•  

     

    Alors ! Raconte !   No   4 

     

     

     

                                              Le lac du Salagou

     

     

     

     

     

     

     

           C’est une réserve d’eau douce crée pour irriguer les vergers de la vallée de l’Hérault et surtout pour réguler les crues du fleuve, fréquentes dans sa partie basse.

           Dans un passé très lointain, des reptiles ont laissé des traces de pas sur des rochers.

     

          En 1957, la surproduction du vin, avec l’arrivée massive des vins d’Algérie, entraîne une baisse du prix du litre et le stock ne peut être entièrement écoulé. La solution à la crise revient aux politiques ! «  Il faut planter des vergers ! Des kiwis de préférence. »

     

          Ces plantes sont de grandes consommatrices d’eau.

     

          En 1959, la construction d’un barrage est engagée. Le débit de la rivière Salagou favorise l’emplacement actuel. Le remplissage a duré 3 ans de 1966 à 1969 par les eaux du Salagou et par le tunnel de dérivation de la Lergue. Incroyable, dès la fermeture du barrage, un violent épisode cévenol avec de très violents orages remplit la moitié en 3 jours. Une fois plein, on n’avait plus besoin de cette eau. (Arrachage des fruitiers)

     

          La côte maxi du lac est de 139m par rapport à la mer.

     

          La  Genèse et le Coran, livres sacrés, relatent : ‘’ L’eau, c’est la vie’’

     

          A la maison, on dit ‘’Le pastis sans eau’’, c’est autre chose. La cuite assurée.

     

          Le Salagou se jette dans la Lergue qui se raccorde à l’Hérault.

     

          Le lac a une capacité de 1.002.000 m3 d’eau. Le  barrage est situé à 14O m au dessus de la mer.  Il est constitué de pierres basaltiques noires et ne peut se fissurer. Sa hauteur est de 6Om par rapport à sa base et sa longueur est de 360m. Le lac couvre une superficie de 1000 hectares et sa longueur est de 7 km. Fallait-il sacrifier toute cette surface pour irriguer seulement 2000 hectares de culture ?

     

     

     

          On peut faire le tour du lac en VTT. Il est entouré d’une succession de collines dont le Mont Liausson où nous faisons nos superbes randos. De nombreux films ont eu comme décor le paysage grandiose aux multiples couleurs.

     

          La température de l’eau avoisine les 28° en été. La particularité du lac est qu’il prend trois couleurs- le bleu clair, le bleu foncé ou le gris selon le temps. On y pratique la pêche à la truite et au brochet. On fait du canoë  dans sa base de loisirs. Le sol parfois d’un grenat, nu par endroits est appelé ‘’ruffe’’. Cette couleur est due à un excès d’oxyde de fer et de manganèse. Cette roche est imperméable et permet une bonne rétention des eaux en ce milieu cévenol. Au dessus du barrage, des poussées magmatiques ont crée un petit cirque de cheminées basaltiques très  caractéristiques. C’est la résultante de la chaîne  des volcans qui se propageaient de Lodève au Cap Creux (près d’Agde).

     

     

     

          L’expropriation  des  biens sur une altitude calculée à 14O m,  puis ramenée à 150 m, a rendu le village de Celles (143m) en  un village fantôme. Le village a été abandonné en 1959 au  grand regret de ses habitants, pourtant il est non submersible. Les maisons délaissées ont été pillées de leurs tuiles, portes et fenêtres.

     

          Le village fantôme de Celles a été squatté  par une communauté de hippies en 1968. Ce n’est qu’en 1985 qu’un gardiennage  a été installé.

     

           L’eau du lac n’a jamais dépassé  les 139m d’altitude donc, il n’était pas nécessaire de sacrifier l’existence de ce village. Celles est toujours considéré comme étant une commune de l’Hérault. Une association ‘’Sauvons Celles’’ pour réhabiliter le village a été déclarée en 1989.

     

            A cette date, les Américains voulaient construire un complexe hôtelier autour du lac. Le site leur rappelait Monument Valley dans l’Utha. Suite au refus du Conseil Général, celui-ci préféra attendre 2003 pour réaménager les rives.

     

             En 1989, le  lac et le site sont classés au patrimoine  historique de l’Hérault. C’est l’endormissement du site par l’administration, rien de mieux !

     

             En 1985, le film ‘’Zone Rouge ‘’ avec Sabine Azéma et Richard Anconina a eu comme cadre ce lieu.

