• La chapelle Saint Christol à Nissan lez Ensérunes

     

        
                             

     

    Alors ! Raconte N° 72

     

                               La chapelle Saint Christol à Nissan lez Ensérunes.

     

     

     

                     Lors de nos randonnées à Nissan, il est très agréable de marcher, en évitant bien sûr les racines des pins, sur cette colline qui domine le village et qui comme l'oppidum d’en face possède un passé très éloquent, même s’il est difficile d’en dater avec précision ses origines historiques.  Elle a vu  passer en  juillet 218 avant JC les troupes carthaginoises conduites par Hannibal Parca ; cette expédition militaire la plus célèbre de tous les temps. L’histoire raconte que 8000 cavaliers et 50.000 fantassins venant d’Espagne sont passés en ce lieu pour aller attaquer Rome. Ces cavaliers étaient accompagnés par 37 éléphants forestiers, de très petites tailles mais très agiles et très rapides. Il fallait des animaux doués d’une telle morphologie pour supporter le froid et l’altitude des Pyrénées et des Alpes et pour permettre au général carthaginois d’affaiblir la puissance de Rome dans la plaine du Pô. Malheureusement, la majorité des éléphants mourront de froid lors du Passage du col du Grand Saint Bernard et le seul survivant servira de monture à Hannibal pour arriver jusqu’à Rome. Enfin, cette armée s’est bien arrêtée à l’emplacement de Nissan mais les éléphants n’ont point laissé ni de crottes, ni de traces.

     

                           Sur cette colline, au sud du village se trouvent les ruines de trois moulins à vent dont un, le moulin de Balayé a été  restauré récemment et est prêt a faire une nouvelle vie face au vent. Ces moulins ont été habités jusqu’à la fin 1900 par des familles pauvres. L’association ‘’Les Amis de Nissan’’ s’emploie à restaurer actuellement les moulins de Baral et de Tiquet.

     

                             Revenons à notre petite chapelle qui pourrait avoir comme devise ‘’Victoria Flamis – victorieuse des flammes ‘’car elle a échappé aux nombreux feux de forêts, notamment celui de 2007 où les flammes ont ravagé les pins à quelques mètres de ce sanctuaire. C'est sur l'emplacement d'une importante villa romaine qu'elle fut édifiée au 1er siècle sur le passage très fréquenté de Narbonne à Agde.  Cette villa portait le nom romain de ''Mérignan'' puis elle fut dédiée à St Christophe ou Christol en consécration d'Hercule dieu des voyageurs. Maintes fois démolie, au début du 5ième siècle, sur cet emplacement la fouille a révélé deux silos et un four romain. Démolie, elle a toujours été restaurée au cours du temps, mais elle a toujours conservé son plan d’origine à chevet carré dirigé vers le soleil levant, dans la tradition des églises wisigothiques pré-romanes du 5ième siècle. Cette orientation était le symbole du Christ ressuscité. Le premier autel fort d'une colonne et d'une table de marbre est calé dans le sol par un gros socle que l'on peut encore admirer de nos jours. Au XIIe, à l’arrière de la chapelle, une haute tour carrée servait soit pour recevoir des cloches, soit pour surveiller les envahisseurs et donner le signal de défense. L’assemblage de ses pierres révèle la méthode de construction pratiquée par les maçons lombards venus d’Italie qui propagèrent l’art roman languedocien dans la région ( église de Quarante – monastère de Saint Guilhem). Ce style est caractérisé par des murs très épais et des décors sculptés. Le portail orné de colonnes daterait du XIème siècle. C’est au XIIIème que la chapelle fut remaniée. On ouvrit la porte du sud et l'on condamna la porte du nord que l'on appelait la porte des morts. L’archevêque de Narbonne vint la visiter pour la dernière fois en 1604 en tant que paroisse. Puis ce fut un long sommeil. Abandonnée quelques temps, elle fut ruinée et ensevelie sous un gros tas de pierres.  Comme le phénix renaît de ses cendres, quatre bénévoles retirèrent 10 00 brouettes de décombres et elle fut reconstruite en 1987 sur sa base primitive mettant à jour ce témoin émouvant des premiers chrétiens de la Région. Les fouilles ont fait réapparaitre les vestiges de la villa romaine ainsi qu’une nécropole située tout à côté de la chapelle. Trois sarcophages et quelques pilastres sont encore visibles près de l’arboretum crée à l’est de l’édifice.

     

                                 La chapelle est ouverte continuellement aux visiteurs et aux amoureux  venus non pour leurs ébats mais pour admirer ses vieilles pierres.

     

    JC d’Oc.

     


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