de Fontès  lors de la croisade des Albigeois en 1207 ,puis celui- ci est passé sous l'autorité de la Seigneurie de Lodève  par le mariage en 1550 de Arnaud 1er de Viffec  (ancien nom de Vissec) de Latude seigneur de La Tude et la souveraine dame de Fonts ( ancien nom de Fontès), fille de Pierre de Lodève seigneur de Fontes. C'est en 1617 que le patronyme de Fonts est  devenu Fontès. Fuyant les rivalités seigneuriales entre Jonquières et Fontès, elle cède sa seigneurie à son fils Jean de Vissec de Latude.

       Encore quelques lignes d'histoire écrites avec le goupillon de l'évêque de Lodève. Ce bailli était le tuteur du diocèse dont  Fontès dépendait. Il faisait régner une justice sévère et beaucoup de condamnés furent pendus aux branches des fourches patibulaires dressées sur les flancs de  l'ancien oppidum du Céressou.  Ces  gibets  étaient dressés de façon d'être vus des terrasses du château. Signes extérieurs de Haute Justice, sur ces gibets potence les corps des pendus étaient privés de sépultures, ils étaient mangés par les animaux sauvages jusqu'à disparition.

     

       C'est le roi Philippe le Bel ce Capétien appelé aussi "le Roi de Fer" qui instaura ces gibets. Il les attribuait selon les règles du droit féodal aux riches nobles. Ainsi les seigneurs, comtes et barons, devenus Hauts Justiciers,  avaient le droit d'élever ces potences. Seigneurs et barons avaient droit à 4 fourches et les comtes à 6. Toutes les traces ont disparu sur prêchi-prêcha de l' évêque de Lodève.

       Maintenant quittons nos chaussures pour traverser la Boyne car l'eau submerge les plots de passage. Quelques randonneurs ont préféré  traverser sur des pierres glissantes ou sur des troncs d'arbres laissés dans la rivière lors de la dernière montée des eaux. La grimpette vers le sommet nécessite quelques efforts sur un sentier pierreux bordé d'oliviers, d'amandiers et de petits chênes. Arrivés sur le bord de l'ancienne caldeira où il ne reste que quelques traces de basalte de couleur noire, la pause était la bienvenue . Après le chemin de l'effort, il y a le chemin de la contemplation, un panorama somptueux s'offre à nos yeux. Vers le bas un beau point de vue du village de Fontès, plus loin la plaine couverte de vignes, bien plus loin par temps ensoleillé, la mer, Agde et Sète. Sur cette plaine, le Céressou, un des anciens volcans de la chaine qui va de l'Escandorgue à Agde a déversé, il y a 2.500.000 ans sa lave de basalte sur une surface d'une dizaine d'hectares , sur une épaisseur de 20 mètres, formant la colline du Péchet. L'érosion de cette colline n'a pas été trop active et a épargné sa structure restée intacte. Un beau musée pour les passionnés de vulcanologie.

       L'histoire des Vissec, du château de Fontès, les fourches patibulaires, le volcan du Céressou et la colline du Péchet sont des vestiges qu'il faut voir, connaitre, apprécier pour s'évader de son quotidien lors des randonnées.

    Rendez-vous pris si le coronavirus  nous laisse vie.

    JCdoc 03/2020


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