     

             Celles, actuellement 30 habitants ont comme  mairesse Mme Goudal.

     

             A proximité du village, le hameau de Vailhes  fait vivre 3 familles par sa culture fourragère et son élevage bio.

     

            

     

            Les poissons : La fédération de pêche d’Octon régit l’activité .On y trouve :

     

                                     Des brochets et des sandres impressionnants par leurs tailles  pouvant dépasser le mètre (jusqu'à 1,4m pour les brochets et plus de 1,1m pour les sandres), des silures de grosses tailles allant de 2 à 2.5m de longueur.

     

                                     ‘’Attention de ne pas faire nager votre petit chien car un couple a vu disparaître leur yorkshire happé par un silure’’. Des carnivores patrouillent entre deux eaux.

     

                                      Des perches et des truites saumonées.

     

     

     

            Sentiers de randos 

     

                                      Tout le long, c’est un contraste de couleurs, du bleu, du jaune, du violet, de l’ocre et du rouge. Au fond dans le village de Liausson, il y a même une maison verte.

     

     Vue panoramique 360° garantie. De l’autre côté, c’est le cirque de Mourèze. Les rochers ruiniformes aux allures étranges, silhouettes blanches, veillent sur le temps. Ces colonnes dolomitiques sont protégées. Elles ont été formées par la dissolution du calcaire par le gaz carbonique et l' érosion due par les pluies et le vent. La roche dolomite restant a crée ces colonnes formant des sculptures représentant des formes ou des personnages célèbres.

                Une cabane romaine a été découverte, des cavernes ainsi que des opidas ont abrité des occupants primitifs.

     

             Le village de Mourèze, avec son maire Gabriel Navas parle d’un projet de créer sur le site un théâtre de verdure et la reconstruction d’un village gaulois.  Eglise Saint Marie, défensive du 13ème siècle.

     

            Puis il y a le Mont Liausson qui fait si mal aux mollets mais qui ravit l’œil du haut des derniers rochers  lors de l’escalade.

     

           

     

             A quelques pas du lac, se situe le village de Villeneuvette avec sa manufacture royale créée par Colbert ministre de Louis XIV. L’usine fabriquait des draps pour l’armée. Il faut visiter le porche d’entrée avec son fronton sur lequel  sont inscrits « Honneur et travail ». Ce lieu de production s’est arrêté  en 1954.  Pour visiter, voir à la mairie et le N° 152 plus explicite. 

     

     

     

             Légèrement plus loin, Clermont l’Hérault. Cette commune est connue en France pour son huile d’olives  pour laquelle il lui a été décerné la médaille d’or  au Concours Général  de l’Agriculture en 2008.

     

                     ‘’ L’huile nouvelle !   C’est nouveau’’

     

    Elle abrite tous les ans une exposition sur l’oléiculture.

     

              L’huilerie coopérative rassemble 3000 adhérents. La culture des oliviers étant en pleine expansion va permettre d’agrandir cette unité de production d’huile, avec l’aide du Département.

     

     

     

    JC d’Oc. Remanié 08/2015

     


    1 commentaire
  •  

     

        
     Alors !  Raconte   N°5

     

                                                      La pantigue géante

     

     

     

                               Les meilleurs souvenirs d’enfance d’un enfant du pays.

     

     

     

     

     

          Personne ne peut oublier son enfance !

     

     

     

          ‘’Petit ! Ne va pas écouter les hommes qui parlent mal’’ Ainsi me recommandait ma mère de ne pas me rendre à « la Croix », un endroit abrité du vent du nord, en bordure de la nationale 112 où les hommes, le soir avant de souper, avaient l’habitude de se réunir pour parler et surtout pour rigoler. Dans les années 40, après la guerre, les plaisirs étaient minces. Les gens ne sortaient pas de leur village, mais dès qu’une occasion se présentait, ils riaient ensemble. A cette  époque on riait 20 mn par jour. Aujourd’hui une seule minute fait marcher nos muscles zygomatiques. Quel progrès ! Ces quelques lignes vous raviront.

     

            A « la Croix », un banc rustique fait d’un tronc d’arbre posé sur deux grosses pierres attirait tous les soirs une dizaine de personnes relativement âgées. Elles parlaient du temps qu’il faisait, de politique, de la mévente du vin mais surtout des femmes et des événements chez les autres (mais jamais chez eux).

