• Sur les terres de Pailhès

     

     

    Sur les terres de Pailhès

                                                            Sur les terres de Pailhès

    Sur les terres de Pailhès

     

       Alors! Raconte! N° 171

                                         Sur les terres de Pailhès.

     

           Quelques pas de plus et nous fermons les portes du printemps en prenant plaisir dans cette randonnée de la Combe Rossignol sur les terres de Pailhès. Ce petit village qui n'est point une circulade car les rues sont droites. Il possède encore debout son château médiéval accolé à son église paroissiale de St Etienne

           Au siècle dernier, trois familles issues de la même souche parentale : les  Lapeyrouse* possédaient plus de la moitié des terres de vignes de la communauté. Elles régnaient en maître sur la vie politique et même religieuse du village. Plus de la moitié des conseillers municipaux obéissaient à leur maire, le plus âgé et le plus riche de tous. Le curé venait déjeuner tous les dimanches à leur table et sa présence soulageait les âmes lorsqu'il récitait le bénédicité dans ces familles. Ce qui lui assurait sa manne céleste de survie, son vin de messe et ouvrait son appétit. Un dicton en patois, notre langue  du Midi encore enseignée courrait dans les rues."Lou curat, aquel ingrizat a mas dé lenguo qué dé braç" trad:" Le curé, cet homme en gris, à plus de langue que de bras".

           Lors des pèlerinages du 15 août et du 8 décembre à la chapelle Montalaurou qui domine le village, les trois patriarches les plus riches du village montaient en calèche tranquillement vers la chapelle tandis que le curé montait à pied avec ses acolytes.  " Il n'y a pas de place au milieu sur le siège pour occuper la moitié puisque nous sommes trois" disaient-ils. Le pouvoir religieux et politique a toujours été très disputé dans le village. Pour imposer leur puissance, les riches bourgeois avaient les meilleurs prie-dieu dans l'église. Ils usaient leurs genoux le plus près du chœur ce qui leur donnait des indulgences et des genoux cagneux.

           Mais revenons à notre sanctuaire , notre vigie salutaire, la chapelle Montalaurou.

            L'histoire de cette chapelle est aussi antique que les plantations de pins sur le haut de la colline. Tout commence grâce aux familles De Lapeyrouse qui offrent le terrain et Cure qui donne les premières pierres de leur tombeau familial pour commencer les travaux. Les défunts furent transférés dans l' église du Sacré Cœur  à Béziers.  La construction dura 6 années émaillées de plusieurs péripéties. Par exemple les murs trop étroits et trop hauts s'effondrent. Il faut les doter de contreforts. Le 15 août 1861, la chapelle est inaugurée

           Son chevet dirigé vers l'Est doit permettre aux rayons du soleil de pénétrer par le vitrail au dessus de l' entrée le 15 août pour la fête de l' Assomption et le 8 décembre lors de la fête de l'Immaculée Conception. Le soleil donnait plus de solennité à l'office célébré pour que la Vierge protège les cultures et les hommes des calamités agricoles.

           Mais d'où provient le nom de la commune de Pailhès. Sur cette colline où l'on voit au loin la mer Méditerranée, des bergers venaient faire paître leurs troupeaux de moutons. Ils invoquaient le Dieu des troupeaux Palès. Mais aussi le nom de Pailhès serait dérivé de paléa ( qui a rapport avec la paille), en effet les pailhérédès sont des lieux où se trouve de la végétation abondante. Le village de Pailhès porte vraisemblablement le souvenir de ces cultures produisant de la paille, des céréales et des graminées.

           Que voir dans ce petit village ? Face à la mairie sur les murs d'une placette, deux anciens foudres en bois. Dans l'église St Etienne un des plus grand fresquiste de nos jours Nicolas Greschny a exercé ses talents sur les murs intérieurs de l' édifice en réalisant 90 fresques en peignant sur le crépi des couleurs qui deviennent indélébiles à partir de matières naturelles, ocres, argiles et oxydes. Principes de peinture réalisés sur les " trompe l'œil" qui donnent vie à nos vieux murs de nos villages.

            Que goûter de bon à l'ombre des pins de la chapelle Montalarou ? Un "pastissou", petit gâteau composé d'amandes et de pommes fourrées dans de la pâte feuilletée. Il est aussi appelé " le pastis d'Emile". Cette recette, spécialité de Pailhès, remonte au 17ème siècle lorsque la plaine était couverte d'amandiers et de pommiers.

      "Emiliou, ta mama ès sauvar à la foirote portar la fèdote, té portara un pastissou, Emiliou" ainsi parlait la mère d'Emile à son fils qui devint bien des années plus tard le meilleur boulanger du canton.

      " Mon petit Emile, ta maman est partie à la foire porter la brebis, elle te portera un pastissou, mon petit Emile.

         Que boire ? La mama est d'accord avec le papa qui pense comme vous.

     

    *Noms cités non vérifiés.

    JC doc  06/2016

     

     

     


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