• Les fourmis géantes de Bédarieux

     

     

        
     Alors ! Raconte N° 66

     

     

     

     

     

                                  Les fourmis géantes de Bédarieux.

     

     

     

                   Dans le monde mystérieux des insectes, les fourmis occupent une place prépondérante sur notre terre. Même dans les terrains les plus arides de nos contrées, on trouve ces lignées d’infatigables marcheuses, transportant graines et feuilles en vue de garnir leur garde-manger pour survivre lors des hivers rigoureux. La fable ‘’La cigale et la fourmi’’ démontre bien la ténacité de cet insecte, tant pour l’ardeur au travail que pour la survie de leur existence en économisant la nourriture.

     

                     A Bédarieux Jean Pierre Bauris avait des fourmis dans les mains. Très observateur de la faune, cet ancien chaudronnier, dès qu’il voyait un insecte a tout fait pour le reproduire en façonnant des plaques de métal. Au début, il exerçait son art en concevant des reproductions de petits animaux pour ses enfants dans des tôles de 20 à 30 centimètres. Par passion, par amour pour son art, il a continué en donnant vie, grandeur impressionnante, à cette faune macro.

     

                       C’est à l’âge de 45 ans qu’il décida de devenir ferrailleur sculpteur à son compte en transformant ces plaques de ferrailles en papillons, cigales, mantes religieuses et autres insectes. Il créa  un jour un scorpion, reproduction d’une photographie en macro. Il recréa cet arachnide en métal en frappant la tôle pour donner l’aspect similaire à celui de l’insecte. Les marques des soudures furent étudiées de telles sortes qu’elles reflètent bien la réalité vivante. Cet insecte métallique de 90 centimètres de long le consacra artiste avec bonheur. Progressant dans son art, il confectionna une écrevisse de plus d’un mètre de longueur. Sa renommée grandissante, il se voua uniquement à son art. C’était le feu de Dieu. Une centaine de ces insectes furent exposés dans l’Aveyron à Micropolis.

     

                         Mais pourquoi des fourmis géantes à l’entrée de Bédarieux ?

     

     

     

                          Claude Chazelle, délégué régional de l’espace culturel à Montpellier devait artistiquement donner un essor au merveilleux site qui se présente à la sortie de Bédarieux, route de Clermont en sauvegardant l’aspect naturel de l’espace façonné par la main de l’homme par les carrières de la Tuilerie et du  même coup, préserver l’existence de tous ces insectes qui vivaient dans cet univers ingrat. Entre les failles de basaltes bleus, dans les fissures creusées par le temps dans l’argile rouge, dans le calcaire blanc qui compose le paysage typique de la région, une multitude de fourmis noires se trouvaient partout donnant du mouvement à cette nature. Il faut savoir regarder la nature et la préserver en tout temps pour la garder intacte. La nature, c’est une vie macro mais bouillonnante.

     

                            Il fallait créer un espace où l’insecte serait géant.  Frapper l’imagination de l’homme et l’obliger au respect de la nature. Dès l’entrée dans Bédarieux, route de Clermont l’Hérault, il fallait trouver un symbole fort qui accroche l’œil. Notre délégué régional culturel voulait installer une trentaine de fourmis sur le rond-point et n’ayant pas oublié J.Pierre Bauris, il lui commanda la réalisation de fourmis géantes. L’artiste se mit donc au travail dans son atelier à Gorniès, puis elles furent amenées jusqu’à Bédarieux en tant que gardiennes de l’identité du village.

     

                             D’un poids unitaire de près de 400 kg et mesurant sans les pattes près de 3 mètres de hauteur, ces trois sculptures en acier bleu qui par la rouille prirent la couleur rouge de l’environnement local provoquent l’admiration des visiteurs. Ces dames de fer symbolisent le respect de la végétation, du travail des ouvriers de la carrière toute proche et du biotope de ce monde animal dont les fourmis sont majoritaires. Ne pas oublier que les fourmis participent activement à l’équilibre du territoire. Donc, ne pas écraser ces petites bestioles qui  viennent vous rendre visite dans votre cuisine et lors des randonnées dans notre belle campagne. A ce propos, toutes les graines de mon gazon sont parties chez mon voisin, ami incontesté des fourmis.

     

                               Voici donc le formidable message que J.Pierre Bauris a voulu transmettre en mettant en valeur ces méga- insectes.

     

     JC d’Oc.

     


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