     

            J’avais 12 ans et n’écoutant pas ma  mère, je m’approchais de ces ‘’galéjaïres’’  et, d’une oreille attentive, je captais leurs paroles.

     

            Les femmes  redoutaient de passer devant cette bande de ‘’colporteurs de nouvelles’’ car elles étaient sûres qu’un ragot allait fuser après leur passage. Lorsqu’une jolie fille passait, ils l’ »espépissaient », (déshabiller). Ce qui ne veut pas dire ‘’Laisse pépé pisser !’’. Ils la mariaient 10 fois en 10 mn avec les garçons du village. Ils faisaient le remembrement des vignes sans le savoir.  Ils se retournaient en gloussant et en roulant une cigarette pour faire croire qu’ils ne s’intéressaient pas à elle mais ils s’apprêtaient à allumer la mèche d’une rigolade.    Attaque fulgurante car les rires du groupe faisaient retourner la tête des femmes « «  Paouvrés couillouns ! » » pensaient elles.

     

            Les nouvelles étaient plus fraiches que le journal du jour.

     

            Tout y passait, la droite, la gauche, les curés.Tout se savait dans ce petit village de 300 habitants.  Cette réunion de vieux était appelée ‘’ Le club de l’escoupigne’’ (de la salive de vipère). C’était une redoute où les femmes n’avaient pas le droit de cité.

     

            Ils s’exprimaient en un langage ou se mêlaient le français et le patois qui est un dialecte occitan très imagé, qui déforme le sens propre et renforce le plaisir de la rigolade.

     

            Ainsi, tous les soirs, on avait des nouvelles plus fraiches que celles du Midi Libre, le journal local. Celles de Léon qui encore saoul, avait dormi dans son écurie. Sa femme Mireille lui avait  fermé sa porte.

     

            Celles de Léontine, la ‘’Jeanne d’Arc’’ du village, une force de la nature qui poussait la charrue plus que son mulet ne la tirait. Un jour après les vendanges, notre Jeanne d’Arc était en train de décuver (elle sortait de son foudre le raisin fermenté pour le presser).  Elle travaillait seule, car son mari ne supportait pas les vapeurs d’alcool. La trappe très étroite ne pouvait être franchie que par un corps mince de femme. Elle s’enduisit le corps de graisse, passa la tête puis la poitrine dans la petite trappe mais elle ne put, ni avancer, ni reculer. Un malotru passa et, soulevant le jupon fit, ce que….   Ma bonne éducation ne dira pas. Jeanne d’Arc ne fut plus la pucelle du village et Charles VII ne se fit pas connaître.

     

     

     

             Au fond de ma rue, deux personnages ont marqué mon  adolescence de souvenirs impérissables.

     

              Ernest, qui plaisantait beaucoup avait fait croire qu’une ‘’pantigue géante’’ (une pantigue est un mot patois qui désigne une grosse sauterelle avec un abdomen ventru rayé de jaune et blanc avec de longues pattes)  était entrée dans la cuve en ciment de sa cave. La nouvelle avait fait le tour du quartier. Il avait tout simplement pendue  à une ficelle une grosse aubergine. Sur celle-ci avaient été planté des plumes de poules en guise d’ailes. Par le biais du courant d’air, cet épouvantail flottait. Par la trappe éclairée par une bougie, les gens du quartier venait admirer  ‘’la pantigue géante’’  dans la pénombre. Ce spectacle, très simple à réaliser et avec la force convaincante des explications d’Ernest, animait la partie de rigolade arrosée de carthagène.

     

     

     

                Raphael, le brave homme (dans le Midi brave ne signifie pas courageux ou valeureux mais familier, un gentil personnage). Il avait construit autour de sa vigne un muret (en patois faïsse-on prononce fahisse et non fesse) d’une hauteur de 1m2O et d’une longueur de 300 m. Du bel ouvrage en pierres sèches. Il n’avait pas de niveau mais un seul marteau. Son ouvrage  a suscité l’admiration de tout le village. Une souris ne pouvait trouver refuge entre les pierres tant la surface du muret avait l’aspect parfaitement lisse.

     

               Raphael avait gardé l’accent de son Espagne natale. Il avait toujours gardé le don d’imiter les oiseaux. Les soirs d’été les gens avaient pris l’habitude de se réunir au fond de la rue où la réverbération de la chaleur dans les murs se faisait moins sentir. Ils apportaient leurs chaises basses, sortes de prie dieu, qui permettaient d’allonger les jambes. Raphael, assis sur le perron de sa maison se mettait à émettre un chant d’oiseau. Il imitait à la perfection  la chouette  (le tchott en patois). Avec ses lèvres en cul de poule  les tchou -tchou commençaient Le silence se faisait et un battement d’ailes se rapprochait dans la nuit. L’oiseau venait se poser à quelques mètres de lui. Cet homme était un précurseur. Il parlait déjà aux oreilles des oiseaux.

     

              Mais l’anecdote la plus souvent racontée était l’accouchement de Thérèze, cette femme qui chantait si bien la messe mais qui « escagassait » le latin. En effet, Thérèze était issue d’une famille de gens bien portants et même très bien portants. Son tour de taille, comme celui de ses sœurs avoisinait 1m10. On les surnommait les ‘’Peter Sister’’. Mariée à Pierre, elle tombe enceinte et grosse qu’elle était, son embonpoint augmenta considérablement. Elle avait pris l’habitude de rester dans sa chambre au premier étage de la maison.

     

              Le jour où les premières contractions de l’enfantement arrivèrent, vite le médecin du village voisin dépêché diagnostiqua qu’il fallait l’hospitaliser.

     

              Le problème se posa. La porte de sa chambre ne faisant que 70 cm de large ne pouvait permettre à Thérèze de sortir vue sa largeur abdominale. Aussi, on envisagea de la faire sortir par la fenêtre. On appela les hommes forts du quartier. On attacha la poulie à gorge au support du mur juste au dessus de la fenêtre. On mit la corde et son crochet. On  fit allonger la future maman sur une ‘’bourroune’’’ (bâche qui servait de couverture au cheval) on  prit les 4 coins avec lesquels on fit un noeud solide et Thérèze,  du lit fut hissée  sur une table près de la fenêtre.  L’embout accroché les hommes forts du bas tirèrent ensemble pour soulever les 110 kg de Thérèze.  Petit à petit, elle descendit du premier étage.  Un cri se fit entendre.  Il fallait faire vite. Est-ce de peur ou une nouvelle contraction ? Arrivée en bas, le médecin, surpris par la perte des eaux,  dit qu’il allait procéder aussitôt à l’accouchement. Elle mit au monde un beau garçon de 12 livres. Né dans une cave à vin et prédiction, il devint courtier en vin.

     

     

     

               En ce temps là on avait  le cœur à rire, ainsi, dans le groupe qui ‘’escoupignait’’ (crachait de la salive), il y avait toujours un conteur d’histoires à la parole faconde. Par le geste,  par l’intonation de sa voix,  par les mouvements de son visage et par l’observation fine des choses, il faisait revivre le passé.

     

              Mais les femmes ont toujours eu le dernier mot, celles-ci tenaient la queue de la poêle, du ménage et surtout de la bourse. Les critiques n’étaient pas sévères. Ainsi allait le village en paix.

           

     

             Il fallait bien trouver le temps de rire les 2O mn par jour, mais à ce club, ces minutes là étaient largement dépassées.

     

     

     

               Vive la rigolothérapie !

     

     

     

    JC d’Oc.

     


    1 commentaire
  •  

     

      
         Alors ! Raconte ! N° 7

     

     

     

    La richesse de Capestang.

     

     

     

     

     

          Au Moyen Age, le sel s’appelait ‘’ or blanc’’. La route du sel permettait l’acheminement dans les contrées les plus isolées des récoltes des marais salants de la côte méditerranéenne. C’était un réseau très dense  que nos routes actuelles empruntent encore.

     

           Le sel était utilisé pour les salaisons de viandes, des poissons, pour le tannage des peaux et pour la conservation des fromages. Quelle famille ne possédait pas son saloir à la maison ?

     

          Le sel fut une monnaie d’échange entre l’empire romain et les pays conquis. Les légionnaires romains recevaient en partie leur solde en sel (le salarium : origine du mot salaire). Les fonctionnaires qui surveillaient et entretenaient les routes se nommaient ‘’ salari’’. Cette organisation s’écroula par l’effondrement de l’Empire romain.

     

           Au Vème siècle, les villages  comme Capestang,  Poilhes et Montady, entourés d’étangs s’emploient à gérer eux-mêmes la production et l’acheminement du sel qu’ils  retirent de leurs 5000 hectares de marais salants. C’est l’eldorado car les revenus fiscaux alimentent les caisses du roi et leurs poches. Capestang = tête entourée’’ d’éstangs  (étangs)‘’.

     

            L’impôt sur le sel  ‘’ la gabelle’’ sera maintes fois modifié. Il sera proportionnel au prix des marchandises. La TVA de l’époque ! Modeste au départ, il deviendra un atout majeur dans les provinces du Languedoc Roussillon. Il sera prélevé à la sortie des ‘’greniers à sel’’ sous le règne d’Henri II. Ce sera le plus gros commerce sous l’Ancien Régime. Au Moyen Age, on consommait 7 à 8 kilos, tandis que maintenant avec l’hypertension on en consomme que 3 kg par an et par personne.

     

           Cette denrée, si rare  mais si vitale a attiré les convoitises des contrebandiers. Sur la route du sel, les caravanes sont attaquées et dévalisées...

     

            La route du sel  partant de Capestang se dirige vers Narbonne, vers St Pons  vers  Clermont l’Hérault  et vers  Millau. Il ne faisait pas bon tirer les mules dans le défilé de L’Ioule à  Poussarrou ! Au dessus du pont, un célèbre bandit se cachait dans une grotte et dévalisait les voyageurs.

     

            Le douzième de l’impôt sur le sel revenait à l’archevêque de Narbonne  qui possédait le château du XIII ème siècle de Capestang. Il faut visiter ce château. Un fossé entourait ses murs. Au premier étage, de la tour au S-E la Grande  Salle d'apparat des Archevèques de Narbonne possède des plafonds en bois du 15ème siècle recouverts et richement décorés de plusieurs empreintes de peinture et des fenêtres gothiques. Ces décors peints sur des planchettes entre les poutres représentent des images profanes et caricaturales parmi lesquelles des moines avec de grandes oreilles, un âne qui joue de la musique, quatre couples que l'on devine vieillissant ensemble - symbolique de la vie - enfance, jeunesse, adulte et vieillesse. Mais peu de thèmes religieux sont représentés.

     

                    La collégiale ‘’ St Etienne’’ a été construite du XIII au XVème siècle sur les bases d’une église carolingienne. La tour-clocher avec ses 44 m domine la région. L’Aigle et le lion sont les armoiries de la ville. Sur le fronton, on peut voir St Etienne  et St Paul décapités.  Cette collégiale ne sera jamais  achevée. Elle fait partie  de l’inventaire des monuments historiques.

     

             En 12O9, elle a connu la mise à sac de la région dont Béziers ‘’ Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens’’ et la destruction de Minerve par les troupes de Simon de Montfort. A Capestang, ce vent de folie a provoqué l’élimination des nobles récalcitrants.

     

              En 1222 éclate une rébellion, due à la surpopulation et à la baisse de la production de sel de l’étang, contre l’archevêque de Narbonne qui était l’un des plus riches de France. Les étangs salés sont divisés : la partie  Capestang reste à Narbonne, les autres reviennent à Béziers.

     

               En 1316, l’Aude déborde. Un flot de 10 mètres envahit Cuxac, Fleury et Vendres. On construit un barrage de terre entre l’étang de Capestang et la mer pour empêcher l’enlisement des  salines par l’eau des crues.

     

               D’autres débordements de l’Aude suivront mais ne changeront pas le cours du fleuve.

     

               De 1347 à 1350, la première pandémie de peste bubonique (peste noire) provoque en  Europe en 5 ans 25 millions de victimes. Elle refait son apparition de 1353 à 1355.  En 1361, la peste des enfants fait des ravages. Le substrat disparaît comme il est venu.

     

                De 1337 à 1495, durant la guerre de cent ans, le  Prince Noir met à sac la ville de Capestang.

     

     

     

                En 1851, l’opposition des républicains de Capestang est un des faits marquants de cette ville. En effet, le suffrage universel qui imposait l’obligation de résider dans la commune provoque la résiliation de 321 citoyens. Les victimes s’insurgent  en créant une société secrète de 50 personnes. Pendant 6 jours, ils tiennent tête mais le Coup d’Etat triomphe et 31  insurgés partent en exil.

     

                19 iront à Bonne et 12 à Cayenne. Jean Puech, grand résistant, partira  à Cayenne et partagera la cellule de Casimir Péret. Il essayera de s’évader mais sa tentative échouera. Il reviendra à Capestang  en 1859 après 8 ans d’exil. Il mourra en 1913.

     

                Capestang a toujours été une ville d’insurgés. Toujours à gauche, maires socialistes. Le canton de Capestang a fourni l’essentiel des martyrs de  Fontjun où le maquis de la résistance est tombé sur une embuscade allemande. Les  21 maquisards pris ont été fusillés le 7 juin 1944 sur le Place du Champ de Mars à Béziers.

     

                 Le drapeau rouge flotte toujours auprès du drapeau républicain le 14 juillet sur le clocher du village.

     

                 En 1681, on inaugure le canal du Midi appelé « Canal royal  des deux mers » 14 ans de travaux – longueur 241km de Toulouse à l’étang de Thau. Une petite anecdote : lors de son inauguration, il faisait grand vent. Au passage des 7 écluses de Fonseranes à Béziers sur sa barque royale, le roi Louis XIV en perdit sa perruque qui se trouve toujours au fond du canal. Notons que si Binet, le perruquier du roi (c’est un cas) avait été présent, le roi n’en aurait pas changé de binette. Tout s’explique !!

     

                 En 1850, avec l’âge d’or de la ville,  (L’âge des châteaux pinards) le chemin de fer économique est raccordé à Béziers. Il a disparu depuis plus de 60 ans.

     

     

     

                  Cette ville se déguste, se visite, a une activité culturelle intense (musée).

     

                   La richesse par le sel, puis par le vin, par son trois six (alcool de vin), par le tourisme qui afflue par le Canal et malgré les vicissitudes de l’histoire qui l’ont profondément marquée, Capestang a toujours relevé le défi en levant le drapeau rouge de la révolte.

      Qu’on se le dise !

                  Ne manquez pas d’aller voir le magnifique trompe l’œil dans le centre ville,  place de la fontaine. C’est un chef-d’œuvre réalisé par Mad Art. Les personnages figurant sur ce trompe l'oeil sont représentatifs des anciens de ce lieu.

    La richesse de Capestang

     

     

    Armoiries de Capestang prises sur château d'eau

     

    Devise :  audaces fortuna jouvet  ( Jouvet du gouvernement de fortune) traduction approximative.

     

    Les deux lions -    à gauche - lion de gueules (rouge sang)

                                 à droite  - lion d'argent (noir de sable)

    La croix du Languedoc ( voir N° 159)

    En héraldique, un blason se lit toujours de la droite vers la gauche.

     

    La richesse de Capestang

     

     

     JC d’Oc MAJ 11/2015

     

     

     


    1 commentaire
  •  

     

    Alors ! Raconte !    N° 8

     

     

     

     

     

                                            La fête du marbre à Caunes en Minervois

     

     

     

     

     

         Caunes, est un village dans l’Aude (Région de Septimanie dirait G.Frèche) à 200 m d’altitude. Sans connotation, ils sont appelés les conois et conoises. Il est traversé par la rivière ‘’Argent Double ‘’ qui, au Moyen Age recélait des pépites d’argent. Cette rivière se jette dans l’Aude à la Rodorte  près le Homs. A  quinze kilomètres de là, le site aurifère  de Salsigne, connu depuis 1897 employait en 1936 plus de 900 ouvriers et fabriquait ses propres lingots d’or. Aujourd’hui, le mercure utilisé pour l’extraction de l’or a pollué le sol et la rivière. Ce site est fermé.

     

          Caunes sur ses 1520 hectares, possède une abbaye bénédictine de 780 (art roman  méridional) Elle fut fondée en 780 par l’abbé Anian (à na pas confondre avec saint Benoît d’Aniane – fondateur de la règle bénédictine. L’abbé Anian a fondé aussi l’abbaye de St Chinian. En 1986, la municipalité achète l’abbaye et la restaure. Dans l’église on peut visiter sa nef du 14ième siècle dont le cœur roman. Des stèles  de bois du 18ième siècle attirent l’attention. Au sous sol, on peut découvrir une crypte faisant apparaitre les premières fondations d’une église carolingienne du 8ième siècle. D’autres sites : un arc romain –  une église abbatiale St Pierre et Paul du XIIème  au XIVème siècle, des rues pavées ainsi qu’une source miraculeuse.            

     

     

     

          

     

           Mais sa richesse, en dehors de la vigne, vient de ses 3 carrières de marbre rouge incarnat veiné de blanc, rose pâle et rouge brun. Carrières situées aux lieux-dits ‘’ La Bouriette, Terralbo-Ouest et Villerambert’’.  Ce  marbre de haute qualité se vend jusqu’à 5000 euros le m3. Connus depuis l’Antiquité, les blocs de marbre étaient acheminés jusqu’à Rome par la Voie Domitienne (118 av JC). Cette voie, bornée à 1km 481 reliait l’Italie à l’Espagne. Elle permettait l’échange des marbres blancs de Carrare avec ceux de Caunes. C’était aussi la Route du Sel (voir N° 8) et des transhumances des troupeaux. Elle longe actuellement l’A9.

     

             Ce marbre a permis la réalisation des pavages et des  colonnes des monuments historiques, notamment Fontainebleau, Marly, Le Louvre, Le Grand Trianon de Versailles, l’Arc de Triomphe du Carrousel et l’Opéra Garnier. Louis XIV  a choisi ce marbre rouge parce qu’il représente le reflet de son pouvoir et le blanc pour la royauté.

     

    Il a fait daller Versailles et s’est réservé l’usage exclusif de la carrière Malecasse à Caunes.

     

               Grâce au Canal du Midi (1681), les blocs ont pu arriver à Paris pour la construction  de 6 colonnes au Grand Trianon à Versailles en 1698, du Carrousel  en 18O8 et de l’Opéra Garnier en 1862.

     

               De nombreux édifices religieux et même des monuments aux morts ont abondamment utilisé le marbre de Caunes. Mais, aujourd’hui les blocs extraits sont principalement expédiés vers Carrare en Italie pour y être taillés.

     

              

     

               La fête du marbre se déroule à Caunes tous les ans le 18 juin.  On peut apprécier le travail des tailleurs de pierre, les expositions, les conférences. 15.000  visiteurs par an. Visite des carrières à 8km.

     

               Un concours de sculptures de marbre s’y déroule ainsi qu’un festival de musique baroque de juin à août.

     

                En juin, la rando ‘’ du Roy Louis XIV sur 5 km (1h3O)’’ rassemble une foule de tous âges. Du haut des falaises de l’Argent Double on peut voir des grottes, des dolmens et des menhirs. Du belvédère, on surplombe la vallée.

     

                 Les carrières sont inscrites à l’inventaire des Monuments Historiques.

     

                 Dans le village, il faut arpenter les rues étroites médiévales et visiter l’abbaye bénédictine au centre.

     

                 Une légende court : un centurium romain venant de Cana, se fit dérober une jarre de vin. Le voleur, pressé de boire le nectar, renversa un peu de vin sur le sol et la couleur rouge incarnat se propagea sur la pierre.

     

                  Dans l’abbaye, rien ne laisse à penser que de redoutables séductrices

     

     planent en ces lieux. On peut y voir ‘’la statue de la mort en marbre, transpercée de flèches – une jeune femme endormie sur une stèle et Eve  nue.’’

     

                  Une autre particularité de ce beau patrimoine est la Chapelle Notre-Dame du Cros située à 1,5 km au Nord Ouest du village. Tout près de cet édifice jaillit une source dont l’eau aurait la propriété d’enrayer les fièvres. Peut de temps après cette découverte, trois chapelles furent construites près de la source et furent vénérées par la Vierge, St Joseph et St Jean, puis la Chapelle existante fut construite au 15ième siècle. 

     

     

     

    JC d’Oc.

     


    votre commentaire
  •  

     

    Alors !  Raconte ! N° 9   

     

     

     

                                      Le fort de Brescou

     

     

     

     

     

            Sur l’unique île du littoral languedocien, face à Agde, se trouve la forteresse de Brescou construite par le Vicomte de Joyeuse en 1586.

     

     

     

             Quelques mots sur le fleuve Hérault. Ce fleuve déverse sur des fonds marins volcaniques un tas de sédiments  venant de l’érosion du massif cristallin des Cévennes. Il prend sa source à 1567 m d’altitude dans le Gard à quelques mètres de la station Météo France du Mont Aigoual. Son cours descend un dénivelé de 1000 m sur 160 km de longueur. Au Mont Aigoual  se situe le partage des eaux (côté Ouest vers l’Atlantique  -   côté Est vers Méditerranée).

     

              L’origine du nom Hérault dont il y a 28 appellations différentes --- Pholagle Strabos ---  Araromis puis Araris.  Oron est le nom ancien de l’or. Donc, sur  toute la longueur du fleuve, les orpailleurs venus chercher fortune extrayaient de l’or au 15ème siècle. D’ailleurs, à Agde, une plaque relate ‘’  Heureux ou pas heureux, venez faire fortune ‘’.

     

              

     

              Il y a 750.000 ans, suite aux nombreuses éruptions volcaniques allant de Lodève au Cap Creux, près de Agde,  le Mont St Clair de Sète s’est formé. Autour du cratère, d’autres  pitons  sont à l’origine de la  butte basaltique sur laquelle Agde s’est implantée.   500 ans avant JC, les Grecs, séduits par la situation  stratégique du lieu et de la richesse de son sol volcanique, fondent un comptoir en bordure de l’Hérault. Ils l’appelleront  ‘’ Agathé  Tyché ‘’ Origine du nom de Agde.

     

     

     

             Revenons à notre fort Brescou !

     

             Jusqu’en 1570, c’était la patrie des pirates et servait de point de repli lors des attaques  en mer et sur terre. Pour attirer les bateaux, ils allumaient des feux dans la Grande Conque (ainsi ils appelaient la passe entre l’île et le littoral.).

     

             En 1586, à l’époque des Guerres  de religions (à noter qu’à Béziers, pas un seul protestant n’a été tué grâce à l’entraide des gens des quartiers) le vicomte  de Joyeuse fit construire un fortin sur cet îlot. Un canon d’une portée de 5km protégeait Agde,  mais ses fortifications ne résistèrent pas à la révolte de Montmorency. Le fort est détruit en 1632. Il sera reconstruit par Vauban.  Le cardinal de Richelieu rêvait d’en faire l’entrée d’un grand port. Les travaux d’une digue furent entrepris par Jean Cavalier. 300 hommes, 40 charrettes seront nécessaires pour porter le basalte,  mais par manque de crédit la construction de la digue fut abandonnée en 1651, après la mort de son ordonnateur Richelieu (1642). La garnison de 40 soldats sera maintenue pour surveiller les navires anglais qui croisent au large. En 1647, les Etats Généraux du Languedoc refusent le chantier. Brescou perd sa domination.

     

             Louis XIV en fera une prison d’état, sorte de Bastille aquatique. Sous la Révolution, on y emprisonnera des suspects.  Les archives conservées à Agde relatent que de 1756 à 1773, 13.OOO prisonniers y furent internés. La prison renfermera beaucoup de personnes non jugées, coupables de libertinage, de tapage nocturne, pour des dettes de jeux, d’ivrognerie, des protestants, mais toujours que des hommes et jamais d’assassins. On déporte ceux qui gênent. Les prisonniers doivent payer leur pension et ceux qui ne peuvent n’ont pas de lit.

     

    Dans cette prison sans fenêtre il ne devait pas y faire bon vivre ! C’était un vrai bagne et à la vue des courants marins, il y a eu peu d’évasions (25 au total grâce à la participation des pêcheurs de Agde).

     

                En 1852, les 40 derniers prisonniers sont transférés en Algérie.  Ils n’en reviendront pas.

     

                Au mois de février de la même année, la prison sera fermée.

     

              

     

                Aujourd’hui, les vacanciers peuvent visiter ce phare sur la Grande Bleue. La visite dure 2 h et permet de découvrir l’histoire originale du fort et la beauté naturelle de la seule île volcanique du Languedoc Roussillon.

     

     

     

                 Une histoire authentique :

     

                  En 1930,  la fédération de pêche d’Aniane envisage le repeuplement en écrevisses de la rivière Verdus qui passe à  St Guilhem le Désert. Une commande est passée à un fournisseur en Turquie. Le conteneur arrive et l’employé municipal jette les crustacés  dans la rivière sans vérifier. Ce ne sont pas des écrevisses mais des crabes de mer. Trop tard ! La récupération est impossible. Plusieurs années après, suite à un contrôle piscicole de la rivière, dans les filets on retrouve en petites quantités des crabes parfaitement acclimatés à l’eau douce. Depuis ces crabes sont protégés. On n’a pas le droit de les pêcher. Mais une grosse partie de cette colonie, entrainée par les crues du Verdus  est arrivée au pied du fort Brescou et revivent dans leur eau d’origine. Seule leur couleur  plus claire les différencie des autres congénères. Elles n’ont pas eu le temps de bronzer !

     

     

     

    JC d’Oc.

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique